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Distribution

Centrakor étend son réseau à l’Espagne

Par Philippe Kallenbrunn, le 16 janvier 2023

Le distributeur toulousain Centrakor, spécialiste de la décoration, des arts de la table et de l’équipement de la maison à petits prix, ouvrira en mars une succursale près de Valence (Espagne). Cette première implantation dans un pays non francophone constitue un tournant stratégique majeur dans son expansion à l’international.

Ouvert en 2021, le magasin Centrakor de Balma (Haute-Garonne), qui s’étend sur 4 000 m2, était le 450e de l’enseigne.
Ouvert en 2021, le magasin Centrakor de Balma (Haute-Garonne), qui s’étend sur 4 000 m2, était le 450e de l’enseigne. — Photo : Cargo

La société toulousaine Centrakor (1 500 salariés, CA 2021 : 975 M€), spécialiste de la décoration, des arts de la table et de l’équipement de la maison à petits prix (coût moyen d’un produit : 7 euros ; panier moyen en 2021 : 27 euros), ouvrira le 1er mars 2023 sa première succursale dans la zone commerciale d’Alfafar, aux portes de la ville de Valence (Espagne). Ce magasin de 2 300 m2, qui emploiera 15 salariés, mobilise un investissement d’environ 1 million d’euros. Il s’agit d’un tournant stratégique pour le distributeur qui s’implante de façon inédite dans un pays non francophone. Dirigée par le Français Stéphane Tibolla, l’entité juridique Centrakor Stores Iberia SL a été créée à la mi-septembre 2022 et augure d’un développement futur de l’enseigne dans la péninsule ibérique. Des candidats à l’adhésion en franchise ont d’ailleurs déjà fait part de leur intérêt pour contribuer à l’extension locale du réseau qui compte aujourd’hui 460 magasins (95 magasins en propre, les autres en franchise, pour un total de 6 000 personnes employées), en France, dans les Drom-Com (ex-Dom-Tom) et en Belgique. “Nous avons visité plusieurs sites et, parmi les différents locaux qu’on nous a proposés, celui de Valence correspondait le plus à nos critères, explique Olivier Rondolotto, le président de Centrakor. Nous ne souhaitions pas démarrer par la Catalogne, comme beaucoup le font. C’est un très gros marché, au fort potentiel. Nous l’envisagerons par la suite, si notre test à Valence s’avère concluant. Nous y verrons déjà plus clair à l’issue du premier semestre.”

Consolidation du déploiement en Belgique

Pour son lancement, le magasin distribuera la quasi-totalité des référencements présents dans les établissements de l’Hexagone, approvisionnés par des importateurs français dont les fournisseurs se situent majoritairement en Asie. “Nous prendrons le temps de comprendre le marché, les codes, la réglementation, pour affiner le modèle et le dupliquer ensuite, indique le dirigeant. Le revenu moyen en Espagne est plus bas que chez nous, ce sera sans doute à prendre en compte. Il y aura peut-être aussi une réflexion sur les coloris mis en avant et sur la nécessité de produits spécifiques, à l’instar des inévitables plats à paella.” Centrakor s’appuiera sur l’expérience acquise dans son déploiement en Belgique, commencé en septembre 2019 par l’ouverture d’un magasin de 1 550 m2 à Gosselies, dans la périphérie de Charleroi. Elle possède désormais 6 points de vente en Wallonie, le dernier ayant ouvert ses portes à Herstal, dans la banlieue de Liège, à l’automne 2022, et va y consolider sa présence en 2023. “Au mois de février, nous allons visiter une dizaine de sites dans l’espoir d’accroître notre maillage du territoire belge, révèle Olivier Rondolotto. Dès l’ouverture du premier magasin, nous avons ciblé 25 villes potentielles dans lesquelles nous pourrions nous installer, avec une zone de chalandise adaptée pour notre activité.” L’expansion du réseau Centrakor hors de la métropole avait commencé par l’outre-mer en 2018 lorsque l’enseigne avait récupéré 4 magasins détenus par d’anciens franchisés de Tati en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe. “Nous continuons ce développement dans les Antilles qui a été assez fulgurant et qui s’est poursuivi à La Réunion avec l’ouverture de deux magasins, indique le dirigeant. Nous prévoyons aussi des ouvertures en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti dans un horizon de deux ans. Le fait d’aller dans les Drom-Com nous a permis de vérifier notre capacité à livrer des magasins dans des destinations lointaines. Si nous étions capables de le faire, nous pensions qu’il serait plus simple ensuite de viser nos pays limitrophes.” En Europe, l’Italie pourrait constituer une prochaine étape, quand l’Espagne aura fait ses preuves.

Une vingtaine d’ouvertures par an

En France, Centrakor table sur un rythme de croisière d’une vingtaine d’ouvertures de magasins chaque année (10 en 2020, 30 en 2021, 10 en 2022) et il en sera de même en 2023. Hors foncier, l’investissement pour une succursale se monte entre 300 000 euros et 1 million d’euros, selon l’emplacement et la taille du site. L’enseigne est tout récemment arrivée à Lomme (Nord) et à Maurepas (Yvelines). Les prochaines ouvertures se feront à Saint-Paul-lès-Dax (Landes), Graulhet (Tarn) et Grenade (Haute-Garonne). “Notre expansion est surtout liée aux locaux que nous serons en mesure de trouver et aux projets de construction, avec toutes les difficultés qu’éprouvent aujourd’hui les foncières à monter des bâtiments. Pendant longtemps, les gouvernements successifs ont autorisé les ouvertures à tout-va et nous étions très contents. Mais le monde change. Il y a beaucoup de friches commerciales et le nombre de magasins vacants s’est réduit. Nous avons été très résilients au moment du Covid, nous avons démontré une agilité particulière à nous adapter à des problématiques inédites. Néanmoins, l’avenir reste incertain et l’environnement géopolitique rend difficile la projection sur les années à venir.”

Bel environnement

En 2022, Centrakor a fêté ses 15 ans en sponsorisant un monocoque Class40 de 12,18 mètres qui a participé à La Route du Rhum, mené par le skipper Mikael Mergui. Dans un marché hyperconcurrentiel, l’entreprise continue de miser sur le concept imaginé par Olivier Rondolotto et ses associés (Aimery Forzy, Frédéric Philippon et Philippe Bourgela) et qui lui a permis un développement impressionnant. “Quand nous avons racheté Centrakor, une boîte qui existait depuis 1990 (lire par ailleurs), nous devions avoir une stratégie pour nous situer parmi les hard discounters et les discounters. Nous étions tout petits et nous le serions restés si nous avions proposé la même chose qu’eux. Nous avons voulu vendre nos produits dans un bel environnement. Pour cela, nous avons beaucoup investi dans l’aménagement de nos magasins, l’éclairage, la climatisation, les sols… Ce n’est pas parce que nos clients n’ont pas beaucoup d’argent qu’ils doivent aller dans un magasin de pauvre. C’est ainsi que nous avons bâti notre stratégie, pour nous démarquer, tout en gardant notre ADN, celui de proposer des produits de qualité à prix bas.”

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