Industrie

Granit : Les entreprises du Sidobre tarnais font bloc

Par Agnès Baritou, le 20 février 2015

Concentrée dans le massif tarnais du Sidobre, la production midi-pyrénéenne de granit est la plus élevée de France. Pour faire face aux difficultés, la filière se structure.
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Depuis cinq ou six ans, nous avons moins de marges », confie Thierry Pereira, commercial chez Senegatz. Cette PME de 22 salariés et 3 M€ de CA basée à Lacrouzette (81) est spécialisée dans la fabrication sur mesure de monuments et articles funéraires, qu'elle revend aux marbreries et pompes funèbres. Son granit provient du massif de Sidobre, mais aussi de Bretagne, d'Afrique du Sud ou de Norvège. « Le secteur connaît des difficultés, poursuit Thierry Pereira. Il y a l'essor de la crémation, qui fait diminuer le besoin de granit, mais aussi l'importation de monuments via l'Inde et la Chine que font certaines centrales d'achat, plus compétitives sur le prix mais pas sur la qualité... » 

Ce constat est largement partagé par les acteurs d'une filière du granit conséquente en Midi-Pyrénées. Le secteur de l'extraction et de la transformation des roches ornementales (marbre, granit, pierre) représente dans la région quelque 200 entreprises dont 130 dans le Sidobre. Ces entreprises, de moins de 20 salariés pour 95 % d'entre elles, s'adressent à trois marchés : le bâtiment (20 %), le funéraire (65 %) et la voirie (10 %). La filière du granit emploie directement 1.200 personnes en région, dont 800 dans le Tarn. Mais un diagnostic commandité par la CCI du Tarn et l'OPCA 3+ a révélé en 2012 une situation en demi-teinte. « Les entreprises souffrent de l'importation de produits finis venant surtout d'Asie, des évolutions sociétales sur le marché du funéraire, d'une pression croissante sur les prix », énumère Sandrine Bonnet, conseillère entreprises au pôle industrie de la CCI du Tarn. De nombreuses entreprises ont disparu : il existe ainsi une quinzaine de carriers sur le Sidobre, contre une cinquantaine il y a 15 ans.

L'association Granit et Pierres porte le plan d'actions
Pour fédérer la filière, l'association Granit et Pierres du Sidobre a été créée en janvier 2014. Elle compte aujourd'hui une trentaine d'entreprises adhérentes. « Notre objectif pour 2015 ? Attirer plus d'entreprises, souligne Luc Segonne, président de l'association. Nous avons créé notre site internet et imprimé des plaquettes de promotion. Nous allons présenter ces outils de communication à la profession lors d'une réunion en février. » Se faire connaître, travailler sur l'image, participer à des salons comme la foire économique de Castres où l'association était présente en septembre 2014, telles sont les priorités de la feuille de route de l'association. « Notre budget du plan d'action 2014-2015 (180.000 euros) est en partie bouclé. Nous avons eu des aides du Département, de la Région, de l'État, nous travaillons avec la CCI et la Chambre des métiers et de l'artisanat du Tarn, et le Syndicat Mixte des Hautes Terres d'Oc. »

Luc Segonne est également directeur d'exploitation des Ateliers du Haut Languedoc, PME tarnaise de 24 salariés et 4 M€ de CA qui travaille sur la transformation du granit pour l'aménagement urbain. 2014 a été « particulièrement difficile pour la voirie », raconte-t-il, à cause des élections municipales, d'un « turn-over important des maires dans la région » et du mauvais contexte économique qui ont gelé les projets d'aménagement urbain. Pour ce patron, « le salut ne passera que pas le regroupement d'entreprises ».

Plus de partenariats
C'est aussi l'avis de Jean-Pierre Plo, directeur général de la société Plo, carrier tarnais de 48 salariés et 8,2 M€ de CA, qui extrait plus de la moitié de la production annuelle du Sidobre (22.000 m³ sur un total de 40.000). « Les petites entreprises, qui n'ont pas assez de commerciaux, deviendront sous-traitants des sociétés plus grosses, juge-t-il. On va passer par des partenariats. » Les autres actions envisagées font la part belle à la formation et à la transmission d'entreprise, ainsi qu'à l'innovation. « Il faut réfléchir, pour le funéraire, au mariage du granit avec d'autres matériaux ; pour l'aménagement urbain, à d'autres traitements de surfaces, bordures ou dalles », estime Luc Segonne. « Il s'agit de convaincre les architectes et les designers d'utiliser le granit qui n'est pas si cher que cela », renchérit Jean-Pierre Plo.

www.granit-pierres.sidobre.fr

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