Seine-Maritime

Plasturgie

L'américain Eastman implante son usine de recyclage de plastique en Normandie

Par Isabelle Evrard, le 30 mars 2022

L’entreprise américaine Eastman a choisi Port-Jérôme-sur-Seine, en Seine-Maritime, pour installer une usine de recyclage de plastique. Un investissement de plus de 850 millions d’euros qui pourrait générer la création de 350 emplois et jusqu’à 1 500 autres indirects dans les secteurs du recyclage, de l’énergie et des infrastructures.

Le site de Port-Jérôme-sur-Seine offre une proximité d’approvisionnement en déchets de polyester pour alimenter la future usine de recyclage plastique d'Eastman.
Le site de Port-Jérôme-sur-Seine offre une proximité d’approvisionnement en déchets de polyester pour alimenter la future usine de recyclage plastique d'Eastman. — Photo : Gérard - CC BY-SA 4.0

Après plusieurs mois d’échanges avec la Région Normandie et les services de Caux Vallée de Seine, l’entreprise américaine Eastman (14 000 collaborateurs dans le monde, 10,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2021), basée à Kingsport dans le Tennessee, a choisi le site de Port-Jérôme-sur-Seine, en Seine-Maritime, pour implanter la plus grande usine au monde de recyclage plastique. L’entreprise américaine projette d’investir jusqu’à 1 milliard de dollars (850 millions d’euros) dans la construction de cette usine qui permettrait de recycler environ 160 000 tonnes de déchets polyester difficilement recyclables (comme le PET ou les textiles colorés ou dégradés) par an.

Hormis la gigafactory de batteries électriques de Renault et Envision à Douai (Nord), il s’agit du plus important investissement étranger en France de ces trente dernières années. Selon la Région Normandie, qui a dirigé les tractations avec les Américains via son agence de développement, "ce résultat a été obtenu dans un contexte de très forte concurrence avec d’autres régions françaises. La Normandie et le site de Port-Jérôme-sur-Seine offrent une proximité d’approvisionnement en déchets de polyester pour la matière première, l’espace requis pour une installation de cette envergure, l’infrastructure nécessaire pour de larges opérations mais aussi une qualité d’accompagnement et une implication dans le projet qui ont fait la différence."

Économie circulaire

Le PDG de l’entreprise américaine, Mark Costa, avait rencontré le président français Emmanuel Macron en janvier pour lui exposer son projet d’implantation en France :

Mark Costa, PDG d’Eastman
Mark Costa, PDG d’Eastman - Photo : Eastman/DR

"Nous avions présélectionné trois sites (notamment dans le Grand Est) sur le territoire français. Notre choix s’est porté sur Port-Jérôme-sur-Seine parce qu’il offrait les éléments essentiels à la construction et l’exploitation d’une installation de cette ampleur. Nos opérations de recyclage moléculaire devront s’appuyer sur une main-d’œuvre hautement qualifiée et Port-Jérôme-sur-Seine dispose de cette main-d’œuvre", justifie le dirigeant, qui se félicite de la rapidité avec laquelle les tractations avec la France ont été menées.

L’environnement industriel régional orienté vers l’économie circulaire a également joué un rôle prépondérant dans le choix du spécialiste du recyclage des plastiques, souligne Mark Costa : "La Région Normandie a une stratégie environnementale de long terme très ambitieuse, qui est alignée avec notre propre orientation stratégique."

La future usine de recyclage utilisera le procédé de "polymérisation sur place" : grâce à cette méthode, les déchets de polyester difficiles à recycler seront triés et "dépolymérisés" en un seul endroit.

Un site opérationnel d’ici 2025

Les retombées économiques seront très importantes pour le territoire normand, selon les prévisions d’Eastman : au-delà du montant d’investissement, 350 emplois directs et 1 500 emplois indirects devraient être créés dans les secteurs du recyclage, de l’énergie et des infrastructures. De quoi renforcer une filière stratégique pour le territoire. "L’importance de ce projet et son caractère international (...) valident les choix faits en matière d’industrie raisonnée", souligne Hervé Morin, président de la Région Normandie.

De son côté, le territoire de Caux Seine Agglo, sur lequel est implanté le site de Port-Jérôme, a fait de la décarbonation de son tissu industriel l’une de ses priorités. Le projet d’investissement d’Eastman s’inscrit dans la continuité de cette démarche environnementale. "Ce projet permettra également de développer de nouvelles filières de recyclage sur le territoire et de créer de véritables opportunités professionnelles pour la population locale", se félicite Virginie Carolo, maire de Port-Jérôme-sur-Seine et présidente de l’agglomération de Caux Seine.

Selon les prévisions d’Eastman, qui annonce d’ores et déjà travailler sur "d’autres contrats liés à l’approvisionnement en matières premières de déchets de plastique et à l’approvisionnement en énergie sur le territoire", l’usine de recyclage devrait être opérationnelle d’ici 2025.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition