Gironde

Vin

Les représentants du vignoble bordelais plaident pour l’arrachage de vignes

Par Romain Béteille, le 24 mai 2022

Lors de la dernière assemblée générale du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, la question de l’arrachage définitif de parcelles de vignes a occupé une large part des débats. Les représentants locaux préconisent des aides européennes pour sortir de l’ornière.

Bernard Farges, président et Allan Sichel, vice-président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB)
Bernard Farges, président et Allan Sichel, vice-président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) — Photo : Romain Béteille

"Une partie des surfaces plantées en Gironde doit avoir une autre destination. C’est à ce prix-là que l’on pourra redessiner la surface qui produira du vin pour mieux rebondir. Il faut réduire la voilure". Jean-Marie Garde, président de la Fédération des grands vins de Bordeaux, s’est montré plutôt catégorique lors de la dernière assemblée générale du Conseil Interprofessionnels des Vins de Bordeaux.

Revenus d’une évolution à la hausse des sorties à la propriété en 2021 à 4,2 millions d’hectolitres (contre 3,9 en 2020 et 4 en 2019) et des exportations (+30 % en valeur), les responsables de l’interprofession ont remis le sujet de l’arrachage des vignes sur la table. En cause : un écart qui se creuse entre des volumes de production en hausse et des performances de commercialisation qui peinent à suivre. "Cela se voit dans les chiffres globaux, dans les prix des vins en vrac de nombreuses AOC, dans les comptes des entreprises viticoles", a détaillé Bernard Farges, président du CIVB.

Recensement et soutien

Arracher des vignes (ce qui coûte 2 000 euros à l’hectare) serait donc une piste possible pour l’interprofession, même si percevoir une aide financière pour subventionner cet arrachage s’annonce compliqué. "La réglementation européenne ne permet pas d’accompagner financièrement ces mesures d’arrachage, nous voulons voir s’il est possible de la faire évoluer", détaille Allan Sichel, vice-président du CIVB. Il évoque d’autres pistes comme "l’abandon des AOP et la réorientation vers de l’IGP pour aller vers des vins plus faciles" à produire et à écouler.

Problème : les représentants du vignoble bordelais affirment être pour l’instant bien seuls à souffler l’idée de l'arrachage subventionné, alors même que d’autres vignobles sont concernés. "Si Bordeaux porte seul la question, le sujet est mort", glisse Bernard Farges, qui plaide pour "pouvoir arbitrer entre restructuration, investissements de chais et arrachage à l’échelle des régions viticoles". Un recensement est également en cours pour mesurer l'étendue du phénomène des vignes en friche (non cultivées) sur le vignoble bordelais (plus de 108 000 hectares). 

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