Gers

Aéronautique

Aerem mise sur la croissance externe pour accélérer sa diversification

Par Marina Angel, le 22 septembre 2022

Spécialisée dans la conception et la fabrication d’outillage d’assemblage et de maintenance, la société coopérative gersoise Aerem vient de reprendre Palmieri Mécanique à Carmaux (Tarn). Une croissance externe qui vient conforter sa stratégie de diversification.

Joël Bry, PDG de la scop Aerem à Pujandran, dans le Gers.
Joël Bry, PDG de la scop Aerem à Pujandran, dans le Gers. — Photo : Marina Angel

La société coopérative Aerem (49 salariés, CA 2021 : 5,10 M€), basée à Pujaudran (Gers), vient de reprendre Palmieri Mécanique, spécialiste de la mécanique de précision situé à Carmaux (Tarn). "Cette opération va contribuer à muscler nos capacités de production, pallier nos difficultés de recrutement et accélérer notre diversification", explique le PDG d’Aerem, Joël Bry.

Positionnée depuis sa création en 1985 en sous-traitance d’usinage (petites et moyennes séries) pour l'aéronautique, Aerem a très vite musclé ses équipes et s’est dotée de son propre bureau d’études pour s’engager sur des marchés de conception et réalisation d’outillage, de bancs de test sur mesure et de machines spéciales clé en main.

Une dynamique soutenue de diversification

Secouée par la crise Covid comme beaucoup d’entreprises de la filière aéronautique, la Scop cherche à renforcer ses positions dans d’autres secteurs. "Dans un premier temps, nous avons réussi à élargir notre portefeuille clients au sein de la filière aéronautique, pour ne plus être aussi dépendant d’Airbus. Nous avons revu notre feuille de route, et notre ambition est maintenant d’aller chercher de nouveaux contrats hors aéronautique", précise Joël Bry.

La part de l’aéronautique dans le chiffre d’affaires a été ramenée de 80 % en 2018 à 60 % en 2022. Le spatial a offert un bon relais de croissance. "Cette année, nous réalisons aussi 20 % de nos activités dans l’énergie, la défense, la recherche ou encore le ferroviaire", se félicite Joël Bry. Depuis 2021, Aerem travaille avec Alstom à Tarbes, Siemens à Toulouse et réalise aussi des équipements électromécaniques pour le compte de la SNCF.

Une reprise en Scop

De son côté, Palmieri Mécanique est spécialisée dans l’usinage de pièces complexes, avec une certaine notoriété dans l’énergie et le nucléaire. Avant le plan de cession, la société employait une trentaine de salariés pour 2 millions de chiffre d’affaires, dont à peine 30 % réalisés dans l’aéronautique. Un groupement coopératif a été constitué pour assurer la reprise en format Scop. L’outil de production et les emplois seront maintenus à Carmaux. Palmieri Mécanique est dorénavant filiale d’Aerem à 90 %. Les 10 % restant sont détenus par ses salariés. L’opération, qui a permis de sauvegarder 23 emplois, a été accompagnée par la Confédération générale des Scop. L’effectif devrait être conforté de cinq emplois supplémentaires d’ici deux ans.

De nouvelles ambitions sur la façade Atlantique

Pour adresser de nouveaux marchés, le plan de croissance d’Aerem, dont le chiffre d’affaires devrait s’établir à 6,5 millions d’euros en 2022, soit le niveau d’avant crise, passe aussi par un élargissement géographique de son rayon d’action. La société souhaite se rapprocher de nouveaux clients en Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire. "L’implantation d’une antenne commerciale du côté de La Rochelle ou de Nantes est à l’étude et nous sommes également très attentifs à de nouvelles opportunités de croissance externe sur la façade Atlantique", confie Joël Bry, qui souhaiterait concrétiser cette nouvelle implantation dans le courant de 2023.

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