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Emploi

Le marché de l'emploi cadre s'affiche à la hausse en Normandie en 2021

Par Sébastien Colle, le 03 mai 2022

Le marché de l’emploi des cadres a enregistré une hausse de 33 % en Normandie en 2021, selon la dernière étude de l’Apec. Les répercussions du conflit ukrainien rendent cependant prudent l’organisme en matière de recrutement pour 2022.

Les entreprises normandes envisageraient de recruter 6 800 cadres en 2022, soit une progression de 1 % par rapport à 2021, selon l’étude de l’Apec Normandie.
Les entreprises normandes envisageraient de recruter 6 800 cadres en 2022, soit une progression de 1 % par rapport à 2021, selon l’étude de l’Apec Normandie. — Photo : rawpixel - CC0

L’année 2021 a marqué une véritable reprise du marché de l’emploi des cadres en Normandie, avec une hausse de +33 % par rapport à 2020 (+18 % au niveau national), soit "quasiment" le niveau d’embauches d’avant la crise Covid (6 880 réalisées en 2019), selon la dernière étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) menée auprès de 435 établissements du secteur privé.

Avec 6 720 embauches réalisées en 2021, la région Normandie se situe au 10e rang des recrutements de cadres, derrière la Bretagne et devant le Centre-Val de Loire. Les secteurs les plus porteurs restent ceux des services et de l’industrie, qui concentrent la plus grande part des embauches de cadres en région, avec respectivement 57 % et 28 % des recrutements réalisés. Les cadres études, R & D, production industrielle et chantier sont les fonctions qui ont été les plus recherchées par les entreprises du territoire. Les recrutements ont été réalisés à 66 % par des PME, et à 34 % dans des ETI et grandes entreprises.

Des prévisions prudentes pour 2022

La belle dynamique de 2021 pourrait se contracter en 2022. "Début 2022, la dynamique des recrutements dans la région était toujours très positive. Mais les répercussions économiques du conflit ukrainien pourraient toutefois venir rebattre les cartes et obérer la croissance économique hexagonale et régionale", estime Marc Lesueur, délégué régional de l'Apec. Ainsi, les prévisions de recrutement de cadres en Normandie projetées par l’organisme restent donc prudentes, avec une estimation de +1 % par rapport à 2021. Et cela malgré un premier trimestre 2022 au cours duquel le nombre d’offres d’emploi cadre a nettement progressé dans la région, dépassant le niveau d’avant crise (+ 22 % par rapport au 1er trimestre 2019 / +13 % au national), avec une prépondérance pour les métiers de la comptabilité, qui concentrent le plus d’offres d’emploi (245 offres publiées), suivi des métiers de la qualité et du commercial.

Le secteur de l’ingénierie R & D reste le plus gros pourvoyeur d’emploi cadre pour la région avec 685 offres d’emploi cadres diffusées au 1er trimestre 2022. Premier signe de ralentissement de la cadence d’embauches, selon l’Apec : la baisse des intentions de recrutement pour le 2e trimestre 2022 (-6 points par rapport au premier trimestre 2022 au niveau national). "En Normandie, cela se traduit aussi par des prévisions de volumes de recrutements qui atteindraient tout juste les niveaux de 2019. Les entreprises du territoire envisageraient de recruter 6 800 cadres (6 720 en 2021, NDLR)", projette l’étude de l’Apec.

Pénurie de main-d’œuvre

Si les intentions d’embauches sont reparties à la hausse, elles se heurtent souvent à la difficulté de trouver les bons profils. Ainsi, au premier trimestre 2022, au niveau national, 69 % des entreprises qui ont recruté au moins un cadre déclarent avoir eu du mal à trouver le profil recherché. De plus, 8 entreprises sur 10 qui ont l’intention de recruter au moins un cadre au second trimestre 2022, anticipent des difficultés de recrutement. Parmi les profils difficiles à trouver, les compétences cadres à forte expertise technique sont très recherchées et soumises à de fortes tensions, notamment dans l’informatique, l’ingénierie et l’industrie.

Pour surmonter les difficultés qu’elles rencontrent, les entreprises devront activer plusieurs leviers, explique Marc Lesueur : "Pour vaincre les difficultés de recrutement, il faudra jouer sur plusieurs terrains à la fois, comme la formation, la mobilité, ou encore l’attractivité. Mais aussi changer de regard et adapter des pratiques de recrutement parfois trop formatées et pas assez inclusives. Les entreprises ne regardent pas assez les compétences et potentialités des seniors et des juniors, en pensant encore trop à des idées reçues comme les seniors coûtent cher ou ils ne sont pas mobiles. Les entreprises peuvent aussi regarder du côté des diplômés de l’université, lettres, sciences sociales, jeunes doctorants, qui peuvent être intégrés par le biais de la formation interne."

Proposer un projet d’entreprise

Autres éléments qui peuvent permettre aux entreprises d’améliorer leur recrutement : la diversification du sourcing avec les réseaux, la cooptation, mais aussi en travaillant l’attractivité de l’entreprise et de ses postes à pourvoir par le biais, notamment, de la marque employeur. "Il faut construire un projet d’entreprise qui donne envie aux cadres de rejoindre l’entreprise, et ensuite ne pas oublier de bien soigner l’intégration du nouveau collaborateur, car 8 % des nouveaux recrutés s’en vont avant la fin de la période d’essai", souligne Marc Lesueur.

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