Gironde

Environnement

À Bègles, Véolia optimise le recyclage des déchets d’ameublement avec Rob’Inn

Par Romain Béteille, le 28 juin 2022

Depuis quelques mois, le centre de tri de Bègles du groupe Véolia accueille un nouvel employé : un bras mécanique automatisé breveté et baptisé "Rob’Inn". Son rôle : améliorer l’efficacité et la capacité du tri et du recyclage des déchets d’ameublement provenant des déchetteries. Son utilisation permet ainsi de faire évoluer les compétences des opérateurs.

Le robot Rob’Inn, breveté par Veolia, en démonstration sur le centre de tri de Bègles (Gironde)
Le robot Rob’Inn, breveté par Veolia, en démonstration sur le centre de tri de Bègles (Gironde) — Photo : Romain Béteille

Il est installé sur le centre de tri de Véolia à Bègles (10 M€ de CA, 40 salariés) depuis le début de l’année mais son inauguration est toute récente. Lui, c’est Rob’Inn, un robot de tri automatisé comprenant un bras robotisé et des pinces adaptées pour améliorer la revalorisation des déchets d’éléments d’ameublement (DEA).

Le bras armé du recyclage

"Il permet d’optimiser la qualité de travail et de faire évoluer les compétences de nos opérateurs", assure le directeur du pôle aquitain de Veolia, Jean-Christophe Poultier. Il améliore aussi la capacité industrielle de traitement, qui grimpe à 24 000 tonnes annuelles (contre 19 000 tonnes en 2021 et 16 000 tonnes en moyenne), sur un site qui traite chaque année 80 000 tonnes de déchets (bois, papier, carton, ferraille, plastique…). Son débit est deux fois plus rapide que celui d’un ouvrier équipé d’une pelle mécanique et il peut traiter jusqu’à six tâches à la fois.

Surtout, il améliore l’efficience d’un autre équipement installé sur place par Véolia en 2013 : sa ligne de production de CSR (combustible solide de récupération), composée de mousses rembourrées et d’éléments partis au refus de tris. Elle est notamment destinée à alimenter les chaudières de cimentiers comme Calcia ou Lafarge "et demain des papetiers comme Condat, en Corrèze", assure le responsable. Le but : réduire les recours aux énergies fossiles, comme le gaz et le fioul, dont ces industriels sont des grands consommateurs. Veolia, qui commercialise 15 000 tonnes de ce CSR, a une capacité de production de 20 000 tonnes à Bègles. Le tri de la matière à transformer est ainsi optimisé par Rob’Inn, qui permet de recycler 5 à 8 % de bois supplémentaire et au centre de tri d’atteindre un taux de valorisation de 100 % et un taux de recyclage supérieur à 65 %, toutes matières confondues.

Efficient et évolutif

Ce robot de marque allemande Kuka est issu d’un développement entre Veolia et l’entreprise de robotique spécialisée en intelligence artificielle Siléane, basée à Saint-Etienne (Loire). Il est contrôlé à distance par un opérateur dans une cabine via un écran tactile et équipé de "4 caméras qui gèrent la volumétrie de la pièce", assure Kiram Mahmoud, responsable d’exploitation.

Il est aussi doté de tapis roulants et de conduits destinés à recueillir les différents types de matériaux. Ces derniers comprennent essentiellement du bois (60 %) recyclé pour fabriquer des panneaux de particules, notamment dans l’usine Egger de Rions-des-Landes. On y recycle aussi de la ferraille (destinée à la métallurgie), du plastique et des matières mousseuses ou rembourrées, comme les matelas, transformées en combustible solide de récupération. Le dispositif Rob’Inn a coûté 2,3 millions d’euros dont 400 000 euros pour le seul robot, et a été soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine (250 000 euros) et l’ADEME (108 000 euros). Installé dans un bâtiment construit en 2014 dont la toiture a été réhaussée, le système est déjà implanté par Veolia dans ses centres de Villeneuve Loubet (Alpes-Maritimes) et Chermignac (Charente-Maritime).

Le groupe est "en réflexion sur Bordeaux, Toulouse et d’autres métropoles pour installer de nouvelles lignes CSR", assure le porte-parole, évoquant la possibilité de les coupler à d’autres Rob’Inn. Enfin, assure-t-il, "l’outil est évolutif. D’autres filières REP (Responsabilité Elargie des Producteurs) sont en train de se mettre en place pour revaloriser des articles de sport, de jardin, ou des déchets de la construction".

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition