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Santé

Brexit : la medtech Cutting Edge parie sur le pragmatisme anglais

Par Anthony Rey, le 28 janvier 2021

[Brexit 4/4] Le Royaume-Uni est officiellement sorti de l'Union européenne le 1er janvier 2021, tout en négociant un accord de commerce et de coopération. Quel est l'impact du Brexit sur l'activité des entreprises et acteurs économiques d'Occitanie ? En s’implantant outre-Manche trois ans avant le Brexit, la PME montpelliéraine Cutting Edge qui fabrique des implants intraocculaires a sans doute investi au bon moment.

Zoom sur un manipulateur de Cutting Edge
Cutting Edge, fabricant d'implants intraocculaires, investit de longue date sur le marché britannique. — Photo : Cutting Edge

Le fabricant montpellierain d’implants intraocculaires Cutting Edge (80 salariés, CA 2020 : NC) a racheté, en 2017, le distributeur anglais Kestrel Ophtalmics. Il s’agissait de pénétrer un marché réputé difficile sans acquisition. « Nous pouvions faire synergie avec l’offre de cette PME, qui avait déjà sa propre gamme de distribution. De plus, elle a facilité notre accès à la clientèle des hôpitaux », raconte Jean-Pierre Boudet, DG de la medtech montpelliéraine.

Le deal trouvé pour le Brexit en a limité l’impact financier pour Cutting Edge, qui redoutait une pression de la livre à la baisse, et une hausse des droits de douane, données sensibles pour une société d’importation comme Kestrel. « Nous aurions été exposés à des surcoûts et des difficultés administratives en plus sur la moitié au moins du fonds de commerce », évalue Jean-Pierre Boudet.

Toutefois, des incertitudes demeurent. En quittant l’Union européenne, les Britanniques sortent aussi de son système de normes. Or, Cutting Edge est obligée d’investir régulièrement afin d’obtenir les marquages CE pour ses produits (cinq l’ont obtenu à ce jour). « Nous allons devoir remodeler tous nos dossiers. Nous ne savons pas encore si la future réglementation sera une simple adaptation des marquages CE. Je mise sur le pragmatisme des Anglais, qui devraient enlever des contraintes plutôt qu’en rajouter », estime le président Yves Brouquet.

Si, à l’avenir, ces aléas dissuadent encore plus les medtechs d’investir outre-Manche, les fondateurs de Cutting Edge estiment que le Brexit devrait conduire à une concentration du marché. Le pari fait sur Kestrel aura donc été un galop d’essai.

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