Montpellier

Santé

Le CHU de Montpellier se positionne en "extracteur territorial d’innovation"

Par Anthony Rey, le 17 décembre 2020

Lancé en 2017, le dispositif favorisant l’émergence d’innovations au sein des personnels du CHU de Montpellier monte en puissance. Dotée de capacités financières et géographiques étendues, la nouvelle version de cet extracteur, présentée le 17 décembre, ambitionne d’identifier plusieurs dizaines de projets pouvant être transformés en preuves de concepts, voire en start-up.

Une salle d'opération du CHU de Montpellier
Tous les personnels du CHU du Montpellier, des chirurgiens aux psychologues, sont appelés à soumettre des projets innovants au dispositif — Photo : CHU de Montpellier

L’extracteur d’innovation, structure créée en 2017 au sein du CHU de Montpellier, vise à détecter et accompagner les projets innovants nés de la pratique professionnelle quotidienne des personnels soignants et médicaux de l’établissement. Le 17 décembre, une nouvelle version du dispositif a été dévoilée par le CHU et ses partenaires institutionnels, dont l’Université de Montpellier, la Métropole de Montpellier et la Région Occitanie. Avec le concours financier de cette dernière, le budget de l’extracteur est porté à 250 000 euros par an. En plus du volet financier, la capacité de rayonnement géographique du dispositif sera elle aussi étendue. « Chacun de nos professionnels peut être porteur d’idées qui ont de la valeur pour le CHU lui-même, mais aussi pour le territoire en termes de création de richesse économique et d’emplois. Nous nous engageons aujourd’hui pour une nouvelle version du dispositif, qui va fonctionner lui-même comme un POC (« proof of concept », soit preuve de concept, NDLR). S’il réussit, il profitera aux autres CHU de la région », explique Thomas Le Ludec, directeur général de l’établissement montpelliérain.

Au sein du CHU de Montpellier, premier employeur de la ville et troisième employeur régional avec 10 922 collaborateurs, tous les personnels peuvent soumettre un projet : médecins, pharmaciens, biologistes, sages-femmes, infirmier(e) s, technicien (ne) s de laboratoires, psychologues, formateurs, etc. Le spectre d’innovations possibles est large, du logiciel à l’amélioration d’un matériel médical existant, en passant par la création de nouveaux accessoires ou équipements hospitaliers. Le CHU mettra à disposition des porteurs de projets ses ressources technologiques, mais aussi une équipe dédiée formée d’ingénieurs spécialistes des entreprises du dispositif médical. Le budget de l’extracteur, revu à la hausse, permet désormais de financer un accompagnement individuel pouvant atteindre six mois.

Près de 80 dossiers déjà instruits

Cette phase servira de travail préparatoire pour déterminer, après l’avis du comité de pilotage de l’extracteur, si le projet peut être porté jusqu’au stade de POC. Ensuite, le relais sera passé aux structures d’accompagnement et de maturation habituelles telles que les incubateurs ou la SATT AxLR. « Les créateurs de l’extracteur d’innovation sont des médecins-entrepreneurs. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux. Or, ils rencontrent souvent des difficultés pour créer une entreprise au sein de l’hôpital, faute de temps, de contacts et de compétences. Le dispositif a été pensé pour permettre à tous nos collègues, même les étudiants, de concrétiser leur projet », rajoute le Dr Nicolas Giraudeau, initiateur de la démarche, en 2017, avec le Pr Vincent Costalat.

L’équipe de l’extracteur, sous sa première version, a instruit près de 80 dossiers. Sept d’entre eux ont pu concourir à des appels à projets et être financés. Quatre ont débouché sur la création de start-up. Parmi elles, KanopyMed a développé un outil prédictif pour le risque d’hospitalisation dans les cas d’insuffisance cardiaque. Après une phase de pré-incubation au sein d’Alter’Incub, elle s’est installée au sein du BIC de Montpellier et a décroché un premier financement chez Créalia Occitanie, le fonds d’amorçage régional. « Ce logiciel, que nous développons au sein du CHU de Montpellier, devra aussi fonctionner à l’extérieur, en utilisant des normes de données nationales et internationales, ce qui est encore plus compliqué à réaliser que l’algorithme lui-même. D’où l’importance de bénéficier d’un accompagnement tel que celui-ci », témoigne le cofondateur de KanopyMed, Ulysse Rodts.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition