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Luz Environnement déploie l’activité de son usine de réemploi de bouteilles de vin

Par Romain Béteille, le 12 septembre 2023

"Luz’ine" tourne. Depuis quelques mois, la start-up girondine Luz Environnement a industrialisé son concept de nettoyage et de réemploi de bouteilles de vin. Sa fondatrice Annie Le Deunff, entame une deuxième phase charnière et rêve déjà de dupliquer le concept.

Annie Le Deunff, fondatrice de Luz Environnement dans l'usine de réemploi installée à Verdelais (Gironde).
Annie Le Deunff, fondatrice de Luz Environnement dans l'usine de réemploi installée à Verdelais (Gironde). — Photo : Romain Béteille

Cela ne s’invente pas. Une usine de réemploi de bouteilles de vin qui investit les anciens locaux d’embouteillage Perrier… à Verdelais (Gironde). "Luz’ine" imaginée par la start-up Luz Environnement tourne enfin, après deux ans de mûrissement du projet industriel.

Depuis le mois de mars 2023, Luz est "dans l’opérationnel", ne cesse de répéter sa fondatrice Annie Le Deunff. La société, créée en 2019, a investi 2 millions d’euros - abondés par 770 000 euros de subventions (Ademe, Citeo, conseil régional), une poignée d’investisseurs privés et un prêt bancaire -, pour construire de toutes pièces son concept d’usine de lavage à la soude et de réemploi des bouteilles sur 1 500 m2 de bâtiment.

Gros gisements

Aidée par l’entrepreneur et agent immobilier girondin Philippe Algayon, qui a financé les travaux nécessaires à l’installation de Luz dans l’ancienne friche industrielle, la fondatrice a installé dans une partie de ces locaux de 9 000 m2 une chaîne de production dont la star est une laveuse, capable de traiter 1 500 bouteilles à l’heure. Réunissant quatre salariés, Luz fait aussi appel à des sous-traitants, comme le transporteur Vignobles Services.

Aujourd’hui, ses bouteilles proviennent en quasi-totalité de viticulteurs. "Je fais du nettoyage de bouteilles sans étiquettes qui sont restées dans les chais… Je leur demande aussi de ramener celles qu’ils réservent à l’œnotourisme. Les gisements peuvent aller de 8 000 à 110 000 bouteilles", affirme-t-elle. En fin d’année, Luz Environnement devrait en avoir remis un million dans le circuit.

"Le terrain est incontestablement plus favorable qu’il y a deux ans, mais il est glissant."

Aujourd’hui, elle déclenche la deuxième étape : capter de "gros gisements" de bouteilles consignées pour faire croître son chiffre d’affaires - qui devrait dépasser 500 000 euros cette année - et démocratiser le réemploi. "Je vise toujours les viticulteurs, mais j’attaque désormais les CHR, les traiteurs, organisateurs d’évènements, les coopératives… Le but est d’optimiser la collecte et de faire beaucoup de volume. La seule contrainte, c’est qu’il faut que dans chaque gisement on retrouve le même format de bouteille", explique la fondatrice de Luz.

Évangéliser le concept

Si le réemploi concerne aujourd’hui seulement 1 % des emballages ménagers, le ministère de la Transition écologique a fixé l’objectif d’atteindre 10 % en 2027. Une noble quête du retour de la consigne, de plus en plus dans les mœurs dans un contexte de forte inflation des prix du verre et du coût de l’énergie et alors même que le vignoble bordelais traverse une crise profonde.

"Le terrain est incontestablement plus favorable qu’il y a deux ans, mais il est glissant. Tout le monde en parle, mais il y a aussi beaucoup de greenwashing. De mon côté, j’essaie de convaincre les viticulteurs et de les coacher à la consigne, en quelque sorte", raconte Annie Le Deunff, pour qui il manque encore "une évolution législative sur la consigne pour pousser à sa généralisation". Et faire en sorte que les pouvoirs publics abondent le modèle, en subvention ou en foncier, pour multiplier des projets similaires.

Luz pense déjà à la suite, toujours dans ce même objectif : dupliquer son modèle encore en rodage. "Je suis en contact avec plusieurs investisseurs ailleurs en France, nous cherchons des friches à réinvestir sur des bassins viticoles. Il faudra rester local pour que le modèle fonctionne, mais j’espère pouvoir concrétiser cela dans un an ou deux".

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