Nouvelle-Aquitaine

Immobilier

L’Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine cherche à faire repartir le logement social

Par Romain Béteille, le 18 mai 2022

Inflation du coût des matériaux et des prix de l’énergie, zones tendues, foncier raréfié… l’heure n’est pas vraiment à la fête pour le logement social en Nouvelle-Aquitaine. L’Union régionale HLM tente de maintenir le dialogue pour rester dans la course des objectifs nationaux, déjà non atteints en 2021.

Muriel Boulmier, présidente de l’Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine.
Muriel Boulmier, présidente de l’Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine. — Photo : JDE

L’Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine, qui inaugurait cette semaine ses nouveaux locaux bordelais, en avait déjà fait le constat en janvier 2021 dans son "livre blanc" : "les besoins en logements sociaux sont particulièrement marqués dans les territoires de Nouvelle-Aquitaine". Dans ce document, on apprenait qu’il fallait en moyenne 14 mois de plus pour livrer une opération une fois son agrément obtenu "par rapport à un délai d’opération normale". Plus de 27 % des retards identifiés sont dus à des difficultés sur les permis de construire, tendance qui a augmenté de 39 % entre 2015 et 2018.

Une production en baisse

Avec la crise sanitaire et l’inflation du coût des matériaux (+40 % entre janvier 2021 et avril 2022), ce délai s’allonge encore. "Nous savons que des projets vont être abandonnés, mais pour l’instant nous ne mesurons pas combien. Nous nous installons dans une difficulté structurelle, il va falloir reparler de la réduction de loyer de solidarité (RLS). À force de penser que la famille HLM est un contributeur naturel au déficit du budget de l’État, on en arrive à avoir un déficit de logements sociaux…", déplore Muriel Boulmier, présidente de l’Union régionale.

Sur la région, la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP) traduisait déjà l’an dernier une notable perte de vitesse entre 2017 (10 226 agréments) et 2020 (7 805), notamment dans les zones tendues comme Arcachon, Bayonne, Bordeaux ou La Rochelle. Le constat du "décalage entre les possibilités de construire, les documents d’urbanisme et les discussions mettant en avant le défaut d’acceptabilité et l’aération des programmes", partagé récemment par le bailleur social Domofrance, n’aide pas à sortir de l’ornière.

Lever les freins à la construction

Pour chercher le consensus, l’organisme régional avance quelques pistes. D’abord l’idée d’une vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) inversée permettant aux organismes HLM de vendre des logements au privé.

L’Union régionale réfléchit aussi à un livret pour rappeler aux élus locaux que l’UHLM peut servir d’investisseur mais aussi d’aménageur pour aboutir à la manière la plus efficace de gérer la problématique foncière, notamment en "faisant du portage".

Des comités territoriaux enfin, censés "lever les freins" à la construction, réunissent les préfectures, la Banque des Territoires (principal financeur des bailleurs), l’Union régionale et les élus. Le premier d’entre eux s’est installé à La Rochelle en avril 2022, un second est "sur les rails" dans le Pays basque et un troisième, régional cette fois, arrivera en juin.

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