Gard

Agroalimentaire

Délisucré voit grand pour produire ses sucres de fruits

Par Anthony Rey, le 10 septembre 2021

La jeune PME gardoise Délisucré, productrice de sucre liquide extrait de fruits, voit ses ventes s’envoler en ligne. Pour suivre cette croissance et l’amplifier, elle travaille sur un projet d’usine installée sur le port de Sète, avec la création de 70 emplois à la clef.

Léo Mas et Samuel Marc ont cofondé Délisucré en 2017 dans le Gard.
Léo Mas et Samuel Marc ont cofondé Délisucré en 2017 dans le Gard. — Photo : Délisucré

Avant même sa création en 2017, la jeune entreprise Délisucré (6 salariés, chiffre d'affaires prévisionnel 2021 : 600 000 euros), basée à Bagnols-sur-Cèze (Gard), avait réussi à faire parler d’elle. Un an plus tôt, son procédé innovant d’extraction des sucres de fruits remportait un prix au Sial, salon professionnel de l'innovation alimentaire de référence.

De quoi motiver les cofondateurs, Samuel Marc, un ex-sportif, et son associé Léo Mas, issu d’une famille de producteurs de pommes, à créer leur entreprise. "Nous sommes partis d’un constat : de 20 à 30 % des fruits destinés à la grande distribution sont réformés car ils n’ont pas la bonne taille ou présentent des défauts. Or il est possible d’en tirer beaucoup de choses. Après deux ans de R & D, nous avons développé une recette de sucre de fruits qui affiche une charge calorique deux fois inférieure au sucre blanc", relate Samuel Marc.

Le pari gagnant du numérique

Les premiers produits, conditionnés sous forme de flacons plastique, sont destinés aux rayons bio et conventionnels de la grande distribution. Avec succès : Délisucré est distribuée par 1 500 revendeurs, dont de grandes enseignes telles que Monoprix, E. Leclerc, Auchan ou Carrefour. Mais la crise sanitaire de 2020 va passer par là, obligeant l’entreprise à pivoter vers un modèle de vente en ligne pour son catalogue de produits (sucres en flacons, sirops, caramels, confitures, pâtes à tartiner etc).

Même si Délisucré conserve 200 revendeurs physiques, le pari du numérique s’avère payant. Avec une base de 70 000 acheteurs réguliers, l’entreprise progresse vite. Son volume de ventes a été multiplié par douze en un an. Elle prévoit d'atteindre 900 000 euros de chiffres d’affaires en 2022.

Un ambitieux projet industriel

Dans un marché du "manger sain" de plus en plus concurrentiel, la TPE mise tout sur sa spécificité : le faible indice glycémique des sucres qu’elle extraie des fruits (raisins, pommes et dattes). "Beaucoup de fabricants revendiquent de faire des produits sans sucres mais continuent de rajouter des édulcorants de synthèse. De même, un produit comme la stévia n’est pas un sucre, mais une plante : avec un indice glycémique de zéro, elle peut provoquer des montées d’insuline à blanc", affirme le jeune PDG.

Pour étendre plus vite son marché, Samuel Marc vient de lancer une deuxième société, Phénix Évolution, appelée à industrialiser son projet à grande échelle. Cette structure devra fournir Délisucré, mais aussi commercialiser ses sucres auprès d’acteurs industriels de l’agroalimentaire. Cela passera par la construction d’une usine de 3 500 m2 sur le port de Sète, et par le recrutement de 70 salariés. "Nous allons travailler avec de grandes quantités de dattes, en recevant plus de 1 500 conteneurs par an. Autant nous installer dans un site portuaire", justifie Samuel Marc.

Soutenu par la Région Occitanie et le réseau Leader Occitanie, l’entrepreneur progresse vite dans son projet. En discussion avec une banque d’affaires et une multinationale du secteur, il planche sur une levée de fonds de 10 millions d’euros qui pourrait se concrétiser en fin d’année. Le permis de construire de la future usine devrait être déposé en janvier 2022.

Léo Mas et Samuel Marc ont cofondé Délisucré en 2017 dans le Gard.
Léo Mas et Samuel Marc ont cofondé Délisucré en 2017 dans le Gard. — Photo : Délisucré

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