Hérault

Informatique

Le reconditionneur Olinn IT absorbe BonPlanMicro

Par Anthony Rey, le 13 janvier 2023

Spécialisé dans la reprise de smartphones et d’ordinateurs, l’héraultais Olinn IT finalise l’acquisition du bourguignon BonPlanMicro pour élargir son offre. Désormais adossé au Crédit Agricole, le reconditionneur veut renforcer son poids sur un marché stimulé par l’évolution des lois et des mentalités.

Olinn IT reconditionne 170 000 smartphones et PC par an.
Olinn IT reconditionne 170 000 smartphones et PC par an. — Photo : Aurelia Blanc

Amorcée en 2021, l’acquisition de l’entreprise bourguignonne BonPlanMicro (10 salariés, CA 2022 : 2,1 M€), spécialisée dans le reconditionnement de serveurs informatiques, vient d’être finalisée par la société Olinn IT (87 salariés, CA 2022 : 14,8 M€), basée à Lunel-Viel (Hérault). Elle-même experte dans la reprise de parcs informatiques et flottes de téléphones mobiles, elle vise à travers cette opération l’élargissement de son offre, qui n’incluait pas ce type de produits. "BonPlanMicro était un de nos partenaires historiques : nous collections des serveurs informatiques avant de les lui revendre. En rajoutant le reconditionnement de ces machines à notre gamme, nous formulons une offre plus pertinente, à l’achat et à la revente, auprès de nos clients finaux", justifie Jérôme Camilleri, directeur d’Olinn IT.

Plusieurs moteurs de croissance

Rebaptisée "Olinn Parts" (pièces détachées) et directement gérée par Jérôme Camilleri, cette nouvelle activité (4 000 serveurs reconditionnés par an) doit permettre à Olinn IT de tonifier sa croissance. Après avoir surfé sur une progression de 20 % en 2020 et en 2021, la PME héraultaise a chuté de 10 % en 2022. "Le télétravail se généralisant à l’occasion de la crise sanitaire, nous avions enregistré des commandes en forte hausse pour les PC reconditionnés. Quand la crise s’est atténuée, nous sommes revenus à des standards de chiffre d’affaires pré-Covid, tout en restant à un niveau supérieur à nos performances de 2019", justifie le directeur d’Olinn IT, qui table sur 10 % de croissance en 2023.

Pour tenir cet objectif, le reconditionneur actionne plusieurs leviers. En matière d’investissement, il vient de mobiliser 550 000 euros dans l’achat d’un nouveau système informatique, qui devrait lui permettre de produire plus vite, "avec des gains de productivité de 15 à 20 %", selon Jérôme Camilleri. Jouissant du statut d’entreprise adaptée, Olinn IT, dont les effectifs intègrent 65 % de personnes en situation de handicap, prévoit en outre de recruter une douzaine d’ETP dans les deux ans.

La puissance d’un nouvel actionnaire

Par ailleurs, Olinn IT est une branche d’Olinn (200 salariés, 500 millions d’euros d’actifs), groupe francilien spécialisé dans la gestion des équipements professionnels. Après l’acquisition d’Olinn signée en décembre 2021 par une filiale du Crédit Agricole (Crédit Agricole Leasing & Factoring), le reconditionneur héraultais bénéficie de la puissance de feu apportée par le groupe bancaire. Olinn IT, qui gérait jusqu’ici un portefeuille de 300 clients dont 50 % de groupes du CAC 40, ambitionne de faire encore mieux sur ce profil. "Le Crédit Agricole est la dixième banque mondiale et accompagne deux entreprises sur trois en France. Parmi elles se trouvent des groupes qui doivent produire un bilan extra-financier rapportant leurs actions en matière de RSE. Ils gèrent souvent des parcs de 10 000 ou 15 000 machines. Nous devrions récupérer et traiter une bonne part de ces actifs, pour les aider à remplir leurs obligations", évalue Jérôme Camilleri.

Selon le directeur d’Olinn IT, l’adossement au Crédit Agricole devrait se traduire par "une croissance d’au moins 20 points dans les deux ans". Si, chaque année, l’entreprise collecte 250 000 smartphones et PC et en reconditionne 170 000, la part des ordinateurs est majoritaire (85 % de l’activité) et devrait continuer à croître. "Deux facteurs poussent en ce sens. D’une part, les deux grands fabricants de serveurs ont annoncé pour ce mois de janvier une hausse de 20 % de leurs tarifs, et ce surcoût devrait amener certains clients à se tourner davantage vers le matériel reconditionné. D’autre part, la loi AGEC (loi "Anti Gaspillage pour une Économie Circulaire", votée en 2020 – NDLR) oblige certains marchés publics à mentionner des machines reconditionnées. La démarche rentre peu à peu dans les mœurs", espère Jérôme Camilleri.

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