Gironde

Ingénierie

Dioxycle veut recycler le dioxyde de carbone des industriels

Par Romain Béteille, le 15 juin 2022

Née fin 2020 à Pessac, près de Bordeaux, la start-up Dioxycle a l'ambition de revaloriser le dioxyde de carbone échappé des sites industriels en produits chimiques ou carburants durables. Encore en phase de recherche, elle prévoit de faire des essais en conditions réelles dès 2023. 

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (au centre) en visite dans les locaux de Dioxycle, fondé par Sarah Lamaison et David Wakerley.
Le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (au centre) en visite dans les locaux de Dioxycle, fondé par Sarah Lamaison et David Wakerley. — Photo : Romain Béteille

Recycler la pollution industrielle, c’est le défi que s’est imposé Dioxycle, start-up créée à Pessac (Gironde) par Sarah Lamaison, 28 ans, et David Wakerley, 32 ans, deux chercheurs coauteurs d’une thèse sur le stockage de l’énergie et la valorisation du dioxyde de carbone (CO2).

Une économie circulaire du carbone

L'idée développée par Dioxycle est d' "utiliser le carbone contenu dans le CO2 comme une ressource pour fabriquer des produits du quotidien comme du textile, du plastique ou des produits pharmaceutiques. Nous voulons proposer aux industriels une solution pour réduire leurs émissions de façon économiquement viable en revalorisant leur CO2. Nous essayons de réinventer une chimie qui découle du CO2 et non plus du pétrole", explique Sarah Lamaison.

Le principe repose sur une technologie d’électrocatalyse basse température, qui va capturer le CO2 des industriels et le traiter dans des containers modulables. Imitant ainsi le procédé de la photosynthèse pour les plantes, l’entreprise souhaite créer une économie circulaire du carbone permettant la production de produits chimiques ou de carburants durables (comme l’éthanol).

Vers une étape de démonstration

Ciblant des industries réputées "difficiles à décarboner" comme le ciment, l’acier ou l’aéronautique, Dioxycle a livré en janvier 2022 une première preuve de concept "capable de convertir 10 kg de CO2 par jour, soit 1 400 fois ce que nous convertissions à l’échelle du premier laboratoire", précise Sarah Lamaison. "Nous continuons à travailler sur la manufacture du prototype. La prochaine étape sera la démonstration sur sites en conditions réelles". Des discussions sont en cours et devraient aboutir en 2023.

L’entreprise est la seule européenne soutenue financièrement par un don (montant non dévoilé) du programme BE Follows de l’organisation Breakthrough Energy, fondée par Bill Gates. Aujourd’hui composée de dix employés et hébergée au sein du plateau de transfert technologique Chem’Innov à Pessac, elle espère recruter cinq à dix personnes d’ici à fin 2022. Également soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine et lauréate du concours d’innovation i-Lab, elle espère bientôt lever des fonds pour accompagner son développement.

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