Normandie

Environnement

Nouvelle norme ISO 14001 : dix entreprises normandes au top du management environnemental

Par Isabelle Evrard, le 24 avril 2019

Dix entreprises normandes ont participé, pendant deux ans, à une expérience pilote menée par l’Ademe en vue de la nouvelle certification ISO 14001, version 2015. L’occasion pour ces PME et ETI d’intégrer l’éco-conception dans le processus de fabrication de leurs produits et d’améliorer leur compétitivité. 

Les responsables qualité environnement des dix entreprises normandes ont travaillé de concert avec l’Ademe et le Pôle Eco-conception pour acquérir la nouvelle certification
Les responsables qualité environnement des dix entreprises normandes ont travaillé de concert avec l’Ademe et le Pôle Eco-conception pour acquérir la nouvelle certification — Photo : © Shutterstock

Avec près de 320 000 entreprises ou structures certifiées au niveau mondial, à fin 2015, la norme ISO 14001 est devenue une référence en matière de management environnemental. Créée en 1996 par l’ISO (Organisation internationale de normalisation), elle s’insère dans la famille des normes ISO 14000, et s’adresse à toute entreprise soucieuse de mettre en place un système de production, de gestion et de fonctionnement qui prend en compte les impacts environnementaux. « En Normandie, les entreprises seraient aujourd’hui plus de 500 à être certifiées » avance Chloé Saint-Martin, ingénieur production durable à l’Ademe Normandie.

La Normandie, région pilote

Contrôlées et certifiées par un organisme agréé, les modalités de son application ont été réactualisées en 2015. Pour toutes les entreprises françaises certifiées, et celles à venir, la nouvelle version 2015 de l’ISO 14001 représente un nouveau défi pour se conformer à ces normes beaucoup plus exigeantes. « À la première lecture des obligations pour obtenir l’ISO nouvelle version, on s’est un peu affolé devant la complexité des nouvelles obligations et du temps que cela allait nous demander », confirme Sabrina Fraud, coordinatrice QSE chez MuRata à Caen, « l’opération pilote normande qui nous a été proposée est arrivée à point nommé pour nous conseiller ».
Afin de les accompagner dans cette démarche de montée en compétences, l’Ademe Normandie, en partenariat avec la Région, la CCI Normandie, l’Agence de Développement et l’IUT d’Alençon, ainsi que le Pôle Eco-conception, a lancé une opération collective à destination des entreprises normandes. Dix d’entre elles se sont portées volontaires pour cette opération pilote. Parmi elles, toutes certifiées ISO 14001 ancienne version sauf une, Isigny Sainte-Mère (agroalimentaire) dans le Calvados ; Pochet du Courval (industrie du verre) en Seine-Maritime ; Magnetti-Marelli (mécanique) dans l’Orne ; Gosselin (agroalimentaire) pour la Manche ; Solcera (céramique) dans l’Eure. Ces entreprises étaient accompagnées de neuf consultants : un coût pris en charge de 50 % à 70 % par l’Ademe, selon la taille de l’entreprise.

Gagner en compétitivité

Mais qu’y a-t-il de nouveau dans cette version 2015 de l’ISO 14001 ? « Les principaux changements concernent l’importance accrue du management environnemental dans la stratégie globale de l’entreprise, une plus grande focalisation sur le rôle de la direction, mais surtout la prise en compte du cycle de vie du produit, depuis la matière première jusqu’au recyclage, alors que dans la première version, seul l’aspect environnement sur le site même de la production était primordial », explique Chloé Saint-Martin. L’application de la norme ISO 14001 n’est en aucun cas une obligation légale. Elle repose sur le volontariat, mais beaucoup d’entreprises y ont vu un moyen d’améliorer leur image, de gagner en compétitivité et de remporter des marchés. Selon une étude menée par un organe de certification britannique (le British Assessment Bureau), 66 % des entreprises certifiées ISO 14001 déclarent avoir, « soit directement gagné des contrats grâce à leur certification, soit avoir pu participer à des appels d’offres où la certification était nécessaire ».

« Beaucoup de nos clients sont sensibles à cette démarche environnementale » Sabrina Fraud, coordinatrice chez MuRata à Caen

Pour Sabrina Fraud, « beaucoup des clients de MuRata sont sensibles à cette démarche environnementale : nos composants électroniques étant intégrés dans d’autres éléments, cela apporte un plus dans le produit fini. » Et si le passage à la nouvelle version de l’ISO 14001 n’a pas nécessité d’investissement dans de nouvelles machines, « il s’agit avant tout d’un investissement humain et d’une nouvelle méthode de travail intégrée dans tous les rouages de la fabrication », souligne Ludivine Aubert, ingénieur HSE du groupe Elvia PCB (205 salariés), fabricant de circuits imprimés. Une démarche concrètement mise en œuvre par Elvia PCB en matière de transport : « Notre matière première est le cuivre que nous importons de Chine. Nous avons demandé au service achats de privilégier le transport maritime au transport aérien, ce qui nous a permis de réduire notre impact environnemental, mais aussi d’amener nos clients à ne pas passer leurs commandes au dernier moment puisque le délai d’approvisionnement est de fait, plus long. »

Réduction de coûts

Le groupe Gosselin, basé dans la Manche, a renforcé son approvisionnement en légumes frais auprès du marché local 
Le groupe Gosselin, basé dans la Manche, a renforcé son approvisionnement en légumes frais auprès du marché local  - Photo : © Isabelle Evrard - Le Journal des Entreprises

Pour une entreprise agroalimentaire comme le groupe Gosselin, spécialisé dans le conditionnement et l’expédition de légumes frais (150 salariés), qui a entrepris sa démarche environnementale depuis 2006 et obtenu une certification ISO 14001 dès 2007, l’enjeu a porté sur une réflexion plus poussée vis-à-vis des fournisseurs et d’un renforcement de son approvisionnement auprès du marché local manchois. « Nous investissons également sur la performance énergétique de nos équipements », indique Céline Poutas, responsable Qualité et Environnement du groupe qui s’est doté l’an passé dans un nouveau trieur optique pour carottes plus performant et moins consommateur d’énergie, de plus de 2,8 M€.

Deux ans de travail ont été nécessaires à ces dix entreprises pour accéder à cette nouvelle certification. Malgré une appréhension devant la complexité de la démarche, elles ont toutes décroché le précieux sésame environnemental. Avec à la clé de ce partage d’expériences, un guide pratique (papier et téléchargeable sur le site de l’ADEME) qui permettra à des centaines d’entreprises normandes de se lancer dans l’aventure.

Les responsables qualité environnement des dix entreprises normandes ont travaillé de concert avec l’Ademe et le Pôle Eco-conception pour acquérir la nouvelle certification
Les responsables qualité environnement des dix entreprises normandes ont travaillé de concert avec l’Ademe et le Pôle Eco-conception pour acquérir la nouvelle certification — Photo : © Shutterstock