Industrie

Seine et Manche : En attente d'un slipway

Par la rédaction, le 06 juin 2014

naval Le chantier naval Seine et Manche de Fécamp doit mettre à l'eau mi-juin son cinquième bateau : le Viracocha. Alors qu'il monte en puissance, le chantier naval reste en attente de la mise en place d'un slipway (rampe inclinée) pourtant promis à son arrivée.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Installé à Fécamp fin 2011, le chantier naval Seine et Manche doit mettre à l'eau, mi-juin, son cinquième bateau : le Viracocha. Dock flottant conçu par le Cabinet Lebéfaude, propriétaire du chantier naval Seine et Manche, pour l'armateur Boat entreprise, le Viracocha est un engin de servitude destiné au levage des navires pour entretien, contrôle et réparation. Le navire interviendra sur le bassin de la Seine et en grande majorité sur Paris. D'une largeur hors tout de 42 mètres, d'un poids lège de 188 tonnes et d'un port en lourd de 300 tonnes, le dock flottant est également conçu pour respecter l'environnement. Il est ainsi doté des moyens nécessaires au recueil des eaux de carénage, stockées dans des capacités particulières pour être ensuite évacuées vers des usines de traitement adaptées.




26.000 heures de travail

Entièrement construit au chantier naval Seine et Manche de Fécamp, de novembre 2013 à mai 2014, le Viracocha a nécessité 26.000 heures de travail aux salariés du chantier, auxquelles s'ajoutent 1.500 heures pour les sous-traitants, dans des domaines comme la soudure, la chaudronnerie ou encore l'électricité. Plus gros navire construit depuis la création du chantier naval, le dock a nécessité, préalablement, la construction d'un marbre spécifique, et également un système de mise à l'eau particulier pour procéder à son lancement par le travers, procédé rarement utilisé en France. Une rampe de lancement qui a nécessité un investissement important pour le chantier naval, de l'ordre de 300.000€. « Et ça, ce n'était pas prévu ! Mais indispensable pour répondre aux clients », explique Wandrille Lebéfaude, directeur du chantier naval.




Dans l'attente d'un slipway

Avec cette cinquième coque mise à l'eau en deux ans d'activité par le chantier naval fécampois, dont une maison flottante, la remise en état d'une drague ou la transformation d'un bateau existant, le directeur de Seine et Manche, estime ses objectifs : « Atteints voire dépassés, avec aujourd'hui 25 employés sur le chantier ». Pourtant, il manque une pierre à l'édifice du chantier naval : un slipway, rampe inclinée permettant de hisser hors de l'eau les navires. « Notre implantation à Fécamp était motivée par la mise en place d'un slipway qui devait être reconstruit au même endroit où il existait dans le passé. C'est un outil indispensable pour nous permettre de construire dans de meilleures conditions car nous serions alors près de nos ateliers, et aussi pour construire des navires de plus grosse taille ». Dépendant des investissements de la CCI et du Département, le slipway aurait dû voir le jour fin 2012, puis il a été repoussé à mi 2013 et mai 2014. À présent, Wandrille Lebéfaude espère la construction de son slipway pour « fin 2014 ». « J'ai des commandes et des clients qui attendent pour venir chez moi que je leur confirme disposer d'un slipway. Et puis, cela permet aussi de construire dans des conditions économiques bien meilleures ». Un outil important pour mener à bien les nombreux projets à venir du chantier naval : une maison flottante en cours de construction et qui doit être livrée en septembre à Sèvres, un pousseur fluvial pour la fin d'année ainsi qu'un yacht qui sera exploité en bateau de passagers. « Et nous avons de nombreux autres projets suspendus à l'arrivée du slipway », insiste Wandrille Lebéfaude qui précise : « Le slipway nous permettrait de doubler nos effectifs ». Face à cette situation, Bertrand Duboys Fresney, président de la CCI de Fécamp souhaite qu'une solution soit trouvée avant l'été : « Nous avons tout mis en oeuvre pour l'installation du chantier naval et sommes conscients du désagrément causé à l'entreprise par l'absence de slipway. Le Département est en charge du dossier et est en négociation avec un gros donneur d'ordre national qui a répondu à l'appel d'offres mais changé le coût de sa prestation en cours de route. Je suis ce dossier de près. Il faudra soit relancer l'appel d'offres, soit réussir à négocier avec le donneur d'ordre pour aboutir rapidement ».



Sébastien Colle

Seine et Manche
(Fécamp) Directeur : Wandrille Lebéfaude Effectif : 25 C.A (2013) : 1,3 M€ www.seine-et-manche.com

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