Bordeaux

Énergie

ADV Propulse manœuvre vers l’industrialisation

Par Anne Cesbron, le 27 décembre 2021

La filiale d’ADV Tech, dédiée à la propulsion hydrolienne maritime, prend le cap de l’industrialisation. Une levée de fonds attendue en début d’année 2022 doit accompagner sa technologie de rupture vers de plus hauts rendements. En ligne de mire : le marché des bateaux de plaisance, puis ceux du transport maritime et militaire.

Selon Jean-Louis Baritiu, directeur général, ADV Propulse travaille, avec Naval Group et ses partenaires capitalistiques, sur le temps long pour atteindre le mégawatt.
Selon Jean-Louis Baritiu, directeur général, ADV Propulse travaille, avec Naval Group et ses partenaires capitalistiques, sur le temps long pour atteindre le mégawatt. — Photo : Anne Cesbron

À bord de deux semi-rigides du centre d’expertise des programmes navals de Toulon, ADV Tech accélère. Précisément, c’est sa filiale ADV Propulse (11 salariés, 120 000 euros de CA en 2021), créée en juin 2020, qui vient d’équiper deux bateaux pneumatiques militaires pour des tests, dans le sillage de marchés potentiels. L’entreprise fondée en 2012 à Cassy sur le bassin d’Arcachon, par Arnaud Curutchet, docteur en électronique, développe des technologies de rotor basées sur le mouvement trochoïdal de pales verticales, inspiré du mouvement de la queue des poissons.

Une technologie validée avec Naval Group

Dans le marché très concurrentiel de l’éolien, ADV Tech décide en 2017 de déployer sa voilure sur la propulsion maritime de 10 à 50 kW et lève 350 000 euros auprès de business angels. "La deuxième bascule est intervenue en 2019, avec des essais réalisés en bassins de carène à l’École Centrale de Nantes aux côtés de Naval Group", rappelle Jean-Louis Baritiu, directeur général. Après trois mois de calculs, les résultats sont publiés, le potentiel de la technologie est validé : la solution d’ADV Propulse permet un gain énergétique de 15 % grâce notamment à sa faible vitesse de rotation, pour neuf fois moins de bruit qu’une hélice et une manœuvrabilité inégalée. "Avec Naval Group, nous sommes dans le temps long, sur de fortes puissances, supérieures au mégawatt, en lien avec leurs bâtiments militaires et civils", se projette Jean-Louis Baritiu.

En attendant ADV Propulse trace sa feuille de route qui doit la mener des 2 kilowatts de ses premiers propulseurs aux navires les plus puissants. La plaisance à voile constitue la prochaine étape de cette transat technologique. "Des discussions entamées lors du dernier salon nautique du Grand Pavois à la Rochelle sont en cours avec les acteurs de référence du monde de la plaisance de la région pour intégrer nos systèmes complets à leurs futurs projets, sur des embarcations de 10-24 mètres", se félicite le directeur général qui fixe à fin 2023, l’équilibre financier d’ADV Propulse. La prometteuse Beyond the Sea à La Teste-de-Buch a déjà passé commande.

Lauréat d’un projet d’État

ADV Propulse est par ailleurs embarquée à bord du projet CTV-ZEST – CTV pour Crew Transfer Vessel –, consortium piloté par Louis Dreyfus Armateurs qui développe un prototype de navire de transfert de personnel pour l’éolien offshore. CTV-ZEST figure parmi les sept lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt 2020 dédié à la décarbonation des activités des industriels de la mer, lancé par le Corimer, le Comité d’orientation de la recherche et de l’innovation des industriels de la mer. Les propulseurs girondins doivent maintenant s’adapter aux autres usages nécessitant rapidité et manœuvrabilité, tels les secours en mer ou les interventions militaires.

Maîtrise de la chaîne complète

Pour ce faire, une deuxième levée, "significativement plus importante que la première", est en cours de finalisation. À l’issue de ce tour de table, Arnaud Curutchet restera majoritaire. "Ces fonds permettront de financer le projet CTV-ZEST et de passer en mode industriel pour les bateaux de plaisance", précise le dirigeant. Ces objectifs s’accompagneront d’un doublement des effectifs et d’un déménagement. "Nous tenons à conserver en un même lieu la chaîne complète depuis le calcul, le prototypage, les essais, jusqu’à l’industrialisation", précise le directeur général. L’entreprise actuellement hébergée au sein de 150 mètres carrés aux Arts et Métiers à Talence rêve de jeter l’ancre dans un bâtiment six fois plus grand.

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