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Les vins de Bordeaux misent sur la RSE et le digital

Par Anne Cesbron, le 03 mai 2018

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) a dévoilé son plan stratégique « Bordeaux, ambitions 2025 ». Parmi ses priorités pour les 7 ans à venir, la responsabilité sociale et environnementale de la filière, une bannière pour regrouper les appellations et une stratégie digitale « relationnelle ».

Après un millésime 2017 éprouvant, le CIVB cherche des moyens pour développer la valeur et les volumes durablement. — Photo : CIVB/GOUSSARD

« Bordeaux, ambitions 2025 », le nouveau plan stratégique du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux a été présenté lors de l’assemblée générale de l’interprofession. « Pour développer la valeur et les volumes durablement », Allan Sichel, président du CIVB, ambitionne d’« embarquer tout le monde », techniciens, viticulteurs, négociants, et d’initier un cercle vertueux autour de la responsabilité sociale et environnementale (RSE). Pour ce faire, « aucune obligation, aucun seuil », le CIVB entend « convaincre ceux qui doivent faire leurs premiers pas ».

La RSE, impérieuse nécessité

Le contexte est particulièrement difficile pour les professionnels du vignoble bordelais : le millésime 2017, pour l'ensemble des appellations de Gironde, va devoir composer avec 3,5 millions d'hectolitres, soit une baisse de 39 % par rapport au millésime 2016. Alors ce plan stratégique « doit redonner un nouveau souffle à la filière ». À condition de prendre en compte les nouveaux enjeux nationaux et internationaux : « Bordeaux est challengé sur les marchés français et européens de plus en plus concurrentiels, la responsabilité sociale des entreprises est devenue une impérieuse nécessité pour les filières viticoles nationales, tant réglementaire que du point de vue des consommateurs ». Par ailleurs, les habitudes de consommation évoluent, le digital a bousculé lui aussi la donne. Enfin, « la marque Bordeaux est perçue comme chère, difficile d’accès pour le consommateur sur certains de nos marchés ».

Marque icône

« La diversité des vins de Bordeaux est une force, mais en termes de lisibilité pour le consommateur, c'est une faiblesse », souligne Lionel Chol, président du syndicat des négociants en vins de Bordeaux et de Gironde. Il  appelle de ses vœux un regroupement des appellations « sous une même bannière, autour de la ville de Bordeaux ». L’ambition : « une marque icône, dont tous les opérateurs seraient fiers », poursuit Allan Sichel, pour un segment intermédiaire (de 3 à 15 €) dont l’identité doit également être dynamisée. « Nous renouvelons l’affichage de cette volonté car nous ne sommes pas sortis du segment basique, les bouteilles à moins de trois euros représentant encore aujourd'hui 15 % des ventes ».

« Ambition marché et commercialisation », « marque et lisibilité de l’offre », « stratégie digitale relationnelle », les piliers de la stratégie du CIVB, s’articulent autour d’un message fort en matière sociale et environnementale, « en pointe », selon le représentant de l’État Philippe de Guénin. « Vous avez élaboré un consensus qui va vers plus de progrès », s’est félicité le directeur régional de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf). Et de revenir sur les aléas climatiques, le gel historique de 2017 qui appellent « des besoins de solidarité collective ». Les intentions sont partagées, reste à les faire fructifier.

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