Haute-Garonne

Biotech

Interview Olivier Rolland (TWB) : "Faire rayonner les biotechnologies depuis Toulouse"

Entretien avec Olivier Rolland, directeur exécutif de Toulouse White Biotechnology

Propos recueillis par Paul Falzon - 01 février 2021

Pour Olivier Rolland, directeur exécutif du démonstrateur préindustriel TWB (Toulouse White Biotechnology), la crise sanitaire a ouvert de nouvelles perspectives aux biotechnologies, mieux perçues comme alternatives à l'utilisation des ressources fossiles. Et Toulouse a, sur cette filière stratégique, une carte à jouer.

Olivier Rolland, directeur du démonstrateur Toulouse White Technology
Olivier Rolland, directeur du démonstrateur Toulouse White Technology. — Photo : DR

Ces 2 et 3 février, Toulouse White Technology organise son "TWB Start-Up Day" dans un format 100 % digital. Quels sont les axes forts de cette quatrième édition ?

Olivier Rolland : En tant que démonstrateur préindustriel, nous avons à coeur d’approfondir les sujets chauds pour les biotechnologies, dans un contexte où la crise sanitaire a accéléré la transition des acteurs politiques et économiques vers la bioéconomie. Les conférences vont développer plusieurs leviers stratégiques pour le développement de nos filières : l’émergence des biotechnologies dans le secteur des arômes et parfums, pour coller avec la demande des consommateurs de composants naturels ; l’intelligence artificielle comme outil d’accélération et de fiabilisation pour les biotechnologies industrielles, que ce soit pour réduire le temps et les coûts des cycles de R & D ou pour atténuer le risque de contamination en phase de production ; l’économie circulaire enfin, où les biotechnologies s’imposent comme une source de valorisation pour des produits autrefois considérés comme des déchets. Nous aurons, par exemple, la présence de l’entreprise Braskem, leader de la pétrochimie au Brésil et pourtant l’un des premiers acteurs au monde à produire du bio-polyéthylène à base de canne à sucre : nous y voyons un signe fort de la transformation de nos économies.

Vous l’évoquiez, la crise sanitaire a réveillé les volontés politiques de décarbonation de l’économie. Quels sont les atouts des biotechnologies pour s’imposer plus massivement sur le marché ?

Olivier Rolland : Dans le plan de relance présenté en septembre, les biotechnologies industrielles sont citées nommément comme des contributeurs à la création d’activité. De même, le changement climatique encourage les biotechnologies comme alternatives à l’utilisation d’énergie ou de procédés industriels pétro-sourcés : il y a aussi un enjeu de souveraineté nationale, à valoriser des matières premières biologiques présentes sur le territoire au contraire des ressources fossiles. N’oublions pas aussi que nos activités se positionnent sur des segments technologiques - high-tech et deep tech - où la France peut se différencier par rapport à d’autres pays : les biotechnologies contribuent à l’objectif de réindustrialisation, avec la création de nouvelles filiales et d’emplois sur l’ensemble des territoires.

Comment les équipes de TWB se positionnent-elles pour accompagner l’émergence des biotechnologies industrielles ?

Olivier Rolland : Rappelons d’abord que notre mission est d’accompagner nos partenaires industriels - au nombre de 35, sur les 50 membres du consortium public-privé qui porte TWB - pour définir de nouvelles solutions durables sur la base du vivant, et accélérer leur R & D. Nous disposons pour cela d’une équipe de 80 personnes dédiées principalement aux plateformes technologiques, auxquelles s’ajoutent une quarantaine de salariés dans les start-up que nous hébergeons. Et depuis l’an dernier, nous avons aussi mis en place une équipe de trois business-développeurs pour prospecter et alimenter de façon plus efficace notre base de projets.

"Toulouse dispose désormais d’un complexe de 15 000 mdédié aux biotechnologies, de la recherche fondamentale à la démonstration industrielle."

Cela dit, nous sommes présents sur la plupart des leviers de développement déjà évoqués. Sur l’IA, nous venons d’être retenus dans l’appel à projets gouvernemental EquipEx, qui vise à doter la recherche d’équipements structurants : nous pilotons pour l’Inrae le projet Aladin pour accélérer le développement de catalyseurs pour les biotechnologies industrielles, en combinant biologie synthétique et intelligence artificielle. En juillet 2020, TWB a aussi été labellisé en tant qu’intégrateur industriel pour la production de Biomédicaments : nos équipes mettront à disposition leur expertise sur la production à moindres coûts de protéines et d’anticorps à visées thérapeutiques. Il y a une prise de conscience générale des potentiels des biotechnologies industrielles pour diversifier l’activité dans les territoires, et plus précisément ici, à Toulouse. Nous avons finalisé en novembre notre déménagement sur le campus de l’Insa, avec deux fois plus de surfaces pour accueillir des équipements et des start-up supplémentaires. TWB partage ces nouveaux locaux avec le laboratoire TBI et le Critt Bio Industrie : autrement dit, nous disposons à Toulouse d’un complexe de 15 000 mexclusivement dédié aux biotechnologies, de la recherche fondamentale à la démonstration industrielle. Il y a une vraie carte à jouer pour faire rayonner les biotechnologies depuis Toulouse.

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