Manche

Industrie

Electropoli : L'aéronautique pour cible

Par Sébastien Colle, le 15 juillet 2016

Le spécialiste du traitement de surface sur substrats métalliques pour l'automobile, basé à Isigny-le-Buat (50), se lance sur le marché de l'aéronautique. Electropoli souhaite atteindre les 40% de son chiffre d'affaires avec ce nouveau secteur d'activité d'ici quatre ans.

Electropoli - Isigny-le-Buat
Electropoli - Isigny-le-Buat — Photo : © Electropoli

Zingage électrolytique, galvanisation, anodisation, cataphorèse et peinture... En plus de 60 ans, l'entreprise familiale Electropoli est devenue l'un des spécialistes du traitement de surface sur substrats métalliques (acier, aluminium, magnésium...). Une compétence jusqu'ici essentiellement exploitée dans le domaine automobile et Poids lourd mais, face à un marché en difficultés, l'entreprise, basée à Isigny-le-Buat dans la Manche, a décidé de trouver un nouveau relais de croissance dans le domaine de l'aéronautique et du spatial. « Nous nous étions développés vers les pays de l'Est (Electropoli dispose de 7 sites dont 4 en France, 2 en République tchèque et 1 en Pologne, Ndlr) pour suivre nos clients automobile. Mais, le marché automobile s'est tendu et nous avons décidé de nous diversifier et choisi de nous développer dans le domaine aéronautique depuis quelques mois », explique Edward Griffiths, chef projets aéronautique.

40 % du chiffre d'affaires dans l'aéronautique d'ici 4 ans

Alors que la part de l'activité automobile représente 90 % de l'activité d'Electropoli, le groupe souhaite voir cette proportion diminuer à 60 % d'ici quatre ans au profit des secteurs de l'aéronautique et de la défense. Après avoir obtenu en 2015 la certification EN 9100, certification pour système de management de la qualité dans les secteurs aéronautique et défense, Electropoli a investi plus d'un million d'euros sur une nouvelle ligne répondant aux critères de la norme Reach. Un règlement européen entré en vigueur en 2007 et destiné à sécuriser la fabrication et l'utilisation des substances chimiques dans l'industrie européenne. D'ici 2018, plus de 30.000 substances chimiques seront connues et leurs risques potentiels établis. « Un investissement indispensable pour intégrer les marchés de l'aéronautique ou les réglementations sont très strictes en matière de gestion qualité ou encore de traçabilité des produits », atteste Edward Griffiths. Une démarche qui s'accompagne d'un second investissement avec la création, pour un million d'euros, d'une ligne anodisation et Nickel chimique en 2016, destinée à élargir la gamme des traitements de surface proposés par l'entreprise. « C'est un vrai challenge pour la société car nous devons aussi accompagner le personnel dans ces changements pour l'aéronautique », précise le chef de projets.

Créer un réseau

« Percer dans l'aéronautique c'est difficile », concède Edward Griffiths. Pour y parvenir, l'entreprise investit dans la présence sur les salons, comme celui d'Eurosatory, du 13 au 17 juin dernier : « Nous en avons besoin pour créer du lien et constituer un réseau et en même temps, il y a une vraie demande », s'enthousiasme le responsable. Mais, pour être référencé auprès des gros donneurs d'ordres, la route est longue et il faut d'abord passer par de longues phases de qualification : « Nous sommes en phase de qualification auprès du groupe Safran et cela fait déjà deux ans que nous travaillons sur leur certification ». Une démarche au long cours mais payante au final estime Edward Griffiths : « Les démarches seront les mêmes auprès des autres donneurs d'ordres mais grâce à cette première expérience nous pourrons aller plus vite ».

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