Formation

L'IIFA s'adosse à SFP Expansion pour former plus massivement

Par Anthony Rey, le 31 mars 2022

<p>L’IIFA, société nîmoise de conseil et formation dans l’audiovisuel, intègre le groupe aixois SFP Expansion pour accélérer sa croissance, notamment à l’export. L’opération lui permettra aussi d’amplifier sa diversification dans la santé, entamée en 2015.</p>

Depuis 2020, l’IIFA accompagne la transformation numérique de Canal + et assure des formations auprès des opérateurs de sa régie digitale.
Depuis 2020, l’IIFA accompagne la transformation numérique de Canal + et assure des formations auprès des opérateurs de sa régie digitale. — Photo : IIFA

Entreprise nîmoise fondée en 1996, l’IIFA (6 salariés, 23 formateurs, CA 2021 : 1,4 M€) s’est imposée au fil du temps comme leader en France du conseil et de la formation dans les médias. Depuis 2015, elle se diversifie dans le secteur santé en ciblant les orthophonistes, sous la marque Timelia elle-même devenue une référence. L’IIFA officialise son acquisition, signée en janvier, par le groupe aixois SFP Expansion (200 salariés, CA 2021 : 28 M€), premier acteur privé dans la formation en santé, afin de structurer sa croissance sur les deux axes à la fois.

Le marché des orthophonistes en forte croissance

SFP Expansion se spécialise, depuis sa création en 2014, dans les formations en e-learning pour les professionnels de santé libéraux. Le groupe a démarré dès l’année suivante une stratégie de croissance externe régulière, d’abord sur le créneau des médecins généralistes, puis sur des verticales métiers comme les dentistes ou les radiologues. Il prolonge cette stratégie en intégrant l’IIFA, pour lui donner les moyens de développer Timelia. "Notre spécialité est de maîtriser tous nos savoir-faire, de la création à la diffusion de nos contenus. Par exemple, nous avons créé une plateforme de formation qui permettra à l’IIFA de déployer son offre plus facilement vers les orthophonistes", indique Jean-Eric Lucas, président de SFP Expansion.

Victime de son succès, l’IIFA doit en effet gérer un engorgement des contrats signés depuis quelques années. Privilégiant jusqu’ici la formation en présentiel, la PME nîmoise organise jusqu’à 45 sessions de 30 ou 35 stagiaires chacune par an, et ne peut pas absorber toutes les demandes qui lui parviennent, sur un marché estimé à 22 000 orthophonistes en France. Les temps d’attente peuvent parfois attendre 6 ans… Ainsi, le Covid-19 a poussé l’IIFA à développer des sessions vidéo, qui touchent jusqu’à 200 professionnels par semaine. Ce virage a permis à Timelia de booster son activité de 400 000 à 700 000 euros en 2 ans, avec une projection de plus d’un million d’euros en 2022. "De nombreuses synergies sont possibles avec les filiales de SFP pour aller plus loin. Le groupe s’appuie sur plusieurs filiales, et dispose de revues et de sites d’information en santé qui nous aideront à toujours mieux relayer nos formations", évalue Pascal Souclier, directeur général de l’IIFA.

Le lancement d’une stratégie européenne

Sur son cœur d’activité historique, l’IIFA continue à profiter d’un changement majeur dans les médias audiovisuels, qu’elle constate et accompagne depuis au moins 2019 : l’évolution des infrastructures, basées non plus sur des flux vidéo traditionnels mais sur une technologie de vidéo par réseau (ou "vidéo IP"). "Les acteurs de l’audiovisuel ont besoin de revoir leur modèle technique pour se positionner face à la concurrence des plateformes de streaming. Ils disposaient d’une visibilité de 10 ou 15 ans à l’époque des infrastructures par câbles vidéo. Désormais, la généralisation de la vidéo IP réduit ces projections à 5 ou 6 ans, et leur impose de profiter de formations adaptées", résume Pascal Souclier.

Référente sur ce segment, l’IIFA gère un portefeuille clients conséquent en Europe, qui englobe de grandes chaînes de télévision (France Télévisions, Canal +, M6, RTBF, etc.), des industriels (Sony) ou des opérateurs techniques (Technicolor, AMP Visual TV, etc.). L’adossement à SFP Expansion va lui permettre de structurer ce développement international, par la création de bureaux en Italie et en Belgique, avec de possibles ouvertures à suivre en Espagne et au Portugal. L’IIFA prévoit de porter sa part à l’export de 10 à 20 ou 25 % à terme, avec un objectif de chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros d’ici 4 ou 5 ans.

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