Normandie

Réseaux économiques

Interview Femmes & Challenges : « La relance passe aussi par l'entrepreneuriat féminin »

Entretien avec Léa Lassarat, présidente du réseau Femmes & Challenges et de la CCI Seine Estuaire

Propos recueillis par Sébastien Colle - 16 octobre 2020

L’entrepreneuriat féminin est lui aussi bousculé par la crise sanitaire. Une entreprise sur deux dirigée par une femme serait en danger, selon les données du réseau normand Femmes & Challenges, créé par la CCI Seine Estuaire. Sa présidente, Léa Lassarat, veut redoubler d’efforts pour soutenir les femmes chefs d’entreprise dans cette période difficile, en multipliant les actions et rendez-vous business.

Léa Lassarat, président du réseau normand Femmes & Challenges.
"Même dans cette période de crise, les femmes ne doivent pas renoncer à la création ou reprise d’entreprise", estime Léa Lassarat, président du réseau normand Femmes & Challenges. — Photo : Sébastien Colle / Le JDE

Quelle est la situation de l’entrepreneuriat féminin face à la crise sanitaire ?

Léa Lassarat : Les entreprises dirigées par des femmes sont plus fragiles que celles dirigées par des hommes car elles sont souvent plus petites. Nous avons encore des femmes qui doivent tout gérer, et si elles doivent faire des choix entre le lancement d’une entreprise et leur vie personnelle, alors souvent le personnel prend le pas sur le professionnel. Le soutien aux femmes cheffes d’entreprises est donc important dans cette période de crise, car une entreprise sur deux dirigée par une femme est en danger, selon nos enquêtes. Il y a une attente forte de nos adhérentes, il est moins difficile pour une femme de parler de ses problèmes que pour un homme. Si elles savent qu’elles doivent faire du business, elles ne profitent pas toujours assez des événements qui existent. Je ne suis pas féministe mais à fond pour la mixité, et la relance passe aussi par l’entrepreneuriat féminin.

Quels sont les besoins de vos membres et leurs difficultés ?

L.L : Même si les mentalités évoluent, je constate encore régulièrement que les femmes rencontrent des difficultés en matière de financement. Mais, ce qu’il faut surtout aujourd’hui c’est que les femmes ne renoncent pas à la création ou reprise d’entreprise. Même dans cette période il faut voir grand ! Créer son emploi d’abord et ensuite passer au recrutement de son premier salarié est souvent une étape difficile et anxiogène pour la créatrice. Commencer directement avec quinze salariés, c’est parfois plus facile que de démarrer de zéro.

Où en est le fonds d’investissement lancé par le réseau Femmes & Challenges en début d’année ?

L.L : Nous lancerons en novembre le second appel à candidatures de ce fonds de financement dédié au business au féminin. Réservé aux femmes qui souhaitent reprendre, créer une entreprise ou développer un projet de croissance externe, c’est un fond qui veut soutenir les femmes sur des projets ambitieux. Pour être éligible, la bénéficiaire doit proposer un projet sur le territoire normand, doté d’un plan de financement de 500 000 € minimum. Le prêt est à taux zéro, sans demande de caution, pour un montant compris entre 50 000 et 100 000 €, et remboursable en cinq ans. Mais, pour l’instant, nous avons été peu sollicités alors que le fonds dispose d’un million d’euros, et nous pouvons proposer encore plus ! Le leimotiv du réseau Femmes & Challenges c’est "oser", ce fonds est là pour ça.

Quels sont les prochains rendez-vous de Femmes & Challenges ?

L.L : La seconde édition du Forum Femmes & Challenges se déroulera le 4 décembre au Carré des Docks au Havre. La encore il y a une forte attente : toutes les personnes que nous avons sollicitées ont répondu présent et beaucoup de partenaires se sont engagés. Un moment fort ponctué de rendez-vous comme un regard croisé sur le partage d’expérience, des intervenants sur la prise de parole, le financement des entreprises, la transmission, ou encore les réseaux. Nous allons mettre en place un portail des réseaux de l’entrepreneuriat féminin. Une initiative importante pour arriver à parler d’une même voix, se faire entendre.

Léa Lassarat, président du réseau normand Femmes & Challenges.
"Même dans cette période de crise, les femmes ne doivent pas renoncer à la création ou reprise d’entreprise", estime Léa Lassarat, président du réseau normand Femmes & Challenges. — Photo : Sébastien Colle / Le JDE

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