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La start-up Qiiro grandit en simplifiant l’accès au droit

Par Anthony Rey, le 24 janvier 2023

La start-up montpelliéraine Qiiro déploie une plateforme de services juridiques visant les entreprises et les CSE. En forte croissance, elle mise sur une approche dynamique du droit pour convaincre un nombre grandissant de métiers.

Gaël Bill a cofondé la legaltech Qiiro, qui a convaincu plus de 1 500 clients à ce jour.
Gaël Bill a cofondé la legaltech Qiiro, qui a convaincu plus de 1 500 clients à ce jour. — Photo : QiiRO

La croissance de Qiiro (20 collaborateurs, CA 2022 : 800 000 €), start-up fondée en 2019 à Montpellier, est un révélateur des besoins persistants en matière d’accès au droit. La legaltech a mis en place une plateforme de services juridiques et administratifs déjà riche de plus de 2 000 documents : CGV (conditions générales de vente), contrat de partenariat, contrat de maintenance, etc. Sur cette base, l’application créée par Qiiro permet de générer automatiquement des documents légaux correspondant aux problématiques juridiques de l’utilisateur : par exemple, l’organisateur d’une assemblée générale pourra générer les convocations, le projet de résolution ou un procès-verbal finalisé.

Une approche dynamique du droit

Mais la legaltech, dans son ambition de digitaliser le droit, va plus loin encore, puisqu’elle s’inspire du "design thinking", une démarche de gestion créative et dynamique, pour simplifier toujours plus ce sujet réputé pour sa complexité. "Les documents que nous générons sont réécrits dans un langage clair, plus lisible, où nous enlevons les répétitions, rajoutons des éléments visuels, etc. De cette façon, au lieu d’être oublié dans un coin, le document est vivant, et devient une plus-value pour le client, une façon pour lui de se démarquer", estime Gaël Bill, PDG et cofondateur de Qiiro avec Simon de Charentenay et Olivier Pourquier.

La start-up montpelliéraine rajoute même une couche de conseil supplémentaire. Au sein de ses effectifs, une équipe de 8 juristes, spécialisés dans les contrats, la fiscalité, la consommation ou le droit social, peut répondre aux questions des utilisateurs par chat, courrier électronique ou rendez-vous. Qiiro renforce cette fonction support en nouant des partenariats avec des cabinets en droit social, jouissant d’une notoriété locale dans leur spécialité, tels que Sagan Avocats à Paris, ou AGN Avocats Montpellier.

Les besoins persistants des CSE

À ce jour, la legaltech montpelliéraine a convaincu plus de 1 500 entreprises, dont plusieurs grands comptes tels qu’Eiffage, Colas, Saint-Mamet, SAP… Globalement, elle cible les indépendants, les TPE-PME et les comités sociaux et économiques (CSE). Pour 2023, Qiiro va accélérer le déploiement de modules de formation juridique. Elle affiche l’objectif de réaliser 30 % de son activité sur ce seul service dès cette année, sur des sujets en forte évolution dans le monde du travail : risques, QVT, harcèlements (sexuel, sexiste, moral), etc. Ses clients le réclament, mais l’entreprise profite aussi de besoins encore et toujours mal adressés. "Les élus des CSE ne sont pas obligatoirement formés pour gérer du droit. C’est pourtant une obligation réglementaire pour tous les CSE, que la loi a durcie en 2022. Nous allons offrir à ces élus la possibilité de personnaliser notre application avec des fonctionnalités spécialement conçues pour eux", annonce Gaël Bill. La legaltech gère déjà plus de 300 CSE, et veut en signer 200 de plus en 2023.

Par ailleurs, le développement de cette brique technologique pour les élus des CSE facilitera aussi la création de modules analogues ciblant d’autres métiers, tels que les responsables de ressources humaines ou les directions juridiques d’entreprise. Ainsi, Qiiro, qui est arrivé à l’équilibre financier en 2022 avec 800 000 euros de chiffre d’affaires, anticipe une accélération de sa croissance. Elle vise un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2023, avec l’ambition d’atteindre le cap des 10 millions d’euros et des 60 collaborateurs à l’horizon 2025. Pour appuyer ce plan de marche, la legaltech prévoit, après avoir obtenu 300 000 euros en amorçage en 2022, de réaliser une levée de fonds d’environ 2 millions d’euros d’ici l’été prochain.

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