Pyrénées-Orientales

Hôtellerie

Comment Roussillhotel concilie tradition et ambition

Par Anthony Rey, le 17 décembre 2021

Le groupe catalan Roussillhotel lance un plan d’investissement de plusieurs millions d’euros en 2022 pour rénover ses hôtels et écovillages. Pris entre les effets du Covid et la concurrence des chaînes mondiales, il parie sur la montée en gamme pour conserver et amplifier ses positions.

Propriété de Roussillhotel depuis 2019, le Royal Hôtel de Montpellier a été bâti au début du XXe siècle.
Propriété de Roussillhotel depuis 2019, le Royal Hôtel de Montpellier a été bâti au début du XXe siècle. — Photo : Roussillhotel

Devenu une référence de l’hôtellerie dans les Pyrénées-Orientales depuis les années 1950, le groupe familial Roussillhotel (400 collaborateurs, CA 2021 : 16 M€) sort peu à peu de ses bases. Après une première acquisition avec Port Marine à Sète, il a signé, en 2019, une nouvelle opération dans l’Hérault avec le Royal Hôtel, à Montpellier, qu’il vient de rénover. Ce trois-étoiles de 46 chambres, l’un des hôtels historiques de la ville datant du début du 20e siècle, est géré par le même management que l’établissement sétois, par souci de mutualiser des compétences. "Il nous donne aussi l’opportunité de nous tourner vers l’hôtellerie urbaine, qui travaille à l’année, par opposition à l’hôtellerie du littoral méditerranéen, où nous sommes implantés en majorité", précise Xavier Lormand, président de Roussillhotel, qui possède un portefeuille de 10 établissements, de trois à cinq-étoiles.

La signature du groupe Roussillhotel

La rénovation du Royal Hôtel a mobilisé un investissement de 1,3 million d’euros. Les chambres, augmentées de deux unités, ont été revisitées en réutilisant les codes des grandes maisons aux allures bourgeoises, tandis qu’un espace de coworking a été aménagé à destination de la clientèle business. "Nous avons conservé le positionnement en trois-étoiles après une étude de marché à Montpellier, déjà très chargée en quatre-étoiles. Nous avons voulu faire un hôtel où on vit bien, avec une surface de chambres élevée pour un établissement de centre-ville. C’est notre signature : une belle hôtellerie traditionnelle, qui se démarque de l’approche standardisée des chaînes nationales et internationales", commente Xavier Lormand.

En 2022, d’autres établissements au sein de Roussillhotel bénéficieront, à tour de rôle, d’une enveloppe équivalente pour être rafraîchis et/ou agrandis : le Lido à Argelès-sur-Mer (66 chambres), les Flamants Roses à Canet-en-Roussillon (63 chambres) et l’Île de la Lagune à Saint-Cyprien (30 chambres et suites), tous trois situés sur ses bases historiques. De même, le groupe catalan s’associe au lancement d’un Ecovillage, porté par le promoteur immobilier Lodef Promotion : Roussillhotel assurera, à l’horizon 2024, la gestion de ce projet de 79 villas et 72 appartements, situé à Saint-Cyprien.

Sortir de la crise sanitaire

Néanmoins, à l’image de toute l’hôtellerie française, Roussillhotel se relève à peine de la crise sanitaire. En réduisant ses pertes, estimées à 45 % du chiffre d’affaires en 2020 et à 25 % en 2021, le groupe veut rebondir sans renier ses ambitions. Le plan d’investissements en cours est aussi une stratégie de fidélisation. "Il y a une montée en gamme généralisée : les deux-étoiles évoluent en trois-étoiles, et les trois-étoiles et quatre-étoiles. Nous suivons la tendance car le marché l’exige. Les Français sont restés en France l’été dernier, et nous devons trouver les moyens de les fidéliser", confirme Xavier Lormand. Lequel renvoie aussi à l’ancrage résolument régional de Roussillhotel : "Quand le secteur se réorganise, c’est toute la destination Occitanie qui en profite. En proposant une offre remise au goût du jour, nous pourrons attirer des clients situés dans un rayon à 3 heures de route, à Toulouse, Marseille, Aix-en-Provence ou Lyon, alors qu’ils avaient tendance à se tourner vers le Var ou la Côte d’Azur. L’hôtellerie traditionnelle redevient concurrentielle face à l’hôtellerie de chaîne".

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