Gironde

Énergie

Impactée par le prix du gaz, la blanchisserie industrielle Les Lavandières d’Aquitaine maintient le cap

Par Astrid Gouzik, le 09 novembre 2022

Après avoir lourdement subi les répercussions du covid sur son activité dédiée à l'hôtellerie-restauration, la blanchisserie industrielle Les Lavandières d'Aquitaine, basée en Gironde, a vu sa facture de gaz exploser.

Louis Ducarre, dirigeant de Lavandières d'Aquitaine
Louis Ducarre, dirigeant de Lavandières d'Aquitaine — Photo : Les Lavandières d'Aquitaine

C’est les yeux rivés sur le cours du prix du gaz que Louis Ducarre a passé le plus clair de son été. Il n’est pourtant ni trader, ni courtier en énergie mais dirigeant d’une entreprise de blanchisserie industrielle, Les Lavandières d’Aquitaine, basée à Saint-André-de-Cubzac (Gironde). "Mon contrat gaz arrivait à échéance au mois de novembre, il fallait donc que je le renégocie. Depuis le mois de mai, je suivais quotidiennement l’évolution du prix du gaz et j’ai attendu pour être sûr d’obtenir les meilleures conditions possibles", relate ce chef d’entreprise employant 30 personnes.

18 % des charges de l’entreprise

Sa blanchisserie, créée en 2016 et spécialisée dans le linge pour hôtels et restaurants, utilise à la fois de l’électricité, pour faire tourner la machinerie, et du gaz pour chauffer l’eau, sécher le linge et le repasser. La question du coût de l’énergie est donc centrale dans son activité. "En décembre 2021, mon contrat gaz avait déjà été revu à la hausse. Le prix de la molécule de gaz avait subi une hausse de 60 % sur le contrat en cours", détaille Louis Ducarre. Puis, lorsque son contrat a été renégocié, le prix a encore fortement augmenté. "Je suis passé de 2,6 centimes la molécule à 16 centimes. Le prix que je paye pour le gaz a été multiplié par 6 entre novembre 2021 et novembre 2022", déplore le dirigeant qui affirme que 18 % de ses charges désormais sont liées à cette seule énergie. "Le contexte actuel ne met pas en péril la pérennité de mon entreprise. Mais je vais devoir répercuter ces hausses sur mes clients", anticipe-t-il.

Dès 2021, l’entreprise avait pourtant investi environ 800 000 euros, financés par un crédit-bail et une aide de la Région, pour réduire sa facture énergétique et son empreinte environnementale. Un échangeur a été installé afin que l’eau entrante soit réchauffée par l’eau évacuée. Et les séchoirs avaient été changés contre des moins gourmands en énergie. Louis Ducarre a ainsi réduit de 30 % la consommation électrique globale de son entreprise. De quoi atténuer le poids des charges supplémentaires mais pas de les effacer.

De nouveaux projets

"Heureusement, j’ai encore deux ans devant mois avant que mon contrat pour l’électricité n’arrive à échéance. Pour certains de mes confrères, le prix de l’électricité a été multiplié cinq", relate-t-il.

Pour les Lavandières d’Aquitaine, le coup est d’autant plus rude que l’entreprise sortait juste la tête de l’eau après deux années catastrophiques liées au Covid puisque ses clients hôteliers et restaurateurs avaient été fermés pendant de longs mois. "Nous avions connu deux ans de perte avec le Covid. L’année 2022 va être meilleure avec un chiffre d’affaires d’1,6 million d’euros mais on attaque 2023 avec de nouvelles incertitudes", admet Louis Ducarre.

Le dirigeant ne verse pas pour autant dans le pessimisme. L’entreprise avait des projets de croissance externe et de construction de bâtiment mis de côté avec le Covid. Aujourd’hui, les projets de croissance externe sont de nouveau envisagés. "Je préfère continuer à mener des projets plutôt que d’attendre et subir", conclut-il.

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