Gironde

Métallurgie

Témoignage Acmes : "Nous passons de 2 000 euros par an d'électricité à une estimation de 20 000 euros"

Par Romain Béteille, le 10 novembre 2022

La société Acmes, spécialisée dans la menuiserie, serrurerie et métallerie, a investi 2 millions d’euros dans de nouveaux locaux plus grands à Blanquefort (Gironde). Dans le même temps, face à une consommation en hausse suite à un investissement important, elle a vu sa facture énergétique flamber.

L’atelier d’Acmes reste en Gironde mais déménage d’Eysines à Blanquefort
L’atelier d’Acmes reste en Gironde mais déménage d’Eysines à Blanquefort — Photo : ACMES

C’est un déménagement qui coûte cher. En novembre, la société girondine Acmes (1,3 M€ de CA en 2020) devient propriétaire d’un bâtiment de 1 300 m2 à Blanquefort et quitte ses 900 m2 loués à Eysines. Un investissement de deux millions d’euros pour ce sous-traitant de Vinci, Bouygues, Fayat ou Colas, spécialisé en menuiserie, serrurerie et métallerie. Entre-temps, l’entreprise que Benoît Pierre a rachetée en 2019 a investi 90 000 € dans une table à plasma pour accélérer sa découpe, un outil très énergivore qui l’a obligé à changer son type de compteur… et fait flamber sa facture. "Nous passons de 2 000 ou 3 000 € par an à une estimation entre 20 000 et 25 000 €. Les prix du tarif bleu sont encore protégés, mais ceux du jaune sont au prix du marché. Nous avons fait cette estimation en septembre, à un moment où les prix commençaient à redescendre… ça a été la douche froide", témoigne le patron d’Acmes, qui regroupe aujourd’hui dix salariés et devrait dépasser 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2022.

Décaler des investissements

"Nous aurons des marges bien plus faibles, au niveau de la trésorerie ce sera difficile avec un bénéfice net annuel de 50 000 euros." Le responsable, qui ne craint pour l’heure pas pour la pérennité de son entreprise, reste inquiet pour les mois à venir. "Ma grosse crainte, c’est une explosion du coût des matières premières lorsque la paix en Ukraine arrivera et qu’il faudra reconstruire. Deux mois après les explosions de Beyrouth (2020), le verre a subi une augmentation de 15 % en France. Les aciéries ukrainiennes, dont l’une est la plus grosse d’Europe, sont à l’arrêt…", poursuit Benoît Pierre.

Au niveau des conséquences directes, le repreneur s’attend déjà à décaler des investissements. "Je vais maintenir l’activité mais il n’y aura pas de prime de fin d’année… On va chercher des économies ailleurs. C’est assez rageant car le bâtiment est flambant neuf, aux nouvelles normes avec une isolation renforcée. Je sais que je ne pourrai pas agir sur sa structure pour faire baisser ma consommation".

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