Occitanie

Conjoncture

La Banque de France « confiante » pour le rebond de l'économie occitane

Par Paul Falzon, le 11 février 2021

L'étude annuelle de conjoncture de la Banque de France traduit l'optimisme d'une large majorité de chefs d'entreprise d'Occitanie pour une reprise soutenue en 2021. A une exception près, majeure vu son poids dans l'économie régionale : l'aéronautique.

Sur la ligne d'assemblage de l'A350 à Toulouse.
L'aéronautique concentre l'essentiel des difficultés de l'industrie occitanie, particulièrement sur certains programmes comme celui de l'A350. — Photo : Airbus S.A.S

Un message de confiance pour l’année 2021 : la traditionnelle étude de conjoncture de la Banque de France, menée cette année auprès de 2 200 entreprises d’Occitanie, montre l’optimisme retrouvé d’une majorité de chefs d’entreprise de la région. Le rebond d’activité est attendu entre 6 et 7 % pour les trois grands secteurs étudiés : l’industrie (-16 % en 2020), les services (-11 %) et le BTP (-7 %). « Les acteurs économiques ont fait face à un choc majeur, particulièrement dans notre région du fait du poids de la filière aéronautique, reconnaît le directeur régional de la Banque de France Stéphane Latouche. Mais les entreprises ont appris à travailler dans un contexte sanitaire complexe, et les dispositifs de soutien et de relance de l’État ont joué leur rôle. »

Aéro : encore 8 % des effectifs détruits en 2021

Le bilan 2020 reste morose dans l’industrie, avec deux principales variables d’ajustement : l’intérim, qui représente les trois quarts des destructions d’emploi, et les investissements, en recul de 34 %. La situation est plus dramatique encore si l’on concentre l’analyse sur l’aéronautique avec la perte de 14 % des effectifs dans l’industrie et 7 % pour les entreprises de services, et des investissements en chute libre (- 65 %). Selon les prévisions des chefs d’entreprise, la filière va encore détruire 8 % d’emplois en 2021, mais la reprise des investissements devrait se situer aux alentours de 25 %. Le directeur régional de la Banque de France, Stéphane Latouche, y voit les premiers effets des plans de relance. Parmi les autres secteurs industriels, la métallurgie (- 21 % de CA en 2020) doit retrouver des couleurs cette année (+ 9 %), tandis que l’agroalimentaire et la chimie, peu impactés par la crise sanitaire, conservent des bonnes dynamiques, avec des progressions attendues entre 3 et 4 % en 2021.

Vers une reprise dans l’hôtellerie-restauration ?

Côté services, l’ingénierie et l’informatique ont été plombés par la crise du secteur aéronautique, avec des baisses d’activité de respectivement 17 % et 11 %, mais doivent retrouver une tendance de croissance entre 4 et 5 %. L’enquête de la banque de France fait espérer un arrêt de l’hémorragie dans l’hôtellerie-restauration (chute de 45 % du chiffre d’affaires en 2020, et de 19 % des emplois), avec un rebond attendu à 33 % : la prolongation des mesures de fermeture pourrait ternir cet optimisme. Le BTP n’est pas épargné avec un recul global de 7 % des chiffres d’affaires, mais les chantiers de réseaux télécoms ont limité la casse dans les travaux publics (- 5 %) tandis que les entreprises du second œuvre tirent leur épingle du jeu grâce aux travaux de rénovation énergétique, avec 7 % de croissance attendue en 2021.

Pas de problème de financement

Une note positive, mais à double tranchant, concerne les trésoreries des entreprises. « Nous n’identifions pas de difficultés de financement : les mesures de soutien de l’État ont été efficaces », relève Stéphane Latouche. L’Occitanie enregistre des indicateurs sensiblement à la moyenne française : l’encours des crédits bancaires des entreprises a progressé de 15 % sur un an (contre 13 % au national) et leur trésorerie de 64 % (versus + 54 %). La fin annoncée du dispositif de prêts garantis par l’État, au 30 juin prochain, et le début de la phase de remboursement à horizon 2022-2023, seront scrutés dans notre région avec plus d’acuité qu’ailleurs.

Sur la ligne d'assemblage de l'A350 à Toulouse.
L'aéronautique concentre l'essentiel des difficultés de l'industrie occitanie, particulièrement sur certains programmes comme celui de l'A350. — Photo : Airbus S.A.S

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