Normandie

Energie

Coup de massue sur la filière hydrolienne normande

Par Isabelle Evrard, le 27 juillet 2018

Naval Energies vient d’annoncer mettre fin à ses investissements dans l’hydrolien et recentrer des activités sur l’éolien flottant et l’énergie thermique des mers.

L'usine de Cherbourg pourrait bien fermer ses portes avant même d'avoir assemblé une seule hydrolienne — Photo : © Naval Energies

Un mois et demi seulement après avoir inauguré sa première usine d’assemblages d’hydroliennes à Cherbourg (Manche), Naval Energies, filiale de Naval Group, a pris la décision, lors de son Conseil d’administration extraordinaire du 25 juillet, de mettre fin à ses investissements dans le domaine des hydroliennes. Une annonce qui fait suite au débat public qui vient de se tenir sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) en France.

Le PPE ne prévoit en effet, que 100 à 150 MW installés d’ici 2028, soit 50 turbines de 2 MW dans dix ans. Selon Naval Energies, « le décalage entre l’offre technologique et la demande du marché et, par ailleurs, le système de subventions qui n’apporte pas d’aides directes aux constructeurs pendant les phases de développement, ne permet pas à l’industrie de financer seule les développements des marchés de production d’électricité. » La toute nouvelle usine de Cherbourg, qui venait de recruter neuf salariés, pourrait donc bien fermer ses portes avant même d’avoir commencé à travailler.

Naval Energies va recentrer son activité

Naval Energies, spécialisé dans le domaine des énergies marines renouvelables (EMR), est le seul acteur de la filière à avoir développé trois lignes de produits : les hydroliennes, avec sa filiale irlandaise OpenHydro, les éoliennes flottantes et l'énergie thermique des mers. « La dégradation de la situation du marché, en France et dans le monde tout au long de ces derniers mois, s’est traduite par une absence de perspectives commerciales qui ne nous permet pas de financer seuls plus longtemps le développement des activités hydroliennes », regrette le président de Naval Energies, Laurent Schneider-Maunoury.

« Dans ces conditions, il devenait déraisonnable de poursuivre les investissements, car cela aurait conduit à un épuisement des ressources de l’entreprise et donc in fine à l’affaiblissement de Naval Energies. L’entreprise Naval Energies concentre désormais son développement autour de deux technologies d’avenir : l’éolien flottant et l’énergie thermique des mers, qui reçoivent le soutien des autorités publiques. »

Les élus accusent l'Etat

Chez les élus normands, la réaction est unanime. Pour Hervé Morin, président de la Région Normandie, Marc Lefèvre, président du Département de la Manche, Jean-Louis Valentin, président de l’Agglomération du Cotentin, et Benoit Arrivé, maire de Cherbourg, « cette décision est la conséquence de l’absence de décision de l’Etat quant au lancement d’appels d’offre pour l’aménagement de fermes commerciales hydroliennes. Elle illustre une fois de plus l’incapacité de l’Etat à porter dans la durée une stratégie industrielle. »

L'usine de Cherbourg pourrait bien fermer ses portes avant même d'avoir assemblé une seule hydrolienne — Photo : © Naval Energies

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