Normandie

Agroalimentaire

Point de vue L’Allemagne déclare la guerre… du sucre à la France

Par Isabelle Evrard, le 16 juillet 2019

Le groupe allemand Südzucker se prépare à fermer deux de ses sucreries françaises, dont une en Normandie à Cagny.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

Alors que la Normandie a célébré le 75e anniversaire du Débarquement sur les côtes de la Manche, c’est un tout autre conflit qui se déroule aujourd’hui sur notre territoire. Deux fleurons industriels français de la filière sucrière se préparent à recevoir une addition salée de la part de l’allemand Südzucker. En février dernier, le groupe Südzucker, maison mère de Saint-Louis Sucre, se lance dans un vaste plan de restructuration et décide de fermer ses sucreries de Cagny dans le Calvados et d’Eppeville dans la Somme. Une catastrophe économique pour les deux régions françaises : en Normandie, ce sont plus de 500 emplois directs et indirects qui seraient touchés. À Eppeville, 123 emplois sont menacés. Avec plus de 29 000 hectares cultivés en betterave, la Normandie occupe plus de 7,5 % des surfaces dédiées à la betterave en France. Et cette culture ne date pas d'hier: la culture de la betterave sucrière a commencé à la fin du 18e siècle et la sucrerie est implantée à Cagny depuis 1951. Une véritable richesse et des savoir-faire que la Normandie n’est pas prête à laisser mourir, d'autant que les rendements betteraviers se sont nettement améliorés en France, en plus de 50 ans, (48,3 tonnes par hectare dans les années 1960, contre 88,1 tonnes par hectare depuis 2015) et continuent de s’améliorer. La filière ne s'arrête pas au seul sucre: son extraction permet d’obtenir de la pulpe de betterave valorisée en alimentation animale. Elle est aussi une source de pectine ou de fibres pour des usages industriels. Alors pourquoi arrêter une industrie en pleine forme et aux multiples débouchés ?
Suppression des quotas, surproduction à l’échelle mondiale et effondrement du cours du sucre sur les marchés mondiaux et européens : le groupe allemand avance quantité de chiffres pour justifier sa décision. Le groupe a même refusé d'étudier la proposition de rachat de 30 millions d’euros avancée par la Confédération des betteraviers et l’Agence pour le développement économique de la Région Normandie (ADN).  Un plan de reprise pourrait sauver toute une filière de la crise. Alors, la guerre du sucre aura-t-elle lieu ? Réponse le 18 juillet à la prochaine assemblée générale du groupe Südzucker, en territoire allemand…

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

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