Caen

Santé

Le prélèvement sanguin facilité avec le bracelet connecté d'Arterya

Par Isabelle Evrard, le 19 avril 2022

La start-up Arterya a mis au point un bracelet connecté permettant aux professionnels du monde médical d’effectuer des prélèvements sanguins artériels plus facilement et en limitant la douleur.

Un gaz de sang est réalisé toutes les deux secondes en France.
Un gaz de sang est réalisé toutes les deux secondes en France. — Photo : DR

Start-up caennaise fondée en août 2020, Aterya a mis au point un dispositif médical, sous forme de bracelet connecté, qui permet de réaliser plus facilement un prélèvement sanguin au niveau de l’artère radiale : cette opération appelée communément "gaz du sang" est généralement effectuée dans les services de cancérologie, cardiologie, réanimation et pneumologie.

"Un gaz de sang est réalisé toutes les deux secondes en France. C’est une opération délicate qui fait mal et se solde souvent par des hémorragies et des échecs. Notre bracelet, grâce à ses capteurs connectés, permet de mettre en évidence l’artère et la zone à prélever en l’éclairant", explique Lucile Derly, présidente et co-fondatrice d’Arterya avec Nicodème Pellier. Le bracelet, baptisé "Blood’Up" s’adapte à toutes les morphologies de poignet ainsi qu’à tous les types de couleur de peau. L’appareil est stérilisable, étanche et réutilisable.

Sur la Tech’Up de Selha Group

Après un an de recherche et développement, un premier prototype a été réalisé, en partenariat avec Selha Group, spécialisé dans la conception, l’industrialisation et la fabrication d’équipements électroniques complexes pour des secteurs de hautes technologies. La start-up caennaise a ainsi intégré l’accélérateur industriel (Tech’Up) du groupe Selha dans son usine d’Eu (Seine-Maritime). "Cet accompagnement nous permet de bénéficier de l’expertise d’un industriel et de gagner en crédibilité. Nous avons pour objectif de produire vingt exemplaires d’ici l’automne, qui seront ensuite testés cliniquement ", annonce la présidente. Le dispositif a d’ores et déjà fait l’objet de deux dépôts de brevets. "Si tout se passe bien, au terme des essais cliniques, l’usine d’Eu deviendra notre site de production", espère la fondatrice.

Plusieurs levées de fonds

Pour lancer son activité, Arterya a d’abord fait l’objet d’une "Love Money" (capitaux propres apportés à la création d’une entreprise par la famille, les proches…) grâce à laquelle elle a pu récolter 60 000 euros de capitaux propres. Après une première levée de fonds en janvier 2021 de 160 000 euros, la start-up procède actuellement à une deuxième levée de fonds à hauteur d’un million d’euros. Celle-ci doit permettre de renforcer l’équipe actuelle composée de six salariés. "L’enjeu est d’arriver à dix collaborateurs à l’automne prochain et de mettre le dispositif sur le marché d’ici fin 2023. Blood’Up sera destiné aux laboratoires, aux hôpitaux et cliniques", précise Lucile Derly.
Arterya a déjà remporté de nombreux concours d’innovation, dont celui de la fabrique Aviva à l’été 2021 et le prix Pépite des étudiants entrepreneurs en novembre dernier.

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