Manche

Textile

Saint James investit un million pour moderniser sa logistique

Par Isabelle Evrard, le 21 octobre 2020

Après une bonne saison estivale, l'entreprise textile normande Tricots Saint James se prépare à investir un million d’euros sur deux ans pour moderniser la logistique de ses boutiques.

Luc Lesénécal, PDG de Saint James: « La crise du coronavirus va être un facteur d’accélérateur de tout ce que nous avons mis en place depuis trois ans »
Luc Lesénécal, PDG de Saint James, dans la nouvelle boutique de Caen: « La crise du coronavirus va être un facteur d’accélérateur de tout ce que nous avons mis en place depuis trois ans : l’écoresponsabilité, la traçabilité… » — Photo : © Isabelle Evrard - Le Journal des Entreprises

L'entreprise textile Tricots Saint James (350 salariés, 60 M€ de CA dont 40 % à l’export), installée dans la Manche, fourmille de projets même si, selon le PDG Luc Lesénécal, « il est encore difficile de se projeter sur 2021 ». « La difficulté est de gérer le quotidien sans lisibilité sur le moyen terme, tout en projetant l’entreprise dans le long terme. La crise du coronavirus va être un facteur d’accélérateur de tout ce que nous avons mis en place depuis trois ans : l’écoresponsabilité, la traçabilité… », commente le dirigeant venu inaugurer la 63e boutique de la marque spécialisée dans les vêtements marins à Caen.

De fait, l’entreprise normande se prépare à investir un million d’euros sur deux ans pour moderniser sa logistique. « 300 000 euros seront investis d’ici la fin de l’année, puis 400 000 en 2021, et 300 000 euros en 2022 », précise le dirigeant. Objectif : renforcer la stratégie de distribution omnicale pour apporter une meilleure expérience client aux consommateurs, en abolissant les frontières entre e-commerce et commerce traditionnel en boutique.

« Les clients auront le choix de commander sur le site, de se faire livrer à domicile, d’être livrés dans une des boutiques de leur choix ou de réserver la marchandise pour aller la chercher plus tard. Autant de solutions pour faciliter l’acte d’achat et d’assurer une meilleure gestion des stocks de nos magasins », détaille Luc Lesénécal. À plus long terme, l’entreprise souhaite mettre en place un traçage de ses vêtements, via un QR code expliquant l’origine et les procédés de fabrication des produits.

Transmettre le savoir-faire

Labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, Saint James souhaite également devenir le moteur de la transmission du savoir-faire en matière de tricotage de prêt-à-porter et créer une académie. « Nous sommes de plus en plus confrontés à une carence en matière de formations. Depuis mon arrivée à la tête de l’entreprise en 2013, 53 de nos collaborateurs qui détenaient un savoir-faire sont partis en retraite. Nous en avons embauché 85 depuis. Comme il n’y a plus d’école, nous avons dû former nos propres formateurs et chaque poste de travail représente 18 mois de formation, commente Luc Lesénécal. En créant une académie avec un atelier permanent dédié aux formations, nous luttons contre la perte de ce savoir-faire ». D’autres entreprises ont déjà fait savoir qu’elles seraient intéressées par le projet, telles que la Maison Val de Saire à Valcanville (Manche).

Records de vente en été

À la sortie du confinement, les tricots Saint James ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot, comme l’explique le PDG : « Il nous restait un tiers de la collection printemps-été à livrer. Nous avons pris le risque de livrer toutes nos boutiques, suivant la logique selon laquelle la marchandise a plus de chance de se vendre dans nos boutiques que de rester dans nos entrepôts. »

Un raisonnement gagnant puisque la saison d’été s’est avérée très positive, avec même des records de vente dans certaines boutiques côtières en Bretagne et en Normandie. « Cela a été un peu plus dur à Paris en raison de l’absence des touristes étrangers mais, depuis le mois d’octobre, les ventes repartent à la hausse dans nos sept boutiques parisiennes », confirme le dirigeant. Si l’Asie fonctionne plutôt, le point noir reste les États-Unis où la crise sanitaire fait des ravages et réduit drastiquement le commerce.

Luc Lesénécal, PDG de Saint James: « La crise du coronavirus va être un facteur d’accélérateur de tout ce que nous avons mis en place depuis trois ans »
Luc Lesénécal, PDG de Saint James, dans la nouvelle boutique de Caen: « La crise du coronavirus va être un facteur d’accélérateur de tout ce que nous avons mis en place depuis trois ans : l’écoresponsabilité, la traçabilité… » — Photo : © Isabelle Evrard - Le Journal des Entreprises

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