Énergie

L'éolien offshore s'élève contre vents et marées

Par Isabelle Evrard, le 17 septembre 2020

Après des années de procédures, de constitutions de dossiers, d’appels d’offres, les parcs éoliens offshore normands et bretons se concrétisent. À commencer par celui de Fécamp, dont les 71 éoliennes devraient se dresser au large des côtes normandes en 2023.

Eoliennes offshore
La France est considérée comme le 2e gisement éolien offshore d’Europe grâce à des côtes très ventées. — Photo : © LM Wind Power

Fin 2019, l’Europe totalisait 5 047 éoliennes offshore connectées aux réseaux électriques pour une puissance cumulée de 22,1 gigawatts, d’après les dernières données de l’association WindEurope, dont 502 nouvelles éoliennes offshore connectées en une année. Au total, l’Europe compte 110 parcs éoliens offshore en service dans 12 pays européens. En tête de peloton, le Royaume-Uni (252 éoliennes, 1 764 mégawatts), et l’Allemagne (160 éoliennes, 1 111 mégawatts) comptent respectivement pour 44 % et 34 % de l’ensemble des éoliennes offshore implantées en Europe. Suivent le Danemark (45 éoliennes, 374 mégawatts), et la Belgique (44 éoliennes, 370 mégawatts).

En France, pourtant considérée comme le 2e gisement éolien offshore d’Europe grâce à des côtes très ventées (notamment en Bretagne et Normandie), l’industrie éolienne offshore reste à la traîne, même si sept projets ont été lancés depuis près de dix ans, pour quelque 3 500 mégawatts actés : Dieppe-Le Tréport, Fécamp et Courseulles-sur-mer (Normandie), Saint-Brieuc (Bretagne), ainsi que Saint-Nazaire et Noirmoutier (Pays de la Loire), et Dunkerque (Hauts-de-France).

Deux commandes fermes d’EDF Renouvelables

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eoliennes-offshore - Photo : © LM Wind Power

L’industrie maritime éolienne française a néanmoins reçu un coup d’accélérateur avec la commande ferme, par EDF Renouvelables, de turbines éoliennes le 2 juin 2020 à Siemens Gamesa. Ces turbines équiperont le futur parc éolien offshore de Fécamp, en Seine-Maritime. Le projet de 497 mégawatts sera équipé de 71 éoliennes offshore SWT-7.0-154, d’une capacité de 7 mégawatts chacune. L’annonce de cette commande ferme s’ajoute à la commande du consortium Ailes Marines pour le parc éolien offshore de 496 mégawatts de la baie de Saint-Brieuc, situé en Bretagne. Ici, Siemens Gamesa (SGRE) fournira 62 éoliennes offshore SG 8.0-167 DD et en assurera la maintenance pendant 10 ans. « Ces deux premières commandes fermes, qui représentent près de 1 000 mégawatts de capacité sur les 2 500 actuellement dans le pipeline des projets français, sont une bonne nouvelle pour la transition vers les énergies renouvelables en France », estime Andreas Nauen, PDG de la division offshore de SGRE.

Siemens Gamesa annonce trois autres accords de fournisseurs privilégiés totalisant près de 1 500 mégawatts de volume supplémentaire sur le marché offshore français : le projet de 448 mégawatts de Courseulles-sur-Mer avec le client EDF Renouvelables, Enbridge et wpd, le projet de 496 mégawatts de Dieppe-Le Tréport avec Les Éoliennes en Mer, et le projet de 496 mégawatts de Yeu Noirmoutier avec le client Les Éoliennes en Mer.

Une usine dédiée à la construction des pales et nacelles au Havre

La confirmation de ces commandes fermes a permis à SGRE d’avancer dans le développement de son projet d’usine au Havre, dans laquelle les turbines des parcs de Fécamp et de Saint-Brieuc seront fabriquées. Le groupement d’entreprises mené par GTM Normandie-Centre (composé de GTM Normandie Centre, mandataire, Sogea Nord-Ouest TP, Botte Fondations, Soletanche Bachy Fondations Spéciales, Ménard et Eurovia Haute-Normandie, filiales du groupe Vinci représentant 80 % du groupement, Axima Concept, Ineo Tertiaire IDF et Ineo Normandie, filiales d’Engie Solutions représentant 20 % du groupement), filiale de Vinci Construction France, a été sélectionné pour construire l’usine qui sera située sur le quai Joannès Couvert dans le port du Havre. Une emprise portuaire sur laquelle Haropa - Port du Havre a entamé dès septembre 2018 des travaux d’aménagement : l’investissement global, soutenu par l’État et les collectivités territoriales, avoisine les 123 millions d’euros, dont 43,1 sont portés par Haropa. L’usine de 20 hectares sera la première au monde à fabriquer sous un même toit tous les principaux composants d’une éolienne offshore: pales et nacelles. Il s’agit du plus grand projet industriel de l’histoire des énergies renouvelables en France à ce jour. L’usine devrait être mise en service entre fin 2021 et début 2022.

6 000 emplois à la clé

L’usine d’éoliennes offshore de Siemens Gamesa au Havre devrait créer environ 750 emplois directs et indirects lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, notamment dans les domaines des matériaux composites, de l’assemblage mécanique et de la logistique. Siemens Gamesa devrait commencer à recruter à la fin de l’année 2020.

L’éolien offshore recrute également en masse dans l’usine LM Wind Power de Cherbourg, filiale de GE Renewable Energy et inaugurée en novembre 2019. L’usine a pour mission de construire des pales de 107 mètres, les plus grandes jamais construites et notamment la nouvelle éolienne offshore de GE, l’Haliade-X de 12 mégawatts. Forte de 300 employées à la fin 2019, LM Wind Power annonce vouloir encore recruter 250 personnes supplémentaires. Selon le président de la Région Normandie Hervé Morin, « la filière de l’éolien en mer pourrait à terme, faire travailler 6 000 personnes, tous emplois confondus, directs, indirects et induits ».


Les projets de parcs éoliens maritimes français

  • Dieppe-Le Tréport : 62 éoliennes / puissance totale : 496 MW / appel d’offres décroché par Sociétés Éoliennes en Mer Dieppe-Le Tréport
  • Fécamp : 71 éoliennes / 497 MW / EDF Renouvelables
  • Courseulles-sur-mer : 64 éoliennes / 450 MW / EDF Renouvelables
  • Saint-Brieuc : 62 éoliennes / 496 MW / Ailes Marines
  • Saint-Nazaire : 80 éoliennes / 480 MW/ EDF Renouvelables
  • Noirmoutier : 62 éoliennes / 496 MW / Société Éoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noimoutier
  • Dunkerque : 45 éoliennes / 600 MW / EDF Renouvelables
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La France est considérée comme le 2e gisement éolien offshore d’Europe grâce à des côtes très ventées. — Photo : © LM Wind Power

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