Seine-Maritime

Automobile

L'usine Renault de Sandouville en attente de redémarrage

Par Sébastien Colle, le 12 mai 2020

L'usine Renault de Sandouville, en Seine-Maritime, spécialisée dans la production de véhicules utilitaires, a dû stopper net son redémarrage suite à une procédure en référé de la CGT. Un comité social et économique s'est tenu, jeudi 14 mai, pour évoquer à nouveau les conditions de reprise de l'activité du site de carrosserie-montage.

Un comité social et économique doit se tenir le 15 mai et pourrait décider du redémarrage du site de Renault à Sandouville.
Un comité social et économique doit se tenir le 15 mai et pourrait décider du redémarrage du site de Renault à Sandouville. — Photo : S.C

L’usine automobile Renault de Sandouville, en Seine-Maritime, a dû cesser la reprise de ses activités, lundi 11 mai, suite à une décision judiciaire de fermeture temporaire. Le tribunal du Havre, saisi en référé par la CGT, a estimé dans sa décision que les mesures de protection mises en place par l’industriel pour faire face au Covid-19 étaient insuffisantes. Le site normand, spécialisé dans la production de véhicules utilitaires de type Trafic et Nissan NV300, emploie 1 900 salariés.

Le même protocole pour toutes les usines

Une fermeture qualifiée de « mauvaise décision » par le gouvernement, qui rappelle l’état de « grande difficulté » dans lequel se trouve le secteur automobile. De son côté, le groupe Renault assure que le protocole sanitaire mis en place au sein du groupe est le même pour toutes ses usines : « Nous avons travaillé sur ce protocole sanitaire bien en amont de la réouverture des sites, en impliquant l’ensemble des directions concernées (médecine du travail, prévention et protection, ressources humaines et comité hygiène, sécurité, environnement, NDLR) sur les conditions de redémarrage. Les conditions d’une reprise ont été définies pour aboutir à un référentiel sanitaire de Renault ».

Présenté mi-avril au Comité du groupe automobile, soit l’ensemble des 26 organisations syndicales présentes chez Renault, le protocole sanitaire a été validé par ce groupement d’organisations syndicales. Le protocole ainsi que les mesures d’audit ont ensuite été présentés dans chaque usine du groupe.

Des difficultés dans la procédure de consultation

Également soulevé par la procédure en référé de la CGT, le mode de communication par voie électronique semble avoir posé quelques problèmes, la centrale syndicale estimant n’avoir pas reçu ses convocations numériques. Dans sa délibération, le juge a donc pointé les procédures de consultation et d’information des organisations syndicales. En conséquence, Renault n’a d’autre choix que de recommencer la totalité de la procédure de présentation de son protocole sanitaire et de ses mesures d’audit, dans le cadre du comité social et économique (CSE) de l’usine de Sandouville, avec la CGT.

Mais cette fois, la direction veut prendre ses précautions, indique un porte-parole du groupe : « Nous allons faire appel à un huissier pour apporter la convocation, afin d’avoir une traçabilité. Mais tout cela prend plus de temps et retarde d’autant l’échéance de la réunion ». Une réunion qui s’est tenue le jeudi 14 mai. « Cela ne remet pas en cause notre protocole sanitaire », assure le porte-parole de Renault, qui espère un climat apaisé. « L’issue de la réunion permettra d’y voir plus clair, mais cette action en justice a généré un climat social tendu, nos collaborateurs ne s’attendant pas à être de nouveau à l’arrêt, d’autant que nombre d’entre eux nous ont dit être rassurés par le protocole et les mesures mises en place pour lutter contre le Covid-19. De plus, ils se rendent compte que reprendre est une nécessité pour l’entreprise, au niveau industriel et commercial. Personne n'a rien à gagner avec des tensions fortes. Ce qui doit prévaloir, c’est la reprise d’activité dans de bonnes conditions, après consultation de l’ensemble des parties. Nous espérons un climat social apaisé ».

Le site de carrosserie-montage de Sandouville, situé près du Havre et qui produit 100 000 véhicules par an, avait repris une partie de ses activités, le 28 avril, suite à un accord de protocole sanitaire signé par la CFDT, la CFE-CGC et FO.

Un comité social et économique doit se tenir le 15 mai et pourrait décider du redémarrage du site de Renault à Sandouville.
Un comité social et économique doit se tenir le 15 mai et pourrait décider du redémarrage du site de Renault à Sandouville. — Photo : S.C

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail