Haute-Vienne

Industrie

Orano teste le recyclage des batteries de véhicules électriques à Bessines

Par Astrid Gouzik, le 01 décembre 2022

Le groupe industriel Orano, spécialiste du combustible nucléaire, a investi 20 millions d’euros sur son site de Bessines-sur-Gartempe, en Haute-Vienne, pour développer son projet de recyclage de batteries de véhicules électriques. Les pilotes industriels actuellement en construction devraient entrer en production au premier trimestre 2023.

Orano a investi 20 millions d’euros sur son site de Haute-Vienne pour développer son projet de recyclage de batteries de véhicules électriques.
Orano a investi 20 millions d’euros sur son site de Haute-Vienne pour développer son projet de recyclage de batteries de véhicules électriques. — Photo : Orano

C’est un maillon supplémentaire pour renforcer la filière en cours de structuration autour des batteries de véhicules électriques en Nouvelle-Aquitaine. Le groupe français Orano (ex-Areva), spécialiste du combustible nucléaire, a commencé à construire, sur son site de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), deux pilotes industriels pour le recyclage des batteries de véhicules électriques lithium-ion. Ces pilotes, pour lesquels Orano a investi 20 millions d’euros, devraient entrer en production au premier trimestre 2023. L’entreprise va recruter une dizaine de personnes sur place.

Le projet est né fin 2019 lorsque l’industriel a identifié un besoin émergent. "La demande européenne en véhicules électriques, et donc en batteries lithium-ion, devrait connaître une croissance dépassant les 500 gigawattheures d’ici 2028, voire les 1 000 gigawattheures en 2030. Or les ressources ne sont pas infinies et l’accès aux métaux critiques est d’ores et déjà un enjeu stratégique", souligne Didier David, directeur de projet recyclage de batteries chez Orano. "Nous disposons de compétences liées à la désactivation d’objets, à la récupération de métaux et à l’hydrométallurgie. Et le centre de Bessines concentre beaucoup d’expertises sur ces sujets", commente-t-il.

Passer à l’échelle industrielle en 2025

Orano s’entoure alors de partenaires comme Paprec, MTB Manufacturing, Saft et le CEA-Liten (Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Énergies nouvelles et les Nanomatériaux). Regroupés dans un consortium, ils mettent au point un procédé permettant de purifier et de récupérer séparément les métaux (lithium, cobalt, nickel, etc.) contenus dans les batteries afin de les recycler pour fabriquer de nouveaux composants de batteries.

Le projet, baptisé REsolutION, a bénéficié de plusieurs financements au niveau français, via la Région Nouvelle-Aquitaine et le soutien du plan France Relance, et au niveau européen avec deux aides du programme-cadre de l’UE dédié à la R & D et l’innovation. Ce procédé innovant pourrait passer à l’échelle industrielle dès 2025. Orano confirme avoir entamé des discussions exploratoires avec les gigafactories et les constructeurs pour installer des unités industrielles au plus proche des besoins, notamment où sont stockées les batteries en fin de vie.

Des relais de croissance pour Bessines

Ce projet s’inscrit dans un projet plus vaste de redynamisation du site de Bessines et de ses 164 hectares. Orano y a investi pour renouveler certaines installations, permettant notamment la rénovation des laboratoires. Le site, dont les activités étaient orientées vers l’extraction de l’uranium et le traitement du minerai, s’est reconverti dans le développement de nouveaux procédés d’extraction de l’uranium, le développement des thérapies liées à l’utilisation d’éléments radioactifs pour traiter certains cancers, la gestion et la surveillance des anciens sites miniers, l’entreposage d’uranium appauvri et abrite un musée de la mine. Orano emploie 140 personnes à Bessines. Son centre d’innovation en métallurgie extractive réalise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.

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