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Industrie

Face à la concurrence, le spécialiste des peintures Derivery réfléchit à sa diversification

Par Sébastien Colle, le 20 juillet 2022

Spécialisée dans les peintures dédiées au secteur de la Défense, Derivery est la seule entreprise en France à être homologuée par la direction générale de l’armement dans ce domaine. Face à une concurrence qui cherche à intégrer ce marché, l’entreprise normande organise sa diversification.

La PME euroise Derivery est la seule entreprise française habilitée par la direction générale de l’armement (DGA) pour la peinture de certains systèmes de l’armée de Terre.
La PME euroise Derivery est la seule entreprise française habilitée par la direction générale de l’armement (DGA) pour la peinture de certains systèmes de l’armée de Terre. — Photo : JDE

Cent ans après sa création en 1921, le spécialiste des peintures pour la Défense, l’industrie et le bâtiment Derivery reste la seule entreprise française habilitée par la direction générale de l’armement (DGA) pour certains systèmes de l’armée de Terre. Fournisseur exclusif, la PME de 46 salariés basée à Brionne (Eure) est intégrée au programme Scorpion, qui concerne notamment les nouveaux véhicules blindés (plusieurs centaines par an) et les chars Leclerc modernisés. Furtivité, systèmes antidérapants, peintures flexibles, encres pour bâches, traitement ignifuge… Derivery a pour client la DGA mais aussi les sous-traitants de l’armée comme Arquus, Nexter, Thales et Safran. Une position dominante qui pourrait ne pas durer, selon Eric Olejniczak, directeur commercial industrie et défense.

Une concurrence à l'affût

"Nous savons que nous n'allons pas rester seuls longtemps à disposer de la reconnaissance de l’aptitude à l’emploi de la DGA, qui a modifié son processus d’homologation. Notre part de marché dans le domaine de la Défense va diminuer d’ici cinq ans, car la concurrence s’organise pour intégrer ce marché. Il nous faut donc réorganiser notre activité", décrit le dirigeant.

L’entreprise réfléchit ainsi à ses futurs développements dans les domaines de la protection des moteurs électriques et thermiques, les armoires et tout ce qui touche au "métallique, ainsi qu’au domaine du nucléaire", précise le directeur commercial.

L’international est un autre vecteur de développement envisagé par Derivery, grâce à son homologation DGA qui pourrait lui permettre de viser les pays de l’Otan. "Mais c’est compliqué car il y a un fort protectionnisme des pays", tempère Eric Olejniczak.

De la pédagogie face à la hausse des tarifs

Alors que 2021 a marqué une année record pour l’entreprise de Brionne avec un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros (+10 % par rapport à 2020), Derivery doit composer en 2022 avec une forte hausse du prix des matières premières. "Nous n’avons jamais connu de telles hausses de prix, elles nous ont obligés à réactualiser nos tarifs", explique le directeur commercial.

Et si les premières hausses de tarifs sont restées limitées et acceptées par les clients, les dernières hausses se sont révélées plus difficiles à répercuter : "Il a vraiment fallu réajuster les prix et faire de la pédagogie auprès de nos clients. Certaines de nos matières premières ont pu voir leur tarif augmenter de 60 % et certains solvants ont vu leurs prix multiplier par quatre."

Sous l’effet d’un mix de raréfaction et de spéculation, certains produits ont encaissé jusqu’à sept hausses de prix, avec pour certains pots de peinture une hausse de 70 %. "Cela complique l'activité car on doit passer du temps à expliquer ces évolutions aux clients, qui ont naturellement tendance à regarder ce qui se fait ailleurs". Pour lutter contre ce phénomène, l’entreprise a mis au point des indicateurs précis basés sur les coûts des matières premières, afin de piloter au mieux ces fluctuations de tarifs et consolider ses positions.

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