Hérault

Industrie

GreenSea va bâtir une bioraffinerie de microalgues

Par Anthony Rey, le 23 novembre 2022

Le spécialiste des biotechnologies marines GreenSea investit dans un pilote industriel de bioraffinerie pour microalgues, à Mèze (Hérault). L’opération permettra de réorganiser la production de l’entreprise, qui va doubler de surface.

GreenSea va étendre son expertise dans l’exploitation des microalgues à travers le projet Poly’Thau.
GreenSea va étendre son expertise dans l’exploitation des microalgues à travers le projet Poly’Thau. — Photo : GreenSea

Installée à Mèze (Hérault) sur les rives du bassin de Thau, l’entreprise GreenSea (17 salariés, CA 2022 : 2 M€), spécialisée dans la culture de microalgues et leur transformation en ingrédients innovants, s’apprête à franchir un palier avec un nouveau projet de R & D. Baptisée "Poly’Thau", l’opération consiste à développer un pilote industriel de bioraffinerie, afin de produire des molécules à haute valeur ajoutée. Lauréat de l’appel à projets "Avenir littoral 2022" ouvert par l’État et la Région Occitanie, le projet bénéficie d’un budget de 450 000 euros, dont 155 000 euros d’aides publiques.

Une nouvelle ambition environnementale

Après 35 ans d’activité, GreenSea gère un portefeuille de 80 références d’ingrédients pour divers marchés tels que ceux de la nutrition animale, la nutrition humaine, l’agronomie ou la santé. Le projet Poly’Thau l’aidera à poursuivre son développement tout en réduisant son impact environnemental : spécialisée jusqu’alors dans l’extraction de composés, la PME héraultaise sera bientôt capable de valoriser l’intégralité des coproduits issus de cette extraction. Une nécessité dans un contexte réglementaire évolutif. "L’Union Européenne pousse à la suppression progressive des produits issus de l’industrie chimique sur le marché des ingrédients. Notre entreprise, qui a toujours été positionnée dans la naturalité, va anticiper cette évolution en proposant toujours plus de produits naturels", résume Éric Causse, directeur commercial de GreenSea.

Par ailleurs, Poly’Thau aidera GreenSea à se diversifier. L’entreprise, qui dispose déjà d’une certification ISO 22716 pour le marché cosmétique, est en cours d’audit pour décrocher l’ISO 22000 renforçant la sécurité alimentaire, "afin de produire des colorants à destination du marché alimentaire, ainsi que des molécules actives pour les secteurs de la pharmacie et du dispositif médical", égrène Éric Causse. Forte de ces perspectives, l’entreprise table sur une progression de 20 % de son activité dès 2023. Filiale de Greentech, GreenSea table sur de futures synergies avec les autres pôles du groupe clermontois pour nourrir cette croissance.

Un changement d’échelle industrielle

Mis en route depuis quelques semaines, le pilote industriel devrait aboutir en fin d’année prochaine. Mais sans attendre, GreenSea se prépare à intégrer cette avancée technologique par un changement d’échelle industrielle. La PME héraultaise, qui dispose de 1 000 m2 d’installations à ce jour, va doubler sa surface : elle va intégrer de nouveaux locaux construits par Sète Agglopôle Méditerranée, livrables d’ici le mois de mai 2023. "Un nouveau site, dédié aux process innovants issus de Poly’Thau, sera construit pour travailler la matière première, tandis que les étapes de production et de concentration seront repositionnées dans le bâtiment historique", décrit Éric Causse.

Pour mener ces développements opérationnels à terme, GreenSea mobilise un investissement "de plusieurs centaines de milliers d’euros", qui intègre le coût de la certification ISO en cours. Cette réorganisation sera phasée en deux temps : l’entreprise va réceptionner dans les prochaines semaines une extension de sa halle technique (500 m2), et un nouveau laboratoire (200 m2), tandis que dans une seconde tranche, elle intégrera de nouveaux locaux techniques (200 m2) pour finir l’industrialisation issue de Poly’Thau. L’ensemble de l’opération se tiendra dans l’Écosite de Mèze, que l’Agglo sétoise revalorise à hauteur de 4 millions d’euros afin de créer un pôle centré sur l’économie bleue. "Notre projet s’inscrit dans une logique vertueuse au sein de cette démarche, pensée pour les activités économiques du bassin de Thau", conclut Éric Causse.

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