Toulouse

Électronique

Actia Group se diversifie dans le spatial et la micromobilité

Par Philippe Kallenbrunn, le 19 mai 2022

En réponse à la crise, l’ETI toulousaine Actia Group attaque deux nouveaux marchés, le New Space et le vélo électrique, pour lesquels elle investit en R & D et en équipements. Elle se montre confiante pour ses perspectives à quatre ans.

L’usine d’Actia Group à Colomiers accueillera en 2023 une nouvelle ligne de production de cartes électroniques destinées au spatial.
L’usine d’Actia Group à Colomiers accueillera en 2023 une nouvelle ligne de production de cartes électroniques destinées au spatial. — Photo : Actia Group

L’ETI familiale toulousaine Actia Group (3 700 salariés, CA 2021 : 462,8 M€), spécialisée dans l’électronique embarquée, va investir 4 millions d’euros dans l'installation d'une nouvelle ligne destinée à la production, l’intégration et le contrôle de cartes électroniques pour le spatial dans son usine de Colomiers (Haute-Garonne), qui sera opérationnelle en 2023. “Cet investissement couvre l’équipement et l’aménagement d’un espace dédié, précise Jean-Louis Pech, le président directeur général d’Actia Group, et notamment le développement des fonctions de déverminage. Il comprend aussi la formation des personnels associés.”

L’entreprise y produira environ 10 000 cartes électroniques chaque année pour la future constellation de satellites de Telesat. Cette activité générera un chiffre d’affaires compris entre 20 et 60 millions d’euros annuels à partir de 2024. “Nous avons fait des offres gagnantes dans le spatial, indique le dirigeant, à commencer par OneWeb. Le marché avait besoin d’un producteur d’électronique qui sache parler au monde du spatial et qui soit capable de mettre au service de ce monde-là des approches de production d’électronique embarquée venant des secteurs grandes séries automobiles.”

Nouvelle ligne de production en Tunisie

Outre son positionnement dans le New Space (industrie du spatial d'initiative privée), Actia Group va attaquer le marché de la micromobilité, en particulier celui de l’équipement des vélos électriques, parallèlement à ceux où il opère déjà (agriculture, construction, transports routier et ferroviaire, aéronautique, énergie). L’ETI va ainsi investir 5 millions d’euros sur son site tunisien, où elle va notamment œuvrer pour son premier client, le fabricant local de vélos Euro-Cycles. Une nouvelle ligne de production sera inaugurée en fin d’année, tandis qu’un bâtiment industriel se trouve actuellement en construction. Dans les trois ans, un nouveau bâtiment destiné à accueillir un bureau d’études devrait aussi voir le jour en Tunisie. “Sur cette activité de la micromobilité, nous visons un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros dans les trois ans, annonce Jean-Louis Pech. Nous commençons par le vélo électrique mais d’autres débouchés nous intéressent, par exemple la livraison du dernier kilomètre.”

Financement obligataire de 18 millions d’euros

Le choix d’Actia Group d’innover en se diversifiant dans le spatial et la micromobilité est l’une de ses réponses stratégiques aux difficultés du moment (crise sanitaire, contexte géopolitique, approvisionnement en semi-conducteurs, hausse des coûts de l’énergie, inflation…). L’entreprise consacre d’ailleurs chaque année entre 15 et 18 % de son chiffre d’affaires à sa R & D. Une autre réponse passe par son désendettement, à hauteur d’environ 70 millions d’euros. Le 21 avril, il a en effet cédé au groupe Base son activité contrôle technique et équipements de garage. D’ici la fin juin, il devrait finaliser la cession de sa division Power (électrification) à Plastic Omnium. Le groupe vient aussi d’émettre un financement obligataire de 18 millions d’euros afin d’accompagner la forte croissance de son activité. Souscrit auprès de la société d’investissement M Capital, ce financement, d’une maturité de huit ans, a pour vocation de contribuer à l’accélération de son développement. Le 19 mai, Actia Group a indiqué avoir enregistré une hausse de 5,1 % de son chiffre d’affaires au 1er trimestre 2022, à hauteur de 114,4 millions d’euros. Conforté par la croissance continue de son carnet de commandes, il vise un chiffre d’affaires de plus de 800 millions d’euros en 2026 et une augmentation de son effectif de 1 000 salariés.

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