Logistique

Open Modal mobilise 30 millions d'euros sur un nouveau terminal rail/route en Paca

Par Anthony Rey, le 24 janvier 2022

Spécialiste du transport combiné rail/route, le groupe héraultais Open Modal s’allie au parisien Charmade pour lancer, en février, le chantier d’un nouveau terminal en Paca. L’opération, d’un coût de 30 millions d’euros, permettra de décongestionner le trafic local issu du transport longue distance.

La plateforme de transport rail-route de Valenton (Paris) est gérée par BTM, filiale d’Open Modal.
La plateforme de transport rail-route de Valenton (Paris) est gérée par BTM, filiale d’Open Modal. — Photo : Laurent Mignaux

Le transport combiné rail/route a le vent en poupe, comme l’atteste le plan annoncé par l’État, en septembre 2021, visant à porter la part modale du fret ferroviaire de 9 à 18 % d’ici 2023. Positionné sur ce segment depuis 22 ans, le groupe Open Modal (270 salariés, CA consolidé 2021 : 90,9 M€), basé à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), en profite en signant une année de croissance en 2021. Ses filiales TAB Rail Road (transporteur routier spécialisé dans le combiné rail/route) et T3M (opérateur de transport combiné) réalisent respectivement 50 et 58 millions d’euros de chiffre d’affaires, toutes deux en progression à la faveur de la crise sanitaire. "Nous avons développé nos activités sur les flux de marchandises essentielles comme l’alimentaire, les boissons ou l’hygiène, mais nous signons aussi de nouveaux clients qui se tournent vers le transport combiné. Nous consommons moins d’énergie, nous émettons moins de CO2, ce qui intéresse les groupes qui se donnent des objectifs en matière de bilan carbone", analyse Jean-Claude Brunier, PDG d’Open Modal.

Un projet de grande capacité à Miramas

Néanmoins, la croissance d’Open Modal est corrélée à l’efficience des infrastructures ferroviaires utilisées. Créée en 2012, son autre filiale BTM, opérateur de terminal multimodal, gère 3 sites de ce type à ce jour, situés à Bonneuil-sur-Marne (Paris), Valenton (Paris) et Fenouillet (Toulouse). Le trafic opéré s’élevait en 2020 à 90 350 UTI (unité de transport intermodal : le contenant amovible utilisé pour le transport de marchandises), mais Open Modal veut aller plus loin. L’Héraultais s’est donc associé au groupe parisien Charmade, spécialisé dans la construction de terminaux, pour créer une SAS commune baptisée Terminal Ouest Provence (TOP) et lancer un nouveau chantier de transport combiné, qui démarre en février.

Le projet porte sur la construction d’un nouveau terminal multimodal situé à Miramas (Bouches-du-Rhône), en vue d’une mise en service en 2023. L’infrastructure pourra recevoir 4 trains longs (850 m) en simultané, soit un trafic de 400 UTI en vitesse de croisière d’ici quelques années. L’investissement, d’un montant de 30 millions d’euros, est porté par TOP, qui espère jusqu’à 60 % de subventions publiques : la Région Paca et la Métropole d’Aix-Marseille ont déjà accordé leur soutien, suivies, sous peu, par l’Europe.

Un accélérateur de la décarbonation

Pour sa part, BTM, qui exploitera ce terminal, a sollicité des subventions pour l’outillage : seront notamment installées des grues électriques et des cours à portique sur pneumatiques pour la partie manutention. L’ambition d’Open Modal est de bâtir un projet innovant "entièrement moderne, mécanisé et digitalisé", selon Jean-Claude Brunier : "L’outillage et les machines de manœuvre seront électriques, sans aucun recours aux moteurs thermiques. De même, nous installerons un système totalement numérique, avec des systèmes de reconnaissance des camions et de déplacement des outillages, qui contribueront à améliorer les conditions de travail des salariés", souligne-t-il.

Le site de TOP se trouvera à proximité immédiate de Clésud Terminal, une structure du même type au sein de la plateforme logistique Clésud, gérée par le groupe Novatrans : elle va elle-même bénéficier d’une extension conséquente. Une fois opérationnelle, la zone dans son ensemble jouera un grand rôle dans la décongestion du trafic local. En l’état actuel, elle absorbe déjà 70 % du fret ferroviaire nord/sud, mais pourra développer de nouveaux flux à l’avenir, tout en contenant leur empreinte carbone. "Nous pourrons économiser environ 400 camions par jour sur des trajets Paris/Marseille, soit une émission de 400 tonnes de CO2 par jour", évalue Jean-Claude Brunier. Ce volontarisme se lit partout au sein d’Open Modal : l’activité routière, gérée par TAB Rail Road, doit elle aussi basculer en totalité vers le transport propre (le BioGNV) à la même échéance, d’ici 2023.

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