Occitanie

Investissement

Microphyt, Neofor, Profils Systèmes : les investissements qui marqueront 2022 en Occitanie

Par Marina Angel, Philippe Kallenbrunn et Anthony Rey, le 03 décembre 2021

De nombreux projets d’investissement se déploieront en 2022 dans les 13 départements de la région Occitanie. Un dynamisme certain accompagne le secteur de l’industrie sur ce vaste territoire qui se signale aussi par son appétence pour l’innovation et les activités liées au développement durable.

Basé en Lozère, le groupe Neofor investit 80 millions d’euros dans la construction de sa quatrième usine.
Basé en Lozère, le groupe Neofor investit 80 millions d’euros dans la construction de sa quatrième usine. — Photo : Neofor

Microphyt

Microphyt se dote d’une bioraffinerie de microalgues

Productrice d’ingrédients naturels tirés des microalgues, la PME héraultaise Microphyt (33 salariés) lance, à Baillargues près de Montpellier, la construction de la première bioraffinerie du genre, décrite comme « la plus grande au monde pour cette filière » par le DG Vincent Usache. Le projet engage 25 millions d’euros d’investissement, dont 15 millions de subventions attribuées par un partenariat public-privé européen : ce programme, baptisé SCALE, est soutenu par la Commission européenne et le Consortium européen des Bio-Industries. Livrable en 2025, l’usine doit permettre à Microphyt d’atteindre de 40 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à cette échéance.

Neofor renforce la filière régionale du bois

Fondé à Brassac (Tarn) en 2013 mais installé depuis peu en Lozère, le groupe Neofor (100 salariés, prévisionnel 2021 : 20 M€), spécialisé dans la transformation du bois, lance la construction de sa quatrième usine. Le site, qui s’étendra sur 20 000 m2, sera spécialisé dans la troisième transformation du bois (produits quasi finis), et notamment la production de panneaux de bois destinés à l’univers de l’ameublement et de la menuiserie. L’investissement se chiffre à 80 millions d’euros, dont 40 millions sur le seul outil industriel, livrable à la fin 2023.

Soprema

Soprema investit pour se rapprocher de l’Europe du Sud

Spécialiste des produits d’étanchéité et d’isolation, le groupe strasbourgeois Soprema (8 424 salariés, CA 2020 : 3,08 Mds €) grandit encore : aux 81 sites industriels qu’il gère dans le monde vont se rajouter 2 nouvelles usines, toutes deux dans le Gard, d’ici 2023. La première, d’une surface de 20 000 m2, produira des isolants en polyuréthane à haute performance technique. La deuxième (5 000 m2) sera spécialisée dans la production d’isolants naturels et de panneaux isolants à base de paille de riz. Cette opération mobilise un investissement total de 35 millions d’euros. Ces deux usines devraient générer la création d’au moins 150 emplois sur le plan local.

L’indien ArcelorMittal continue d’investir en Lozère

L’usine plus que centenaire du groupe sidérurgique indien ArcelorMittal (40 sites en France), basée à Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), se refait une jeunesse en deux temps. Spécialisée dans la production d’aciers électriques haut de gamme, elle a bénéficié d’un investissement de 90 millions d’euros, en 2013, pour orienter sa production vers des produits à très haute valeur ajoutée destinés au marché de l’automobile électrique et hybride. Le groupe mobilise 13 millions supplémentaires afin de développer de nouveaux types d’acier. Ce plan, soutenu par France Relance, implique aussi la Région, Bpifrance et d’autres acteurs locaux. L’usine emploie 200 salariés et 50 sous-traitants, et compte 150 clients mondiaux.

Evotec bâtit une usine de bioproductions à Toulouse

Le groupe allemand Evotec, spécialisé dans la sous-traitance de recherche pour l’industrie pharmaceutique, prévoit d’investir 150 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle unité de bioproductions à Toulouse, sur son campus Curie. Le projet, qui s’inscrit dans le cadre du plan national de soutien de renforcement des capacités industrielles en santé, est accompagné à hauteur de 50 millions d’euros par l’État, la Région Occitanie et Toulouse Métropole. Un nouveau bâtiment de 12 000 m2 sera mis en service en 2023, avec la création de plus de 150 emplois.

Cortus

Cortus prend sa part dans la guerre mondiale pour les puces

Spécialiste des circuits intégrés, la PME héraultaise Cortus (70 salariés) démarre la conception de puces vendues sous sa propre marque. Pour ce faire, elle lance un programme d’investissement d’environ 20 millions d’euros sur 3 ans avec le soutien de France Relance. Les 3 marchés visés sont les objets connectés, l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. Une inconnue : la pénurie touchant aujourd’hui les composants électroniques pourrait gêner la PME, qui fonctionne sur un modèle « fabless » (elle sous-traite la fabrication de ses produits). À ce jour, 8,5 milliards de puces dans le monde intègrent le savoir-faire de Cortus.

La Quercynoise modernise son site de transformation de canards

Filiale à 77 % du groupe coopératif lotois Capel et à 23 % de la coopérative aveyronnaise Unicor, La Quercynoise (400 salariés, CA 2020 : 71,50 M€) prévoit d’engager en 2022 un plan lourd de modernisation et de diversification de son site d’abattage et de transformation de canards, à Gramat, dans le Lot. Plus de 15 millions d’euros seront investis dans l’opération. Au programme : la construction d’un nouveau bâtiment de 5 000 m2 pour accueillir des lignes entièrement rénovées d’abattage, de découpe et de conditionnement et le réaménagement de 3 000 m2 de locaux actuellement dédiés à ces activités, pour développer de nouvelles activités de produits élaborés. Les chantiers seront conduits sur deux ans, avec la création d’environ 70 emplois supplémentaires à l’horizon de fin 2023.

Profils Systèmes

Profils Systèmes étend son usine de profilés aluminium

La PME héraultaise Profils Systèmes (400 salariés), spécialisée dans la menuiserie aluminium, boucle un plan d’investissements de près de 22 millions d’euros en 3 ans. Après la création d’un bâtiment industriel de 5 000 m2 et l’installation d’une chaîne de laquage vertical, pour 8 millions d’euros, elle mobilise une dernière tranche de 13,5 millions d’euros pour étendre cette unité, située à Baillargues près de Montpellier, sur 5 000 m2 supplémentaires. L’opération se double de l’installation d’une deuxième presse d’extrusion pour ses profilés aluminium. Une soixantaine d’emplois vont découler de l’opération.

AB7 construit son nouveau laboratoire pharmaceutique

L’ETI familiale AB7 (240 salariés, CA 2020 : 38,60 M€), spécialisée dans la R & D et la fabrication de produits vétérinaires, cosmétiques et pour la maison, a acheté à la communauté d’agglomération Sicoval un terrain de 7 000 m2 qui jouxte les bâtiments de son siège à Deyme (Haute-Garonne). Un nouveau laboratoire pharmaceutique de 2 500 m2 va y être construit, qui devrait être opérationnel dans le courant de l’année 2023. Cette opération représente un investissement "entre 5 et 6 millions d’euros" selon Christophe Chelle, le président du groupe toulousain. Parallèlement, AB7 investit 1 million d’euros dans de nouvelles machines destinées à accroître la capacité de production et à améliorer le conditionnement de produits vétérinaires. Il bénéficie pour cela d’un soutien de "Territoires d’Industrie" à hauteur de 302 000 euros.

Ciments Calcia

Ciments Calcia verdit sa cimenterie gardoise

C’est un des plus anciennes usines du groupe francilien Ciments Calcia (1 300 salariés) : la cimenterie de Beaucaire (Gard), qui a été construite en 1927, avait déjà fait l’objet d’un plan de modernisation de 27 millions d’euros en 1999. Le groupe va écrire une nouvelle page du site en investissant, d’ici 2024, de 30 à 40 millions d’euros afin d’améliorer l’efficacité énergétique de l’usine (106 salariés), spécifiquement au niveau de la ligne de cuisson. L’opération vise à substituer des combustibles alternatifs (déchets de scierie, semences déclassées, etc.), moins impactant pour l’environnement, aux combustibles traditionnels comme le charbon.

Safra accélère sur la mobilité hydrogène

Le groupe tarnais Safra (245 salariés, CA 2020 : 25 M€) s’apprête à changer d’échelle. Une première levée de fonds, bouclée au printemps 2021 pour un montant de 15 millions d’euros, avec l’entrée au capital de Transition Evergreen, un fonds géré par Aqua Asset Management, accompagne un plan d’investissement évalué à plus de 36 millions d’euros sur 3 ans. Au programme : l’extension du site industriel albigeois, l’accélération de l’industrialisation du Businova H2, un bus de ville à hydrogène et le développement d’un nouvel autocar intercité à hydrogène. Plus de 400 emplois supplémentaires sont attendus, dans les ateliers, le bureau d’études et les fonctions supports.

GTP Bioways mise sur deux nouvelles unités de production de biomédicaments

La société GTP Bioways (100 salariés, CA 2021 : 14 M€), spécialisée dans la production de biothérapies et nanothérapies, investit 12 millions d’euros dans deux nouvelles lignes de production de biomédicaments à Toulouse. La première, soutenue par le programme d’investissements d’avenir à hauteur de 5,9 millions d’euros, sera dédiée à la production en système microbien. La seconde permettra de produire de petits lots de protéines et anticorps. En outre, la société GTP Tech, entité du groupe GTP Bioways installée sur les sites industriels de Toulouse et de Labège, prévoit de doubler le nombre de ses collaborateurs, soit près d’une centaine en 2025.

Devic Menuiseries Industrielles agrandit son usine de Rodez

Spécialisé dans la production de fenêtres (bois, PVC et aluminium), Devic Menuiseries Industrielle (102 salariés, CA 2020 : 17,50 M€) engage une nouvelle extension de son usine de Rodez, dans l’Aveyron. Le projet porte sur tout un programme de rénovation de bâtiments anciens et de constructions nouvelles. À la clef, les surfaces couvertes seront portées de 11 500 à 21 000 m2 d’ici fin 2023, avec la modernisation de process industriels et l’accélération de la transformation numérique. L’effectif de l’entreprise sera conforté par la création d’une quarantaine d’emplois supplémentaires. Le programme, évalué à 14 millions d’euros d’investissement sur deux ans, est accompagné par l’État à hauteur de 400 000 euros, au titre de France Relance.

Cosmopolis réhabilite Les Halles de La Cartoucherie

Oppidea, la SEM d’aménagement de Toulouse Métropole et maître d’ouvrage de l’écoquartier de La Cartoucherie, a cédé la halle 121 au collectif Cosmopolis. Moyennant un investissement de 30 millions d’euros, celui-ci a lancé les travaux de réhabilitation de ce bâtiment long de 190 mètres, afin de créer un tiers lieu innovant, Les Halles de La Cartoucherie. L’ouverture publique est prévue au premier semestre 2023.

Seqens

Seqens réindustrialise les médicaments critiques à Aramon

Après une phase d’études en 2021, le groupe pharmaceutique lyonnais Seqens (3 200 salariés, 24 sites) lance le chantier pour l’extension de son usine de production de principes actifs située à Aramon (Gard), qui emploie 150 salariés. L’opération porte sur un agrandissement de 6 000 m2, incluant la construction d’un atelier de 250 m2 dédié à la production d’anticancéreux et d’antiviraux (destinés notamment au Covid-19) : cet équipement sera doté de technologies innovantes de confinement afin de sécuriser la chaîne d’approvisionnement. Figurant parmi les 31 premiers projets retenus pour le plan de relance de l’industrie pharmaceutique, l’opération engage de 15 à 20 millions d’euros dans ce chantier, livrable en 2023. Près de 20 créations d’emplois l’accompagneront.

Le groupe espagnol CAF modernise son usine dans les Hautes-Pyrénées

Le groupe espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles), spécialisé dans le ferroviaire, poursuit le développement de son activité en France. Il investit 25 millions d’euros sur cinq ans, notamment en faveur de la modernisation de son usine à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), dont l’inauguration est prévue pour 2023. 200 à 250 emplois seront créés. CAF France va aussi implanter un bureau d’études à Toulouse, puis ambitionne de concevoir et de construire un train léger et un wagon autonome destiné au transport des camions.

Basé en Lozère, le groupe Neofor investit 80 millions d’euros dans la construction de sa quatrième usine.
Basé en Lozère, le groupe Neofor investit 80 millions d’euros dans la construction de sa quatrième usine. — Photo : Neofor

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