Montpellier

Santé

inCare automatise le circuit du médicament à l’hôpital

Par Anthony Rey, le 14 septembre 2022

La start-up montpelliéraine inCare a créé un robot de préparation de piluliers pour les hôpitaux et établissements de soins. Disposant d’une solution déjà prête à être industrialisée, elle anticipe un décollage rapide en deux ans.

La console de remplissage est l’un des 3 éléments constituant la solution créée par inCare.
La console de remplissage est l’un des 3 éléments constituant la solution créée par inCare. — Photo : Anthony Rey

Incubée à l’IMT-Mines Alès (Gard) en 2020 et désormais installée à Montpellier (Hérault), la start-up inCare (4 salariés) a conçu et développe un système robotique modulaire qui automatise le circuit du médicament au sein des hôpitaux, des cliniques, et de tout autre établissement de soins. Composée de 3 machines distinctes, cette solution permet de sécuriser la préparation des piluliers entre 3 lieux clefs au sein d’un hôpital : la pharmacie, l’infirmerie et la chambre du patient. "Une étude récente montre que 10 à 20 % des médicaments sont jetés en raison d’une gestion parfois défaillante de cette chaîne. Notre robot est conçu comme une solution moins consommatrice d’espace et moins chère que les systèmes habituels, qui peuvent atteindre un million d’euros, en ne fonctionnant que sur un de ces trois volets", explique Henri de Capèle, cofondateur d’inCare aux côtés de Jean-Baptiste Guissart.

Des gains de temps et de praticité

La solution robotique créée par inCare se compose d’une armoire de préparation, disposant d’un stock de cassettes équipées de puces RFID et conçues pour préparer les piluliers ; d’une console de remplissage, permettant au pharmacien de remplir les piluliers en scannant la boîte de médicaments de sorte à lier l’information du fabricant à la puce RFID de chaque cassette ; et d’un tiroir de distribution, aidant l’infirmier à vérifier l’identité et les informations relatives au patient avant de préparer son chariot de soins. "Le gain de temps est non négligeable car le système ne délivre que la quantité de médicaments nécessaire. Il évite donc au personnel de ressaisir dans le système informatique hospitalier (SIH) ce qui a été distribué ou non", précise Henri de Capèle.

En 18 mois de R & D, inCare a finalisé une solution prête à être industrialisée : l’armoire peut être potentiellement produite en série, tandis que la console de remplissage et le tiroir de distribution ne nécessitent qu’un travail de configuration pour être connecté au SIH des établissements utilisateurs. L’assemblage est assuré par un prestataire en mécanique industrielle situé en Vendée, alors que InCare se focalise sur la conception, la partie logicielle du système et les développements individuels demandés par chaque futur client. La start-up est déjà en phase de tests avec deux groupes de soins privés, et bientôt un troisième, installés dans l’Hérault.

De fortes perspectives en deux ans

Depuis sa création, la start-up montpelliéraine se finance sur ses fonds propres et avec le soutien de Bpifrance, de la Région Occitanie, et de la Fondation IMT-Mines, qui lui ont accordé un total de 115 000 euros d’aides à ce jour. Elle ambitionne néanmoins de lever jusqu’à 1,2 million d’euros auprès de business angels, d’ici le début d’année 2023, pour structurer sa production.

inCare prévoit de produire et de livrer ses 5 premiers systèmes en 2023, en s’appuyant sur son organisation actuelle. À l’horizon 2025, la start-up projette de fabriquer des séries de 5 à 15 machines par an, ce qui nécessiterait de créer une ligne de production automatisée à Montpellier, même si la décision est encore à l’étude. Forte de ces perspectives, inCare table sur un chiffre d’affaires de 500 000 euros en 2023, qu’elle projette entre 3 et 7 millions d’euros en 2025. Si son robot cible avant tout les CHU, hôpitaux et cliniques, la start-up prévoit aussi de développer un marché secondaire auprès des Ehpad, qui disposent de budgets moins conséquents. "Le plus souvent, les Ehpad sous-traitent la préparation des piluliers à des pharmacies de proximité. Nous espérons mettre nos systèmes à leur portée en organisant un circuit de seconde main, sous forme de location et d’abonnement, à partir de machines précédemment utilisées en hôpital", conclut Henri de Capèle.

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