France

Maritime

Interview « Doubler le nombre d’emplois dans l’économie maritime française d’ici 2030 »

Entretien avec Frédéric Moncany de Saint Aignan, président du Cluster Maritime Français

Propos recueillis par Robert Querret - 27 février 2018

Issu de la communauté portuaire rouennaise, Frédéric Moncany de Saint Aignan, président du cluster maritime français et vice-président de l'European Network of Maritime Cluster, interpelle sur l'importance de l'économie bleue pour la France et l'importance d'une stratégie maritime pour le développement des emplois.

« Voir la France comme un grand pays maritime. Une conviction qui progresse auprès de nos décideurs politiques ».
« Voir la France comme un grand pays maritime. Une conviction qui progresse auprès de nos décideurs politiques ». — Photo : Robert Querret

Le Journal des Entreprises : Quel est le poids du Cluster Maritime Français en Europe et quelle est sa spécificité?

Frédéric Moncany de Saint Aignan : Il y a 18 clusters maritimes nationaux en Europe. Ceux-ci sont de taille, de périmètre et de constitution différents mais ont en commun une recherche de développement de l’économie maritime dans sa transversalité. L’économie maritime ou économie bleue, selon les termes de la Commission européenne qui a initié le concept de « blue growth » ou croissance bleue à Limassol en 2012, est sans doute l’un des principaux leviers de croissance pour l’économie européenne dans les décennies à venir. L’économie bleue est constituée aussi bien des secteurs dits traditionnels - transport maritime, filière halieutique, construction et réparation navale, nautisme… - que des secteurs émergents - énergies marines, biotechnologies marines ou richesses minérales profondes. Les clusters nationaux se sont constitués en un réseau européen : l’European Network of Maritime Cluster dont je suis vice-président.

La spécificité du Cluster maritime français est sans doute la très grande diversité de ses acteurs. Mais ceci est bien normal si l’on rappelle que la France est le premier pays européen en terme de zone économique exclusive (11 millions de km2) qui met notre pays à la deuxième place au plan international juste derrière les Etats-Unis et devant l’Australie.

Quel est votre avis sur l'évolution de la stratégie maritime de la France et de sa gouvernance?

F. M. S. A. : Chacun sait que notre pays a bien du mal à se voir comme un grand pays maritime. Cependant, depuis plusieurs années, cette conviction progresse auprès de nos décideurs politiques. En 2017, la stratégie nationale pour la Mer et le Littoral a été publiée. Au Havre, le 21 novembre dernier lors des Assises de l’économie de la Mer, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé sa politique maritime pour les 5 ans à venir. Les idées et les convictions sont là. Maintenant, il faut que les actes suivent et nous y veillons. La gouvernance maritime est complexe car la mer touche beaucoup de domaines et donc de ministères. C’est pourquoi nous sommes attachés à une gouvernance interministérielle représentée par le Secrétariat Général de la Mer placé directement auprès du Premier ministre.

Comment fonctionne le Comité France Maritime?

F. M. S. A. : Le Comité France Maritime c’est le point de rencontre de la transversalité maritime et de l’inter ministérialité. C’est « l’équipe de France du maritime ». Il a été créé l’an dernier sur une initiative originale que nous avons proposée au gouvernement. Faire une alliance opérationnelle entre le public (Secrétariat Général de la Mer et l’ensemble des administrations en charge de questions touchant au domaine maritime), le privé (le Cluster Maritime Français et l’ensemble de ses 430 adhérents) et les Régions littorales. Cette alliance, informelle, a pour objectif à court terme de lever les freins pour permettre le développement de l’économie maritime, et à moyen terme de faciliter ou porter les projets nécessaires au développement de l’économie maritime. A long terme, elle doit permettre de bâtir une vision de la France maritime à l’horizon 2030 avec un seul but, doubler les emplois de l’économie maritime (passer de 500 000 emplois à 1 millions, NDLR).

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