Seine-Maritime

Industrie

Veolia reprend le site Chapelle Darblay

Par Robert Querret, le 11 mai 2022

Reprise par Veolia au terme d’un long feuilleton sur fond de démantèlement, l’usine Chapelle-Darblay de Grand-Couronne, dans l’agglomération de Rouen, va retrouver son activité papetière. À moyen terme, elle devrait produire 400 000 tonnes par an de papier pour carton d’emballage à partir de produit recyclé et employer 250 personnes.

Veolia a repris officiellement, mardi 10 mai, le site Chapelle Darblay de Grand-Couronne.
Sur la photo (au centre) : Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole Rouen Normandie, et Jean-François Nogrette, directeur de la zone France et déchets spéciaux Europe du groupe Veolia.
Veolia a repris officiellement, mardi 10 mai, le site Chapelle Darblay de Grand-Couronne. Sur la photo (au centre) : Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole Rouen Normandie, et Jean-François Nogrette, directeur de la zone France et déchets spéciaux Europe du groupe Veolia. — Photo : Robert Querret

C’est l’aboutissement d’un véritable combat mené par les salariés et les autorités locales pour sauver le site papetier Chapelle Darblay à Grand-Couronne, près de Rouen. "Une étape absolument décisive", se félicite Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole Rouen Normandie, le mardi 10 mai, lorsqu’il remet symboliquement la clé de l’usine à Jean-François Nogrette, directeur de la zone France et déchets spéciaux Europe du groupe Veolia. Un aboutissement rendu possible suite au droit de préemption actionné par la collectivité locale dans le rachat du site de 33 hectares en bord à quai sur la Seine puis de l’outil industriel mis en vente par UPM.

Le matin même, la Métropole en avait fait l’acquisition auprès du groupe finlandais UPM, son désormais ex-propriétaire qui l’aura maintenu en état 2 ans et 8 mois après sa fermeture. Mais la Métropole n’ayant pas l’intention de devenir papetier, elle n’en aura conservé la possession que quelques heures.

Le montant de la transaction s’établit à 9,6 millions d’euros dont 6 millions pour l’usine et 3,6 millions pour les équipements. Le coût résiduel de l’opération pour la métropole s’établira autour de 100 000 euros, indique Nicolas Mayer-Rossignol.

Un investissement de 120 millions d’euros

Si le président Mayer-Rossignol évoque "une belle journée pour l’industrie française et pour l’économie circulaire", le préfet de la région Normandie et de la Seine-Maritime, Pierre-André Durand, souligner un "dossier complexe" avant de saluer "la modalité originale de la préemption".

Et s’il reste de nombreuses questions administratives, notamment environnementales, à traiter avant que la première fumée vienne témoigner de la reprise effective de la production, les nouveaux acteurs vont maintenant pouvoir se mettre au travail. Veolia prévoit ainsi un investissement de 120 millions d’euros et précise que les négociations pour le financement de cette somme auprès des banques vont démarrer. À moyen terme, l’industriel prévoit une production de 400 000 tonnes par an de papier pour carton d’emballage (PPO) à partir de produit recyclé et l’embauche de 250 personnes.

Une co-entreprise avec le papetier Fibre Excellence qui exploitera l’usine de Grand-Couronne va être constituée indique François Vessière, en charge du projet normand chez le papetier canadien qui exploite déjà deux usines en France (Provence et Saint-Gaudens). L’une pour la pâte à partir de fibres de bois, et l’autre pour le carton d’emballage. Celle de Grand-Couronne ne produira plus de papier journal à partir de papier recyclé dont elle fut pionnière, mais du papier pour carton d’emballage. L’approvisionnement du site avec cette matière première restera largement axé, sur le mode fluvial.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition