Le Havre

Assurance

SPB veut devenir un acteur majeur de l'assurance embarquée

Par Sébastien Colle, le 15 juin 2021

Après la mise en place d'un plan de restructuration de 12 millions d'euros, suite aux difficultés rencontrées pendant la crise du Covid-19, l'assureur havrais SPB oriente sa stratégie vers l'assurance embarquée et un développement accru à l'international.

Touché de manière significative par la crise du coronavirus, l'assureur havrais SPB a dû mettre en place un plan de restructuration à hauteur de 12 millions d'euros.
Touché de manière significative par la crise du coronavirus, l'assureur havrais SPB a dû mettre en place un plan de restructuration à hauteur de 12 millions d'euros. — Photo : Vincent Rustuel - Angels'Sea Studio - LHD

Touché de manière significative par la crise du coronavirus, l’assureur havrais SPB (1 800 salariés, 198 M€ de CA en 2019), spécialiste des assurances affinitaires (extensions de garantie pour smartphones, produits high-tech, bancaires, voyages, mobilité, énergie, santé…), a mis en place le plan "Résilience 2020" afin de diminuer le nombre de ses sites et réduire ses coûts de structure de 12 millions d’euros.

Le plan comprend également 230 suppressions de postes sur l’ensemble du groupe (présent dans plusieurs pays en Europe mais aussi aux États-Unis, en Afrique du Nord et en Asie), dont 110 postes en France sur 560 collaborateurs au total. Au total, au sein du groupe SPB en Europe, le nombre de sites est passé de 20 à 10. Le plus gros des effectifs supprimés se situe en Normandie avec 60 postes au Havre et la fermeture du site d’Alençon, dans l’Orne, qui représente 40 postes. Une dizaine de postes sont également supprimés à Paris, où le courtier a regroupé ses salariés (activités d’assurance et services) sur un unique site à La Défense (une centaine de personnes).

Le courtier havrais, qui réalise une grande partie de ses ventes d’assurances dans des points de vente physiques, a enregistré une forte baisse des souscriptions lors du premier confinement, de l’ordre de 65 %. Il anticipe une baisse de son chiffre d’affaires de 16 %, passant de 198 millions d’euros en 2019 à 167,5 millions d’euros en 2020 (et un effectif ramené à 1 500 salariés). "Cette crise sanitaire doit être une opportunité pour SPB de se réinventer pour devenir plus agile, plus innovant et encore plus numérique", souligne Jean-Marie Guian, président de SPB.

Offres d’assurance personnalisées

Après cette année difficile, SPB a réfléchi à son positionnement et choisi d’orienter sa stratégie de développement vers l’assurance embarquée, qui permet de proposer "spontanément des produits lors des actes de la vie courante, décrit Jean-Marie Guian. La crise nous a amenés à clarifier la stratégie, avec un groupe d’assurance et services très tourné vers le consommateur et l’ambition d’être leader des assurances et services du quotidien. Dans cette optique, l’assurance embarquée va porter la croissance du groupe, notamment grâce à la simplification du parcours d’achat des produits."

Jean-Marie Guian, président du directoire du groupe SPB.
Jean-Marie Guian, président du directoire du groupe SPB. - Photo : SPB

Une nouvelle approche rendue possible grâce à une interface de protocole d’application (API) qui permet une connexion entre différents systèmes pour leur permettre d’échanger des données (bases de données, sites, applications, services…) et qui doit amener l’assureur havrais à disposer d’une distribution totalement intégrée (plateforme) et de nouvelles modalités de gestion (dont des interactions instantanées avec le consommateur). Le président de SPB veut croire à la maturité des consommateurs en matière de données personnelles pour souscrire avec des canaux de distribution alternatifs en complément des canaux traditionnels. "Il y a aujourd’hui acceptation des consommateurs à partager des données personnelles. L’exploitation de la data permettra de proposer des couvertures assurantielles en complément d’autres produits et services intégrant des API et de créer de la valeur avec des offres hyper personnalisées." Une technologie qui doit permettre d’accroître le potentiel de développement du secteur de l’assurance, avec une estimation à plusieurs dizaines de milliards d’euros de primes en Europe.

Vers 80 % de l’activité à l’international

Alors que SPB a dû renoncer à son développement en Scandinavie suite à la crise sanitaire, l’assureur souhaite maintenir sa présence dans les 17 pays où il est déjà présent (Europe, États-Unis et Tunisie). "En 2021, la majorité de nos effectifs sera hors de France. C’est une évolution forte du groupe et nous allons poursuivre ce développement à l’international", acte Jean-Marie Guian. Alors qu’il souhaite maintenir l’indépendance du groupe, le président du directoire de SPB entend poursuivre sa diversification à l’international en Europe du Nord et vers les Balkans : "Nous étions en phase d’acquisition d’une société au Danemark. Nous ne renonçons pas à la Scandinavie, nous y retournerons dès que nous aurons absorbé cette crise".

À long terme, l’ambition du groupe SPB est de porter à 80 % la part de son activité à l’international, mais sans se désengager du marché français, précise Jean-Marie Guian : "Je reste très francophile mais, comme nous sommes sur un métier de niche, notre vocation est un développement à l’international pour croître. Et nous avons pu constater que l’international nous a aidés pendant la crise."

Touché de manière significative par la crise du coronavirus, l'assureur havrais SPB a dû mettre en place un plan de restructuration à hauteur de 12 millions d'euros.
Touché de manière significative par la crise du coronavirus, l'assureur havrais SPB a dû mettre en place un plan de restructuration à hauteur de 12 millions d'euros. — Photo : Vincent Rustuel - Angels'Sea Studio - LHD

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