Haute-Garonne

Informatique

Mimbus prospère dans la formation par la réalité virtuelle

Par Philippe Kallenbrunn, le 15 juin 2022

Spécialisée dans l’apprentissage des métiers manuels grâce aux technologies immersives, la société Mimbus, qui a connu une forte croissance pendant la pandémie, devrait se refinancer prochainement pour élargir son catalogue destiné aux centres de formation.

La société Mimbus se consacre à la formation aux métiers manuels en mettant à la disposition des formateurs des technologies immersives.
La société Mimbus se consacre à la formation aux métiers manuels en mettant à la disposition des formateurs des technologies immersives. — Photo : DR

La société Mimbus (20 collaborateurs, CA 2021 : 3 M€), basée à Saint-Jean (Haute-Garonne), se consacre à la formation aux métiers manuels en mettant à la disposition des formateurs des technologies immersives (réalité virtuelle, réalité augmentée…). Avantages de ces outils innovants : les élèves se forment plus vite, en sécurité et à des coûts moins élevés. Mimbus réalise des produits sur étagère qui s’adressent aux centres de formation. Son catalogue couvre aujourd’hui une douzaine de métiers dans plusieurs secteurs en tension (bâtiment, automobile, aéronautique, agroalimentaire…). Par le biais d’un casque de réalité virtuelle, les élèves apprennent par exemple à peindre au pistolet, à sécuriser un chantier ou un échafaudage, à souder, à découper du bois, à piloter une ligne de production, ou à réaliser la maintenance électrique. Mimbus a développé son propre système, Vulcan, à partir duquel le formateur peut suivre et analyser en temps réel les performances de l’élève et le faire progresser.

Partenariats avec Microsoft et HP

Elle bénéficie aussi de ses partenariats avec Microsoft pour le déploiement de ses solutions sur la plateforme cloud Azure, et avec HP, qui lui fournit casques et ordinateurs. “Il existe une grosse demande de la part des industriels pour former leurs ouvriers, expose Laurent Da Dalto, fondateur et président de Mimbus. Sur le marché, on trouve d’ailleurs des constructeurs de contenus immersifs qui font du sur-mesure pour eux. Les industriels peinent à trouver les bons profils dans les centres de formation et, de plus en plus, forment eux-mêmes en interne. Je me bats un peu contre ça. Je pense que ce n’est pas la solution de transférer la formation dans l’usine mais qu’il faut rendre les centres de formation plus attractifs et compétents.” Créée en 2011, Mimbus, qui possède une antenne à Chicago (États-Unis) et s’appuie sur une équipe d’ingénieurs et de développeurs, a d’abord grandi à l’international. À ce jour, elle a équipé près de 5 000 écoles dans le monde. La période Covid, au cours de laquelle elle a réalisé une croissance de 80 %, lui a permis de renforcer ses activités sur le marché français.

40 % de son activité en France

“Il y a dix ans, en France et même en Europe, les systèmes éducatifs étaient très hermétiques à la pédagogie de l’immersive learning, explique Laurent Da Dalto. Nous travaillions alors beaucoup en Asie, en Amérique et en Europe de l’Est. Au fil du temps, les mentalités ont changé. L’année dernière, 40 % de notre activité s’est faite en France. Nous sommes d’ailleurs de plus en plus sollicités par des organismes de formation et nous nous sommes rapprochés de la Région, chargée de l’orientation et qui a besoin de trouver des solutions comme les nôtres.” Mimbus vient ainsi de signer un nouveau partenariat avec TGV Formation pour accompagner les centres de formation en carrosserie et peinture automobile à intégrer les outils pédagogiques en réalité virtuelle dans leurs parcours de formation. La Région Occitanie, elle, apporte son soutien à Mimbus à travers des subventions liées à l’innovation et à l’export. L’ambition de la société, selon son dirigeant, “est d’être leader du marché avec un catalogue riche.” Elle devrait passer par l’obtention de nouveaux financements. “Depuis la création de Mimbus, dont je suis l’actionnaire principal, nous avons levé 500 000 euros, dont 400 000 euros il y a trois ans auprès d’un business angel, rappelle Laurent Da Dalto. Il est possible que nous cherchions un investisseur d’ici la fin de l’année pour une levée de fonds en 2023.”

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