Nouvelle-Aquitaine

Immobilier

Domofrance renouvelle ses ambitions régionales

Par Romain Béteille, le 10 mai 2022

Le bailleur social Domofrance poursuit sa course à la production de logements dans un contexte inflationniste et contraint. Assurant 20 % de la production des logements sociaux néo-aquitains, il essaime son offre pour faire face à des zones géographiques sous tensions.

Francis Stéphan, directeur général et Philippe Rondot, président de Domofrance sur le site de la Zac Bastide Niel à Bordeaux.
Francis Stéphan, directeur général et Philippe Rondot, président de Domofrance sur le site de la Zac Bastide Niel à Bordeaux. — Photo : Anne Cesbron

Rester sur le même cap, malgré un contexte tendu. C’est l’objectif affiché par le bailleur social Domofrance (242 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021), qui a récemment tiré le bilan de son année 2021. Il chiffre à 1 710 le nombre d’agréments obtenus pour la construction de nouveaux logements soit 20 % de la production régionale, et à 1 700 l’objectif pour 2022.

Déploiement régional

Plus de 50 % de ces agréments sont situés en dehors de la Gironde, une première pour l’opérateur bordelais, filiale du groupe Action Logement, qui continue son essaimage régional. En Corrèze, par exemple, Domofrance a récemment hérité du pilotage d’une nouvelle Société Anonyme de Coordination, Action et Territoire. Elle va investir 100 millions d’euros sur cinq ans pour construire 70 à 100 logements par an et en réhabiliter 1 200.

"Notre déploiement régional commence à être intégré par les territoires. Nous sommes le premier producteur de logements en Dordogne, Lot-et-Garonne et Gironde et dans le top 3 pour les Landes, les Pyrénées Atlantiques et la Charente-Maritime. D’un autre côté, cela traduit aussi un important report dû à la difficulté de produire du logement sur la métropole bordelaise", précise Francis Stephan, directeur général de Domofrance.

Les nouvelles normes environnementales et la réduction de l’artificialisation expliquent notamment la difficulté d’accès au foncier, "avec également des contraintes administratives et une acceptabilité réduite des riverains pour la construction de projets", explique le responsable. Ainsi, sur la métropole bordelaise en 2021, "les bailleurs sociaux ont réalisé 75 % de leurs objectifs, 90 % en Gironde. On craint de ne pas y arriver cette année encore".

Course de fonds

Le contexte inflationniste, autant sur les taux d’endettement que le coût du foncier ou l’envol du prix des matériaux de construction, "qui ont pris 20 % en six mois", rendent l’équation du bailleur périlleuse. "En théorie, une partie des surcoûts est absorbée par la taille des opérations, mais il y a des pressions pour la réduire et nous abandonnons des projets par manque d’équilibrage", déplore Francis Stephan. "Nous arrivons au bout d’un système bloquant et inflationniste", termine ce dernier, précisant que 148 000 personnes sont toujours en attente d’un logement social dans la région.

La renégociation future du partenariat entre Domofrance et la Banque des Territoires, signé en 2020 pour une enveloppe de 710 millions d’euros, rend le responsable prudent. "Notre niveau d’ambition va être déterminé par les orientations et les engagements pris par le nouveau gouvernement", souligne Francis Stephan. D’autant que le coût estimé de la neutralité carbone du bailleur en 2050 "dépendra de la manière dont nous sortirons de la crise énergétique. Nous savons que les investissements vont être coûteux, la filière de construction n’est pas entièrement en place. Nous avons fléché 700 millions d’euros sur dix ans pour éradiquer les étiquettes E, F et G de notre parc, baisser fortement les consommations et décarboner nos productions nouvelles".

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