Dordogne

Textile

Fargeot-Podowell installe un nouveau centre d’innovation et de logistique en Gironde

Par Romain Béteille, le 30 novembre 2022

Ce jeudi 1er décembre 2022, la société périgourdine Fargeot-Podowell, qui fabrique des chaussures thérapeutiques, des chaussons et des charentaises, inaugure un nouveau bâtiment de 4000 m2 à Saint-André-de-Cubzac, en périphérie de Bordeaux (Gironde). Elle entend en faire son nouveau "centre névralgique" et continuer d’investir sur son site de production historique.

Le nouvel entrepôt logistique de Fargeot à Saint-André-de-Cubzac (Gironde)
Le nouvel entrepôt logistique de Fargeot à Saint-André-de-Cubzac (Gironde) — Photo : Fargeot

C’est une institution, l’une des trois dernières sociétés françaises à fabriquer des charentaises avec la technique du cousu retourné, et elle sort de son berceau historique. À Saint-André-de-Cubzac (Gironde), les nouveaux locaux de 4 000 m2 de la société Fargeot-Podowell, originaire de Thiviers (Dordogne), ont représenté un investissement de 4 millions d’euros. Une dépense stratégique pour l’actuel PDG de la société, Alexandre Bataille, qui a repris les rênes en 2016.

Un nouveau centre névralgique

Employant 105 personnes pour un chiffre d’affaires de 19,5 millions d’euros, Fargeot entend faire de ce nouveau site "le centre névralgique de l’entreprise, qui regroupera à terme les fonctions supports, l’innovation, la R & D, le marketing, la finance, le commercial, et un centre logistique". Fab Lab et espace de prototypage inclus, l’ambition est d’y "penser les produits de demain, qui seront fabriqués à Thiviers", résume Alexandre Bataille. "Le but sera aussi d’être en capacité de proposer de nouveaux métiers à un maximum de gens. Dire qu’il n’y aura pas de casse serait illusoire, mais nous voulons avant tout pérenniser l’entreprise. La transition sera lente, le transfert des différentes parties sera fait au fur et à mesure, le tout pour trouver un équilibre entre les deux sites".

Fargeot, qui envisage de recruter 20 personnes supplémentaires en 5 ans grâce à cette réorganisation, espère de nouvelles aides pour réinvestir dans l’outil de production en Dordogne. "Le site n’a pas eu droit à de nouveaux investissements depuis au moins 30 ans. Nous souhaitons en faire une usine 4.0 avec de nouvelles machines et de nouveaux systèmes de production pour gagner en productivité", ajoute le PDG. Il faut dire que le business de Fargeot a beaucoup évolué depuis la reprise en 2016. Réalisant aujourd’hui les trois quarts de son chiffre d’affaires sur la chaussure thérapeutique, soit 500 000 paires par an vendues en pharmacie et dans des magasins de matériel médical, l’entreprise continue de fabriquer des charentaises (150 000 paires) et des chaussons (500 000 paires) et d’innover pour rajeunir sa clientèle.

Des ambitions internationales

Un objectif autant qu’une nécessité face au grignotage du marché de la chaussure par les entreprises chinoises, et ce, même si les chaussons de Fargeot ont connu un regain d’intérêt depuis le Covid. "Le chausson a mieux résisté à la concurrence étrangère. Le virage médical a été pris en fabriquant de plus petites séries, sur des volumes qui intéressent moins les Chinois". Depuis le changement de direction, Fargeot-Podowell a créé trois marques : les chaussettes de confort Podosolution, les charentaises Chausse Mouton (1 M€ de CA en trois ans) et les chaussures thérapeutiques Pulse cette année, destinées à un public plus jeune (à partir de 40 ans).

"Nous avons redonné un look à la charentaise, qui a multiplié son volume de production par trois", affirme Alexandre Bataille. La société, qui exporte majoritairement en Europe (environ 15 % de son activité) veut continuer à développer ses ventes à l’international. Avec ses projets présents et futurs, elle espère atteindre "25 à 30 millions" d’euros de chiffre d’affaires d’ici à cinq ans, conclut le chef d’entreprise. "Nous en avons la capacité".

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