Gard

Agroalimentaire

Le fabricant de produits bio Arcadie va doubler de surface

Par Anthony Rey, le 07 décembre 2021

Le fabricant et distributeur de produits 100 % bio Arcadie va investir 18 millions d’euros pour doubler ses espaces de production et stockage dans le Gard. Renouant avec les grandes heures du transport d’épices en mer, il veut aussi bâtir un voilier pour assurer ses rotations avec Madagascar, où il se fournit.

Vue d’artiste du navire imaginé par Arcadie et Zéphyr & Borée, dont le design devrait évoluer.
Vue d’artiste du navire imaginé par Arcadie et Zéphyr & Borée, dont le design devrait évoluer. — Photo : Alvov

Acteur majeur du marché du bio en France depuis plus de 30 ans, connu notamment pour les marques "Cook" et "Herbier de France" vendues en magasins spécialisés, la société gardoise Arcadie (115 salariés, CA 2020-2021 : 24 M€) traverse la crise sanitaire de façon contrastée. Des millions de Français se prenant de passion pour la cuisine lors du confinement de 2020, elle connaît alors une période faste, avec des pics de croissance de 50 % certains mois. "Mais depuis le déconfinement, les gens privilégient les circuits courts, qui ne sont pas forcément bio. De plus, le foisonnement des labels de type "sans résidus" entretient la confusion dans leur esprit", analyse Matthieu Brunet, codirigeant d’Arcadie, qui finira l’année à un niveau stable par rapport à 2020.

Anticiper la croissance du marché

Mais l’entrepreneur regarde le temps long. "Le marché va redémarrer. Le bio est omniprésent dans les médias, et il ne représente pourtant que 6 % de la consommation en France, ce qui est très peu. Le potentiel existe pour atteindre 10 ou 15 % à l’avenir". Anticipant cette reprise, Arcadie lance un plan d’investissement de 18 millions d’euros pour doubler ses installations, situées à Méjannes-lès-Alès.

Une première tranche de travaux portera sur l’extension de l’espace de stockage et de l’atelier de transformation, dont la superficie cumulée de 1 100 m2 passera à 2 000 m2. À ceci s’ajoutera l’intégration d’un autre atelier loué jusqu’ici. Après le dépôt du permis de construire en janvier 2022, Arcadie espère réceptionner ces équipements courant 2023. Par la suite, une deuxième tranche de travaux verra la zone dévolue aux stocks de matière première et de produits finis, aux lignes de conditionnement et aux bureaux doubler de surface elle aussi. Au final, Arcadie passera, à terme, d’une superficie globale de 4 500 à 11 000 m2.

Voguer pour s’approvisionner

Mais avec un enracinement si profond dans les valeurs de l’agriculture bio, Arcadie réfléchit aussi à faire évoluer d’autres volets de son activité. En 2020, elle a mis à l’étude, avec l’entreprise nantaise Zéphyr & Borée (conception de navires bas carbone), la construction d’un voilier destiné à importer ses matières premières depuis Madagascar. "C’est un de mes rêves, mais un rêve ancré dans l’histoire quand on pense aux liens historiques entre épices et marine marchande", commente Matthieu Brunet.

Le bâtiment sera un voilier de 70 m, d’une capacité de 1 000 tonnes par voyage. Il assurera 6 rotations par an avec Madagascar. Les besoins d’Arcadie en importation se limitant pour l’heure à 350 tonnes, l’exploitation du navire sera ouverte à d’autres chargeurs. "L’envergure du voilier permet non seulement d’utiliser des conteneurs, mais de l’exploiter à des coûts proches du transport maritime habituel… tout en économisant 90 ou 95 % de carburant pour un tel tonnage", rajoute Matthieu Brunet.

Le budget envisagé pour un tel navire se situera autour de 18 millions d’euros, dont 30 % seront mis en capital par l’entreprise co-fondée par Arcadie et Zéphyr & Borée. Le reste sera ouvert à d’autres investisseurs, y compris par financement participatif. La construction démarrera fin 2022, "dans un chantier naval français, pour rester cohérents avec notre démarche jusqu’au bout", conclut Matthieu Brunet.

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