Toulouse

Technologies

Agreenculture se positionne en champion de la robotique agricole

Par Philippe Kallenbrunn, le 07 septembre 2022

La start-up toulousaine Agreenculture, qui développe des solutions autonomes pour le monde agricole, vient de faire son entrée dans le programme French Tech Agri20. Ses produits sont par ailleurs en phase imminente d’industrialisation et de commercialisation.

La commercialisation du robot agricole autonome CEOL développé par Agreenculture sera lancée en 2023.
La commercialisation du robot agricole autonome CEOL développé par Agreenculture sera lancée en 2023. — Photo : DR

La start-up Agreenculture (49 collaborateurs, CA 2021 : 1,30 M€), fondée en 2016 à Toulouse et issue à la fois du rachat de l’entreprise Nav On Time et de la recherche dans le domaine du positionnement et du guidage par satellite, conçoit, développe et produit des solutions autonomes pour le monde agricole. Elle fait partie de la première édition du programme French Tech Agri20. Celui-ci poursuit l’objectif de faire émerger des champions technologiques qui proposent des innovations de rupture répondant aux principaux défis alimentaires et agricoles. Ses membres ont été dévoilés à Toulouse le 13 juillet par Jean-Noël Barrot, le ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications. La semaine prochaine, des premiers échanges avec les responsables du programme vont d’ailleurs se tenir, au cours desquels sera définie plus précisément la nature de l’accompagnement dont Agreenculture bénéficiera.

Contour de sécurité virtuel

“Agreenculture propose une solution de positionnement et de guidage connectée et sécurisée qui permet de rendre autonome n’importe quelle machine agricole en extérieur, explique Hortense Serreau, sa chargée de développement commercial. Notre vocation est d’accompagner les industriels à automatiser leurs machines.” Pour y parvenir, Agreenculture a développé l’AGCbox, un concentré de technologies dans un boîtier qui supervise et sécurise l’exécution des travaux agricoles, auquel est associé un contour de sécurité virtuel. “On définit une barrière de sécurité virtuelle tout autour du champ, précise-t-elle. On certifie ainsi que la machine qu’on rend autonome ne sortira pas de ce contour et n’ira donc pas sur la route.” Pour démontrer les capacités de son boîtier, Agreenculture l’a adossé à un robot de sa propre conception, baptisé CEOL. Cet engin travaille sans pause et sans nécessiter de supervision humaine. Une journée de huit heures de conduite d’un tracteur devient une heure de gestion de CEOL. L’agriculteur peut alors se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. Ce robot tourne depuis plusieurs années chez des bêtatesteurs, en Charente et dans les Pays de la Loire.

L’AGCbox d’Agreenculture est un concentré de technologies dans un boîtier qui supervise et sécurise l’exécution des travaux agricoles.
L’AGCbox d’Agreenculture est un concentré de technologies dans un boîtier qui supervise et sécurise l’exécution des travaux agricoles. - Photo : DR

L’année dernière, l’avance technologique d’Agreenculture dans le domaine de la robotisation agricole et le niveau de sécurité affiché ont convaincu le groupe vauclusien Pellenc (CA : 280 M€), spécialiste mondial des équipements pour la viticulture, la viniculture, l’arboriculture et l’outillage électroportatif, d’entrer au capital de la start-up comme actionnaire de référence. Ce partenariat va bientôt permettre l’industrialisation et la distribution des robots en France et à l’international. Selon Hortense Serreau, le premier niveau d’une grande série de l’AGCbox est prévu avant la fin de l’année. Quant à la commercialisation des robots, elle interviendra en 2023. D’ici le mois de mars prochain, Agreenculture déploiera aussi des plateformes de monitoring et télé opération, permettant d’agir sur un ou plusieurs robots à distance.

Levée de fonds en préparation

Pour asseoir son développement, la start-up, présente ces 7 et 8 septembre 2022 à Innov-Agri qui se tient à Ondes (Haute-Garonne), le plus grand salon de plein champ dont l’objectif est de rapprocher les exploitants des fournisseurs de la filière dans des conditions réelles d’utilisation, fait aussi de l’ingénierie pour les industriels. Elle se finance également en répondant à des appels à projets européens. L’augmentation de son effectif ces derniers mois l’a conduite à entreprendre des travaux dans ses locaux cet été, donnant naissance à une nouvelle plateforme de 100 m2. Elle indique par ailleurs mener le projet d’une levée de fonds, sans en détailler les modalités.

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