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Interview Vincent Bost (ADI Nouvelle-Aquitaine) : "Notre grille d’analyse est très tournée vers l’impact"

Entretien avec Vincent Bost, directeur général de l'ADI (Agence de développement et d'innovation) de Nouvelle-Aquitaine

Propos recueillis par Romain Béteille - 06 septembre 2023

Directeur général de l’Agence de développement et d’innovation de Nouvelle-Aquitaine, association créée en 2016, Vincent Bost évoque les grandes étapes présentes et futures d’accompagnement des entreprises régionales. De la cybersécurité au sport en passant par l’intelligence artificielle, il dessine les priorités d’un accompagnement de plus en plus tourné vers l’impact.

Vincent Bost, directeur général de l’ADI Nouvelle-Aquitaine.
Vincent Bost, directeur général de l’ADI Nouvelle-Aquitaine. — Photo : Romain Béteille

Les levées de fonds des entreprises régionales ont sensiblement ralenti en 2023 : elles lèvent moins d’argent et les financements sont davantage tournés vers l’impact sociétal et écologique de leur projet. Partagez-vous ce constat ?

En fonction des années, nous avons 12 à 15 levées de fonds. Depuis plusieurs années, notre grille d’analyse des start-up accompagnées est très tournée vers l’impact, c’est deux tiers des entreprises accompagnées en 2022. Progressivement, les fonds d’investissement s’adaptent et la nouvelle réglementation entre en ligne de compte. Nous l’avons un peu anticipée en tentant d’être exigeants sur les projets accompagnés. Nous faisons aussi ce travail sur les projets d’implantation. Depuis deux ans, nous essayons de cibler les projets avec une grille d’analyse très RSE, et la région a aussi développé l’éco-socio conditionnalité de ses aides aux entreprises pour négocier des engagements partagés.

Le campus cyber de Nouvelle-Aquitaine a récemment finalisé son installation à Pessac (Gironde). Quels sont ses objectifs ?

L’accroissement de la menace rend nécessaire la réunion des compétences et la simplification de l’accès aux ressources pour traiter le problème. Le campus a deux vocations. La première est la réponse à des incidents. Ce service, le CSIRT (Computer Security Incident Response Team) existe depuis environ un an en réponse au besoin, qui est immense. Des diagnostics cyber sont conduits auprès des entreprises pour qu’elles puissent se prémunir d’éventuelles attaques. La deuxième est la volonté de travailler sur des projets d’innovation pour faire monter en puissance l’offre de services cyber des entreprises régionales pour les aider à déployer leurs solutions.

Vous avez lancé en mai dernier Impulsion, un incubateur dédié aux start-up du sport…

L’idée est de déployer une stratégie d’innovation au service du mouvement sportif. Cet incubateur fédère Unitec, qui a été pionnier dans ce domaine, mais aussi d’autres technopoles à Poitiers, Agen, Technowest, Eurekatech à Angoulême et Hélioparc à Pau. Nous en sommes l’opérateur, huit entreprises ont été sélectionnées pour l’intégrer dès la rentrée. Nous allons organiser des sessions de formation et des rencontres avec des grands comptes ou des clubs sportifs pour permettre aux porteurs de projets de mieux qualifier les besoins. La volonté est de lancer des promotions chaque année.

Vous animez aussi l’accélérateur PME-ETI de la région, Accel-NA. Va-t-il évoluer ?

Oui, nous allons lancer dans les prochains mois Horizon, un nouveau dispositif qui vise des petites PME (1 à 5 M€ de CA). Nous avons éprouvé le concept sur des entreprises de plus grande taille. Ça ne sera plus des accompagnements de 24 mois mais d’un an et nous allons essayer de les territorialiser davantage. Ça va commencer en Charente et quelques départements limitrophes. Les futures promotions seront sur d’autres territoires.

Vous participez aussi à l’initiative Dihnamic, un consortium cofinancé par la Région et l’Europe. Où en est-il ?

Il a pour but d’intégrer dans des entreprises au profil plutôt industriel des briques technologiques liées à l’intelligence artificielle pour leur permettre de mieux produire et d’augmenter leurs capacités de traitement. Elles vont être accompagnées par des laboratoires ou des centres technologiques qui se rendront dans les entreprises pour proposer des services qualifiant leurs besoins à intégrer de nouvelles solutions. Nous avons l’objectif d’accompagner 116 entreprises sur trois ans. Les premières débutent leur accompagnement à la rentrée.

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