Seine-Maritime

Industrie

La Métropole de Rouen veut préempter le site Chapelle-Darblay

Par Isabelle Evrard, le 19 octobre 2021

Le Conseil de Surveillance d’UPM France SAS a voté, le 15 octobre dernier, la cession au groupement Samfi/Paprec du site Chapelle-Darblay à Grand-Couronne. Une décision qui est loin de recueillir l’aval des élus locaux.

Chapelle Darblay employait 250 salariés et au moins 800 emplois indirects avant sa fermeture en 2020.
Chapelle Darblay employait 250 salariés et au moins 800 emplois indirects avant sa fermeture en 2020. — Photo : S.C

Nouveau rebondissement concernant l’avenir de la papeterie Chapelle-Darblay de Grand-Couronne. Le géant finlandais UPM a décidé, dans son conseil de surveillance du 15 octobre dernier, la cession du site au groupement Samfi/Paprec. Ce dernier a pour projet de faire du site normand une activité de tri de déchets, sans recyclage, et la mise en place d’ici trois à cinq ans d’une unité de production d’hydrogène. Une décision qui, selon la Métropole de Rouen, va "entraîner la perte des compétences et de la valeur ajoutée du site en matière de recyclage papier et carton, uniques en France par leur nature et leur ampleur industrielle". "Un gâchis dramatique. C’est pourquoi nous prenons nos responsabilités. La Métropole Rouen Normandie se met donc en ordre de bataille pour user de son droit de préemption, comme le permet la législation française", annonce Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie.
De leur côté, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, regrettent "qu’UPM n’ait pas retardé sa prise de décision alors même que les deux offres n’ont pas pu bénéficier d’un examen suffisamment détaillé. Il est de la responsabilité d’UPM de mener à bien, avec l’ensemble des parties prenantes, une analyse approfondie de toutes les options disponibles, afin de permettre la meilleure réindustrialisation possible de ce site dont il a choisi de se séparer. Nous estimons que l’offre alternative de Veolia (autre candidat à la reprise ; NDLR) mérite d’être examinée dans le détail".

Quid de l’offre de Véolia ?

Mobilisés depuis de nombreux mois pour sauver le site, les emplois, les savoir-faire de Chapelle Darblay, les élus locaux, soutenus par une coalition de plus de 80 maires et parlementaires, de toute la France et de tous horizons politiques (Edouard Philippe, Anne Hidalgo…), avaient lancé en mars 2021 un appel au Président de la République lui demandant "un engagement politique national fort pour que le propriétaire accepte de vendre et ne laisse pas ce site à l’abandon". Parmi eux, le député européen David Cormand, pour lequel le projet du groupement Samfi/Paprec "en apparence écologique, ne répond absolument pas aux besoins de la filière française de recyclage du papier", et lui préfère le projet alternatif porté par Veolia, permettant de fabriquer 400 000 tonnes de cartons d’emballage à partir de cartons et papiers recyclés.

Chapelle Darblay employait 250 salariés et au moins 800 emplois indirects avant sa fermeture en 2020.

Chapelle Darblay employait 250 salariés et au moins 800 emplois indirects avant sa fermeture en 2020.
Chapelle Darblay employait 250 salariés et au moins 800 emplois indirects avant sa fermeture en 2020. — Photo : S.C

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